Climat troublé pour le premier texte du quinquennat

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CLIMAT TROUBLÉ POUR LE PREMIER TEXTE DU QUINQUENNAT
CLIMAT TROUBLÉ POUR LE PREMIER TEXTE DU QUINQUENNAT

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - François Bayrou présente mercredi en conseil des ministres trois projets de loi sur la moralisation de la vie publique dans un climat troublé par des soupçons d'emplois fictifs pesant sur son parti, le MoDem, et des tensions avec la presse.

Ces textes, dont un projet de révision constitutionnelle, s'attaquent à des décennies de pratiques politiques qui ont nourri le sentiment du "tous pourris" et la montée du populisme dans l'opinion française.

Emmanuel Macron et son ministre de la Justice en ont fait d'emblée un texte emblématique, à la fois de leur alliance et de la promesse de renouvellement de la vie politique sur laquelle le nouveau chef de l'Etat a été élu le 7 mai.

Avant même la large victoire annoncée au second tour des législatives, dimanche prochain, pour le mouvement d'Emmanuel Macron, une majorité paraissait acquise d'avance sur ces projets, dont l'objectif déclaré est de rétablir la confiance des citoyens dans leur représentants et dirigeants.

Ces textes suppriment notamment la Cour de justice de la République, visent à prévenir les conflits d'intérêts ou à refondre le mode de financement des partis.

Ce qui devait être un débat consensuel risque cependant d'être terni par les premières ombres du nouveau quinquennat.

Le parquet de Brest a ouvert une enquête sur un montage immobilier réalisé en 2011 par le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, un proche d'Emmanuel Macron, quand il était à la tête des Mutuelles de Bretagne.

Mais ce sont surtout les soupçons d'emplois fictifs financés par des fonds du Parlement européen au MoDem, parti présidé par François Bayrou, qui intéressent les médias.

Le MoDem et son président assurent n'avoir rien à se reprocher et voient une manoeuvre politique dans la dénonciation anonyme qui a amené le parquet de Paris à ouvrir une enquête préliminaire pour abus de confiance et recel.

TENSIONS

Le dénonciateur est en fait un ancien salarié du MoDem, qui dit avoir lui-même travaillé pour le parti centriste tout en étant payé sur des fonds européens et est aujourd'hui un proche collaborateur de la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.

A cela s'ajoutent des tensions entre presse et exécutif.

François Bayrou est ainsi intervenu auprès d'un responsable de Radio France pour se plaindre d'une enquête sur l'affaire des assistants parlementaires du MoDem. Ce qui lui a valu mardi des critiques du Premier ministre, Edouard Philippe.

Le projet de loi censé permettre une sortie de l'état d'urgence décrété après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis fait aussi polémique.

Les deux principaux syndicats de magistrats et une dizaine d'organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé des atteintes aux libertés dans ce projet qui transpose en droit commun des mesures prises sous état d'urgence.

Ce texte, qui doit être présenté en conseil des ministres le 21 juin, doit prendre le relais de l'état d'urgence après le 1er novembre, a déclaré à CNEWS François Bayrou, qui s'est attaché à le défendre.

"L'objet de la loi est de protéger les Français et les libertés des Français", a-t-il dit. Mais "il y a une chose que nous ne pouvons pas faire, c'est amoindrir la défense de la société française contre les terroristes."

Il a assuré que les dispositions prévues par ce texte ne s'appliqueraient qu'à la lutte contre le terrorisme et contiendraient des garanties en ce sens.

Le ministre de la Justice a également dit vouloir ouvrir "très vite" deux autres chantiers : le premier pour garantir l'indépendance des parquets et des procureurs ; le second pour remédier à la situation "insupportable" des prisons françaises.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • Berg690 il y a 8 mois

    manx750 LoL!

  • manx750 il y a 8 mois

    Quant à REM, ils ne vivent que la cotisation des adhérents, qui sont près à tout donner pour le président, tout le monde le sait ! Quand on voit les voitures de location rutilantes utilisées par les colleurs d'affiche, le papier glacé de haute qualité des tracts, etc. on voit que les jeunes militants sont très généreux...

  • M7403983 il y a 8 mois

    Il a mangé à tous les râteliers. A plus de 60 ans, je commence à connaître le parcours du personnage !!!

  • M2281386 il y a 8 mois

    Quand on pense que ce has been boursouflé recalé de tous les suffrages est ministre!

  • M6920174 il y a 8 mois

    BIROUTE DEMISSINNE !!!!

  • kejocol il y a 8 mois

    Pourquoi serait on tolerant avec Biroute alors que les medias ont tire a boulets rouges sur FF. serait ce de la complaisance vis a vis du pouvoir actuel???? il est vrai que Micron a ete elu grace a la presse qui lui fait une grosse pub et a endoctriné la plupart des Francais.

  • V.BENACE il y a 8 mois

    @ cmoi42 Une loi pénale n'est valable que pour le futur. Elle ne rétroagit jamais.

  • Xophe3 il y a 8 mois

    Bravo, M. BAYROU fier et inébranlable... cette loi est INDISPENSABLE, ne vous laissez pas détourner de votre volonté

  • cmoi42 il y a 8 mois

    Sans vouloir exonérer M. Bayrou, le modem et consort, il est certain que beaucoup voudraient lui couper l'herbe sous le pied, à commencer par les socialistes parisiens. Qu'on le laisse faire sa loi, et puis il sera toujours temps de la lui appliquer. C'est sûr qu'il y a du monde qui doit faire du "mouron" tous partis confondus!!

  • mlaure13 il y a 8 mois

    C'est quand même un bon début...attendons la suite avant d'être désagréable et jeter l'eau du bain avec le bébé ...;-)))