Ces Français dont les noms apparaissent dans l'affaire «Panama Papers»

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VIDÉOS - Plusieurs personnalités politiques françaises sont citées dans l'enquête planétaire sur la dissimulation de fortunes dans des paradis fiscaux. François Hollande a remercié «les lanceurs d'alerte», et a promis que ces révélations donneraient lieu à des enquêtes.

Responsables politiques ou personnalités du monde de la finance ou du sport, plusieurs noms de Français figurent dans les révélations de «Panama Papers», un scandale d'évasion fiscale révélé par un consortium de plus de 100 journaux.

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Le premier, et non des moindres, cité dans l'affaire est Michel Platini. Moins d'un an après son élection à la présidence de l'UEFA, l'ex-footballeur français a créé une société offshore, selon les éléments avancés par Le Monde. En effet, il aurait eu recours aux services de ce cabinet d'avocats en 2007, pour administrer une société au Panama. Dans un communiqué, le service de communication de Michel Platini a renvoyé vers l'administration suisse, où il est désormais domicilié. «L'intégralité de ses comptes et avoirs sont connus de l'administration fiscale suisse, pays dont il est résident fiscal depuis 2007», a fait savoir le service de communication de Michel Platini. «Par ailleurs, Michel Platini réserve tous ses droits quant à d'éventuelles fausses informations, allégations ou propos diffamatoires qui seraient publiés dans le cadre de ce travail journalistique», conclut ce communiqué. Michel Platini attend également le verdict en appel du Tribunal arbitral du sport (TAS) au sujet des six ans de suspension de toute activité liée au football qu'il conteste dans le cadre des fameux 1,8 millions d'euros versés sans contrat écrit par Sepp Blatter, également suspendu par la Fifa.

François Hollande félicite les «lanceurs d'alerte»

Un autre Français salarié de la FIFA apparaît dans les données révélées lundi. Jérôme Valcke, ancien secrétaire général de la FIFA entre 2007 et 2015, a été l'unique actionnaire d'une société offshore, Umbelina SA, domiciliée aux Îles vierges britanniques. Toujours selon Le Monde, elle a été créée en 2013 pour l'achat d'un yatch, le «Jade Mary», enregistré aux îles Caïman et rebaptisé «Ornella» lors de sa rénovation en 2014. Le yatch vaudrait 2,5 millions de dollars. Jérôme Valcke explique pour sa part que ce bateau est «tout ce qu'il y a de plus légal». Dans un mail adressé au Monde, il détaille: «Le bateau que j'ai acquis d'occasion était sous pavillon des îles Vierges et je l'ai donc laissé ainsi. La société n'existe plus et n'a jamais eu de fonds propres, n'a jamais détenu de compte bancaire et n'a jamais eu d'activité commerciale.»

D'autres noms français sont cités dans l'enquête. Selon la société de production Premières lignes, dont les journalistes de Cash investigation qui ont participé à l'enquête dont ils ont tiré un numéro spécial, l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac apparaît dans les jeux de données. L'homme politique avait démissionné avec fracas du gouvernement pour avoir dissimulé un compte bancaire en Suisse. Toujours selon Premières lignes, on trouve également le nom du député maire de Levallois Patrick Balkani, déjà mis en examen en France pour corruption passive et blanchiment de fraude fiscale.

L'homme d'affaire franco-israélien Patrick Drahi, patron du groupe Altice et propriétaire de plusieurs titres de presse, est lui aussi cité par la société de production. Mais aucun détail ne filtre pour l'instant sur la manière dont ces trois personnalités ont interragi avec la société panaméenne au coeur du scandale, Mossack Fonseca.

Toutefois, Patrick Drahi a démenti lundi avoir utilisé une société panaméenne à des fins d'évasion fiscale. Altice «a recouru à une société panaméenne, entre novembre 2008 et décembre 2010, dans laquelle ni Patrick Drahi ni le groupe Altice n'ont jamais détenu, directement ou indirectement, de participation», souligne un communiqué du groupe Altice (maison mère de SFR).

Cette société panaméenne «a été utilisée sur des opérations accessoires pour des raisons de stricte confidentialité et dans des conditions parfaitement légales, sans aucune incidence fiscale, et a fortiori étrangères, de près ou de loin, à toute fin d'évasion, de dissimulation, ou d'optimisation fiscale», poursuit-il. Par ailleurs, «les entités par lesquelles M. Patrick Drahi contrôle les activités de télécoms et de médias du groupe Altice sont dans leur intégralité des entités de droit communautaire».

Lundi matin, le président François Hollande a promis que des enquêtes seraient menées par le fisc et des «procédures judiciaires» diligentées à mesure que les informations seraient connues. Le chef de l'État a estimé que ces révélations étaient une bonne nouvelle pour la France. «Ça va nous faire encore des entrées fiscales de la part de ceux qui ont fraudé, donc je remercie les lanceurs d'alerte et la presse», s'est-il félicité, soulignant qu'en 2015 «20 milliards d'euros ont été notifiés à ceux qui avaient fraudé» et que sur ces 20 milliards, l'Etat avait «déjà repris 12 milliards d'euros».

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