Cambadelis lance les grandes manoeuvres pré-2017 à gauche

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JEAN-CHRISTOPHE CAMBADELIS LANCE LES GRANDES MANOEUVRES PRÉ-2017 À GAUCHE
JEAN-CHRISTOPHE CAMBADELIS LANCE LES GRANDES MANOEUVRES PRÉ-2017 À GAUCHE

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - A peine reconduit à la tête du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadelis a lancé vendredi à gauche les grandes manoeuvres pré-élection présidentielle de 2017, qui culmineront fin 2016 avec une convention ouverte à toute la gauche et aux écologistes.

Objectif : faire en sorte que François Hollande, aujourd'hui au plus bas dans les sondages, puisse briguer un deuxième mandat dans les meilleures conditions possibles.

Cela passe par une "stratégie d'alliance populaire" avec d'autres formations et courants politiques de gauche ou écologistes, a précisé à la presse Jean-Christophe Cambadélis.

Après avoir rallié le 21 mai 60% des voix des adhérents du PS sur un texte soutenu par le gouvernement mais aussi par la maire de Lille, Martine Aubry, très critique envers l'exécutif, il a recueilli jeudi 70,1% des 65.000 suffrages exprimés.

Il veut voir dans cette double victoire un "vote de sortie de crise", celle de la contestation de la politique économique du gouvernement par l'aile gauche du PS, dont le chef de file, Christian Paul, n'a rallié que 29% des voix.

"Maintenant, nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet", a-t-il dit, sans dissimuler la difficulté de la tâche.

Le PS est un parti aux allures de vaisseau fantôme, traumatisé par des défaites électorales successives, notamment aux municipales et aux départementales, qui se sont soldées par une perte de substance et une hémorragie de militants (40.000 en moins depuis son dernier congrès, il y a deux ans et demi).

Moins de 49% de ses 132.000 adhérents ont participé jeudi à l'élection de son premier secrétaire.

"ALLIANCE POPULAIRE"

Sa situation est d'autant plus critique qu'à droite, l'ex-président Nicolas Sarkozy, battu en 2012 et animé par une forte volonté de revanche, est en train de mettre en ordre de bataille l'UMP, rebaptisée "Les Républicains", qui tient congrès samedi.

Les socialistes doivent incarner avec leurs futurs alliés les "républicains progressistes" face aux "républicains conservateurs" de l'ex-UMP, a dit Jean-Christophe Cambadélis.

Cela passe selon lui par un "renouveau des têtes et un renouveau dans les têtes" pour faire émerger une nouvelle génération de cadres et une direction "aux couleurs de la France", avec des hommes et des femmes "issus du terrain".

"Nous allons tenter de sortir de l'époque qui s'est ouverte au coeur des années 1970, avec des concepts qui avaient été construits dans les années 1960", a-t-il expliqué.

Il promet un PS plus tourné vers les Français et leurs difficultés et soucieux de faire de l'égalité le fil d'Ariane de la fin du quinquennat. Du 5 au 7 juin à Poitiers, son congrès sera l'occasion de présenter une "adresse aux Français".

Jean-Christophe Cambadélis veut aussi faire du "nouveau parti socialiste" un parti de masse et vise 500.000 adhérents.

Mais au-delà de cet objectif, il souhaite aller "à terme vers un nouvel Epinay", allusion au congrès de juin 1971 qui a vu plusieurs formations de gauche fusionner dans l'actuel PS.

"Le PS tel qu'il a existé dans la période précédente doit laisser la place au nouveau PS avec une stratégie qui est celle de l'alliance populaire", a expliqué le premier secrétaire.

"Cette stratégie verra son premier aboutissement en octobre ou novembre 2016 dans une grande convention de l'alliance populaire, qui fixera le schéma directeur des propositions socialistes pour l'élection présidentielle", a-t-il ajouté.

LA FAUSSE PISTE D'UNE PRIMAIRE

Il y aura auparavant une première étape, la traditionnelle université du parti à La Rochelle, cet été, qu'il a proposé aux autres forces de gauche et aux écologistes de co-organiser.

L'étape suivante sera la campagne des régionales de décembre, pour lesquelles Jean-Christophe Cambadelis veut définir une stratégie commune avec ces mêmes forces pour éviter une nouvelle déroute électorale de la gauche.

"Je pense qu'avec les écologistes, nous pouvons surmonter nos divergences", dit-il. "Avec le Parti communiste, je suis pour assumer nos divergences (...) Ce n'est pas parce que nous avons des désaccords sur le plan national que nous ne pouvons pas nous allier sur le plan local."

Il n'a en revanche pas dissimulé qu'il ne croyait pas à une coopération avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, ni pour les régionales ni pour la future "Alliance populaire".

Enfin, à partir de janvier 2016, le PS traitera chaque mois dans des "cahiers de la présidentielle" de sujets susceptibles d'alimenter la campagne de 2017.

Ce n'est qu'après la "Convention de l'Alliance populaire" de l'automne 2016 et selon la décision de François Hollande pour 2017 que sera définitivement tranchée la question d'une primaire socialiste lors d'un conseil national du PS.

"Nous devons nous demander ce qui est le plus efficace pour notre candidat", précise Jean-Christophe Cambadélis dans une interview publié par le Monde. La question apparaît cependant de pure forme, tant il paraît peu probable que François Hollande, candidat, se soumettra à une telle procédure.

(Edité par Yves Clarisse)

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