Burkini®, une marque déposée en 2006 en Australie

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La société Ahiida a été créé en Australie en 2004 par Aheda Zanetti. Elle est aujourd'hui implantée au Moyen Orient, au Canada, à Singapour, en Afrique du Sud et en Europe. D'autres marques se sont lancées sur ce créneau.

Aheda Zanetti, une entrepreneuse australienne d'origine libanaise, ne s'attendait certainement pas à ce que tous les regards se braquent un jour sur sa société, Ahiida, créée en 2004 à Sydney lorsqu'elle était à peine âgée de 40 ans. En pleine polémique sur le burkini en France -qui s'étend en Espagne-, des voix s'élèvent pour demander une loi afin d'interdire ce type de tenue de plage couvrant le corps et la tête des femmes. À l'origine, Aheda Zanetti affirme avoir eu l'idée de créer ce concept de mode pour aider les jeunes femmes musulmanes à faire du sport. Arrivée du Liban en Australie lorsqu'elle avait deux ans, la créatrice explique sur son site de vente en ligne: «J'ai remarqué que les jeunes filles et femmes qui suivent les préceptes de l'Islam, en adoptant notamment des tenues vestimentaires modestes, doivent souvent se résigner à ne pas participer aux activités sportives que l'Australie a à offrir.»

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Il y a 12 ans, estimant que le marché avait du potentiel, elle a donc lancé son entreprise de mode spécialisée dans les maillots de bains et tenues de sports pour les musulmanes. Elle a, dans la foulée en 2006, déposé les marques Ahiida®, Burqini® et Burkini®. Le succès a été immédiat, selon l'entrepreneuse. «Nous avons vendu plus de 700.000 tenues de bain (depuis la création de la marque, NDLR) et nous écoulons également bien nos produits en Europe et en France», explique l'entrepreneuse au Figaro. Les ventes ont, selon elle, augmenté de 40% durant l'été 2016.

À l'international, Ahiida a désormais un pied sur chaque continent. L'entreprise est, d'après son site, implantée au Moyen Orient, au Canada, à Singapour, en Afrique du Sud et en Europe. «Nous sommes ravis du volume de commandes internationales, passées par des femmes en quête de tenues de bain et de sports pudiques», commente Aheda Zanetti. «Nos marchés les plus importants sont les États-Unis, le Canada et l'Europe.» Selon elle, les ventes de l'entreprise ne souffrent pas des interdictions prononcées dans certains pays, comme cela a été le cas au Maroc. «Nous pensons que les femmes européennes, notamment, ont adhéré à nos lignes Burkini Swimwear et Hijood Sportwear et à ce qu'elles représentent.» D'après Aheda Zanetti, 40% environ du marché est porté par des clientes non-musulmanes, pour certaines des femmes qui veulent se protéger du soleil avec ces tenues.

Boom de la consommation musulmane

Slim fit, grande taille, anti-coup de soleil, la gamme de vêtements proposée par Ahiida est vaste. Les prix oscillent de près de 80 euros (même si en ce moment certains produits sont en promotion à environ 60 euros) jusqu'à près de 130 euros, selon les coupes, par exemple. L'entreprise propose aussi des modèles pour enfants.

Malgré les polémiques récurrentes à travers le monde, et sans doute aussi un peu pour en profiter, les grandes marques commencent à s'intéresser à ce marché. Marks & Spencer a lancé une collection de burkinis au printemps dernier, une initiative que la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol avait alors qualifiée d'«irresponsable». De leur côté, les enseignes de mode peuvent-elles réellement passer à côté de la manne de consommation que représente la clientèle musulmane? Selon une étude de Thomson Reuters et de l'institut d'études newyorkais DinarStandard, les dépenses en habillement de la communauté musulmane dans le monde devraient passer de 230 milliards de dollars (204 mds€) en 2014 à 327 milliards (290 mds€) en 2020.

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