Bruxelles frappée par des attentats djihadistes

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ATTENTATS MEURTRIERS À BRUXELLES
ATTENTATS MEURTRIERS À BRUXELLES

par Philip Blenkinsop et Francesco Guarascio

BRUXELLES (Reuters) - Trente personnes ont péri mardi matin à Bruxelles dans des attentats revendiqués par les djihadistes de l'Etat islamique contre l'aéroport et une station de métro de la ville, selon un bilan annoncé dans l'après-midi par les autorités belges.

L'agence Amak, affiliée à l'Etat islamique (EI), a déclaré que ces attaques avaient été commises par des kamikazes équipés de ceintures d'explosifs.

Les médias belges ont déclaré que la police traquait un assaillant ayant survécu.

Dans un communiqué de revendication, l'EI promet des "jours noirs" en représailles à l'agression qu'elle dit subir.

Le dernier bilan, communiqué aux alentours de 15h00 GMT par le Centre de crise, fait état de 30 morts -- 20 dans le métro et 10 sur le site de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem.

Ces attentats surviennent quatre jours après l'arrestation dans l'agglomération bruxelloise de Salah Abdeslam, soupçonné d'avoir joué un rôle clé dans les attaques du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, également revendiquées par l'organisation extrémiste sunnite.

Aux alentours de huit heures locales (07h00 GMT), deux explosions, dont une serait l'oeuvre d'un kamikaze selon le parquet fédéral belge, ont retenti à l'aéroport Bruxelles-Zaventem et, une demi-heure plus tard, une troisième a secoué la station de métro Maelbeek, en plein quartier européen.

En fin d'après-midi, les autorités locales ont annoncé qu'une troisième bombe avait été découverte et détruite à l'aéroport.

"AVEUGLES ET LÂCHES"

"Ce que nous redoutions s'est réalisé. Notre pays et nos concitoyens ont été frappés par deux attentats aveugles, violents et lâches", a déclaré le Premier ministre belge, Charles Michel, évoquant de "nombreux" morts.

Sur les images de l'aéroport diffusées dans la matinée sur les réseaux sociaux, on peut voir des panaches de fumée au-dessus du terminal, des vitres brisées et des passagers en train d'évacuer le bâtiment par le tarmac.

Selon la VRT, la police belge a retrouvé un fusil d'assaut kalachnikov près du corps d'un assaillant à l'aéroport, où les enquêteurs ont découvert aussi une ceinture d'explosifs intacte.

Des médias belges ont publié, malgré l'avis du parquet fédéral, une photo prise par une caméra de sécurité, montrant trois jeunes gens aux cheveux noirs, poussant des chariots à bagages, que la police soupçonne d'avoir commis l'attentat à l'aéroport. Deux d'entre eux seraient morts en se faisant exploser, le troisième serait en fuite, ajoutent ces médias.

Alphonse Youla, un employé de l'aéroport âgé de 40 ans, a dit avoir entendu un homme crier en arabe avant la première explosion. "Puis le plafond en verre de l'aéroport s'est effondré", a-t-il dit. "J'ai aidé à transporter cinq personnes mortes, les jambes détruites."

Un témoin a déclaré que les déflagrations s'étaient produites à un comptoir d'enregistrement.

L'explosion dans le métro s'est produite non loin du siège de la Commission européenne, lorsqu'une rame arrivait à la station Maelbeek à l'heure de pointe du matin.

ALERTE MAXIMALE

Ces attaques ont conduit les autorités belges à relever leur niveau d'alerte au maximum (niveau 4) sur tout le territoire et de nombreux pays, dont la France et les Etats-Unis, à renforcer leur dispositif de sécurité, notamment dans les aéroports.

Tous les transports publics de Bruxelles ont fermé après les attentats. Les compagnies ferroviaires Thalys et Eurostar ont dû suspendre leurs liaisons. L'aéroport de Bruxelles-Zaventem a fait savoir qu'il resterait fermé toute la journée de mercredi.

Le personnel "non essentiel" des centrales nucléaires belges de Tihange et de Doel a été évacué à la demande des autorités, a dit un porte-parole de l'opérateur français Engie.

En France, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé le déploiement de 1.600 renforts de police et de gendarmerie, en particulier aux frontières et dans les transports aériens, maritimes et ferroviaires.

La police fédérale allemande a également annoncé le renforcement de ses contrôles aux frontières avec la Belgique, la France, les Pays-Bas et le Luxembourg.

De même, plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et la Finlande ont renforcé les mesures de sécurité dans les aéroports et certains lieux publics.

Des villes américaines comme New York, Chicago ou Los Angeles ont augmenté leur présence policière.

Le président américain Barack Obama s'est entretenu au téléphone avec Charles Michel pour l'assurer du soutien des Etats-Unis.

Dans un communiqué, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont promis de rester "unis et fermes dans la lutte contre la haine, l'extrémisme violent et le terrorisme".

A Paris, le Premier ministre français Manuel Valls a souligné l'urgence pour le Parlement européen d'adopter le registre des données des passagers aériens, dit "PNR".

(Bureau de Bruxelles, avec Jean-Baptiste Vey à Paris; Pierre Sérisier, Simon Carraud et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Eric Faye)

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  • M2141043 il y a 9 mois

    tu parles, les contrôles aux frontières...pfff quelques fonctionnaires, des embouteillages monstres, aucune éfficacité...du flan à la bruxelloise FERMEZ LA CAF, ca ca va faire mal!!!!!