Bruno Le Maire durcit le ton contre Nicolas Sarkozy

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BRUNO LE MAIRE DURCIT LE TON CONTRE NICOLAS SARKOZY
BRUNO LE MAIRE DURCIT LE TON CONTRE NICOLAS SARKOZY

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - A près de trois semaines de l'élection à la présidence de l'UMP, Bruno Le Maire, qui ambitionne d'imposer un second tour à Nicolas Sarkozy, a durci le ton contre l'ancien président en l'accusant de vouloir mettre à bas le parti pour en faire "un marchepied pour une ambition présidentielle personnelle".

Engagé dans une campagne-marathon depuis le 11 juin, l'ancien ministre de l'Agriculture a appelé les militants à "créer la surprise" le 29 novembre, au premier tour de l'élection interne.

De semaines en semaines, les sondages, tout relatifs puisqu'ils portent sur les sympathisants UMP et non les seuls adhérents, montrent une progression des intentions de vote en faveur de Bruno Le Maire.

Les partisans de Nicolas Sarkozy tablent désormais sur un score entre 60% et 70%, après avoir espéré plus de 80%. Le troisième prétendant, Hervé Mariton, compte bien aussi battre en brèche le sacre "bonapartiste" annoncé.

"Votre présence ce soir est le plus beau des démentis à tous ceux qui disaient que cette élection était jouée d'avance, que le résultat était déjà connu, que rien n'était possible. Dans cette salle où nous avons tous des souvenirs politiques forts, je veux vous dire : tout est possible !", a lancé Bruno Le Maire lors d'une réunion publique à Paris.

Le député de l'Eure, entouré d'une quarantaine de parlementaires et acclamé par un millier de partisans, avait choisi la salle de la Mutualité trois jours avant le grand rendez-vous parisien de Nicolas Sarkozy, là même où l'ancien chef de l'Etat avait annoncé son retrait de la politique le 6 mai 2012 après sa défaite face à François Hollande.

REFONDER L'UMP ? "UNE FOLIE"

Difficile de ne pas y voir un contrepoint symbolique, même si Bruno Le Maire, qui appelle à tourner la page tout en refusant de faire le procès du sarkozysme, a réaffirmé mardi soir n'être "candidat contre personne".

Nicolas Sarkozy était pourtant omniprésent dans les attaques à mots couverts du candidat de "la renaissance".

"Je ne suis pas candidat pour faire du parti un marchepied pour une ambition présidentielle personnelle", a ainsi lancé Bruno Le Maire.

"Je suis candidat pour rassembler sans menaces, sans promesses de postes, de places ou d'investitures, je suis candidat pour garantir l'unité de notre parti. Je suis candidat pour éviter toute nouvelle guerre des chefs", a-t-il souligné, estimant que le renouveau était "le meilleur rempart contre le Front national."

Bruno Le Maire s'est de nouveau élevé contre la volonté affichée de Nicolas Sarkozy de refonder l'UMP et de la rebaptiser, "une folie" selon le député.

"A quoi bon ce saut dans l'inconnu ? Quand chaque jour le pouvoir en place vacille davantage et est sur le point de tomber, il serait irresponsable de gaspiller notre temps à inventer de bric et de broc un nouveau mouvement."

Soutenu par des cadres et élus qui redoutent que Nicolas Sarkozy n'escamote les primaires pour l'élection présidentielle de 2017, Bruno Le Maire a réitéré l'engagement d'organiser des "primaires ouvertes et irréprochables" avec la mise en place d'une mission d'évaluation sur les modalités techniques du vote.

Las de "tourner en rond avec toujours les mêmes visages, toujours les mêmes discours", Bruno Le Maire a dit refuser l'idée que l'élection du 29 novembre soit l'adoubement d'"un sauveur ou d'un recours derrière lequel tout le monde devrait s'aligner".

(Edité par Gregory Blachier)

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  • M2614138 le mardi 4 nov 2014 à 23:17

    Bravo Bruno entre tete de c ul alias juppouille la fripouille en col blanc sans foi ni loi et le petit roquet toujours prêt à mordre pour garder la meilleure gamelle je vote sans hésiter pour toi !

  • slivo le mardi 4 nov 2014 à 22:56

    Sous N.S. on avait connu LE MAIRE 1; voici LE MAIRE 2 .