Au coeur d'une caste d'intouchables, épisode 1

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Communauté badie de Tulsipur, dans le district de Dang.  
Communauté badie de Tulsipur, dans le district de Dang.  

Nuit sans charme, froide et humide, au pied du Toit du monde. Des chiens qui traînent leur misère, des bus qui fument. Le pschitt des cocottes à dal bhat (plat local).

Mina attend dans l'arrière-salle d'un hôtel blafard, où tous les sentiments sont gris, les mots d'amours, rares. Elle resserre doucement un châle autour de ses épaules. Ses yeux sourient. Puis, sans fioriture, elle raconte : « J'ai commencé avant les règles, à dix ans peut-être. Personne ne m'a forcée. Pour manger », mime-t-elle avec sa main. Puis elle reprend sèchement en levant les yeux vers l'ancienne trappe qui desservait les étages. «Les filles se plaçaient contre un mur de la pièce. Les hommes, de l'autre côté. La musique aidant, ils n'avaient plus qu'à choisir. » Comme dans les années 1960, dans les dancings au Groenland.

« Il y avait des beaux, des gentils, des moches, des vulgaires, surtout de hautes castes, des Brahmanes, des Chetris, mais aussi des Magars? Certains venaient à cheval, d'autres, en grosse voiture. » À 17 ans, Mina succombe au charme d'un de ses clients, et tombe enceinte. « Je l'aimais, il me donnait un peu d'argent. Je savais que je ne trouverais pas d'autres hommes et je me suis accrochée à lui. Mais sa femme l'a su et ne l'a plus lâché. J'ai recommencé avec le sexe pour nourrir mon enfant », poursuit-elle. Quelques années plus tard, Mina revoit son client et donne naissance à un second garçon. Elle rêve...

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