Au Brésil, des tatouages pour "réparer" les femmes victimes de violences

le , mis à jour à 10:33
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Le projet « À Pele da Flor » propose aux femmes victimes de violences de recouvrir leurs cicatrices de tatouages dans le but de reprendre possession de leur corps.
Le projet « À Pele da Flor » propose aux femmes victimes de violences de recouvrir leurs cicatrices de tatouages dans le but de reprendre possession de leur corps.

Couvrez cette cicatrice que je ne saurais voir? C'est, peu ou prou, la mission que s'est donnée l'artiste brésilienne Flavia Carvalho. Depuis deux ans, elle propose aux femmes victimes de violences conjugales de recouvrir, à titre gracieux, leur corps mutilé de tatouages. Savamment baptisé en portugais « À Pele da flor » ? inversion de l'expression « À fleur de peau » ?, ce projet bénévole voit le jour en 2013, lorsqu'une cliente lui présente l'imposante balafre qui lui sectionne l'abdomen. Une maudite trace indélébile causée par un homme dont elle avait repoussé les avances en discothèque. Humilié, le monstre s'était jeté sur elle armé d'un couteau à cran d'arrêt.

« Quand elle a découvert le tatouage fini, elle était très émue. Sa réaction m'a profondément touchée », raconte Flavia Carvalho sur le site du Huffington Post

. « J'ai soudain eu l'idée d'offrir aux femmes qui le souhaitaient la possibilité de camoufler gratuitement leurs cicatrices dues à des violences domestiques ou à des mastectomies. Chaque tatouage agirait comme vecteur d'émancipation et permettrait de renforcer l'estime de soi. » Une belle façon de marquer à vie celles qui ont souffert le martyre, en substituant des créations artistiques aux ?uvres de barbares.

Le pays s'est aussitôt fait l'écho de l'entreprise de la jeune femme originaire de Curitiba, au point de dépasser les frontières nationales. Si...

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