Assurance habitation : les tarifs vont grimper l'année prochaine

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VIDÉO - La plupart des assureurs ont déjà rendu publics leurs tarifs 2015 et ne devraient pas les modifier malgré les intempéries de ces derniers jours. En 2014, le coût des sinistres liés aux aléas climatique aura été bien plus élevé que l'année dernière.

Le nouvel épisode d'intempéries qui a frappé le Var, l'Aude et les Pyrénées orientales ces derniers jours arrive probablement trop tard pour faire gonfler la facture de 2015. La plupart des compagnies d'assurance ont effet déjà publié leur grilles tarifaires pour l'année prochaine, et ne prévoient pas de les modifier. «Les tarifs sont connus, ils ne bougeront plus, même si les dégâts de ces derniers jours sont importants», explique-t-on ainsi à la Maif. «Les assureurs lissent le coût de ces événements sur une longue période, explique Jacques de Peretti, directeur général d'AXA Particuliers Professionnels. Les violentes pluies de ces derniers jours étaient par ailleurs très concentrées et ne représentent pas un événement majeur à l'échelle nationale. Mais elles s'ajoutent à une multitudes d'intempéries. C'est le 12e épisode depuis le mois de septembre!».

Car même en excluant les inondations récentes, l'année 2014 aura été marquée par une forte sinitralité qui va se répercuter sur les tarifs des contrats d'habitation. «Cette année, les dépenses liées aux événements naturels ont augmenté de moitié par rapport à la moyenne des 20 dernières années», précise Jacques de Peretti. Selon la Fédération Française des Sociétés d'Assurance (FFSA), ils ont coûté aux assureurs, de janvier à septembre, 1,6 milliard d'euros, contre 1,5 milliard sur toute l'année 2013 et seulement 500 millions en 2012. «Cette année, les assureurs ont dû faire face aux dégâts causés par les tempêtes bretonnes au début de l'année, puis par l'épisode de grêle et les inondations en fin d'année», déplore la FFSA. L'année 2014 n'atteint pour l'instant pas la sinistralité des années record de 1999 et de 2003, mais elle se situe au-dessus de la moyenne de ces dernières années. «Au niveau des années 2009 et 2010» selon la Maif.

Catastrophe naturelle

Ces épisodes sont d'autant plus coûteux pour les assureurs que certains phénomènes climatiques, comme les orages de grêle, ne sont pas pris en charge par le régime des catastrophes naturelles. En France, chaque contrat d'assurance habitation prévoit en effet une cotisation de 12% destinée à prendre en charge ce risque. Lorsqu'une catastrophe naturelle survient, une partie des coûts auxquels font face les assureurs est prise en charge par un réassureur. «Nous remboursons la moitié des frais engagés pour catastrophe naturelle lors d'une année normale, un peu plus si la sinistralité a été importante», explique ainsi Laurent Montador, directeur général adjoint chez CCR, une entreprise de réassurance détenue par l'État français. En cas de grêle ou de succession de petits événements climatiques, comme cette année, les assureurs doivent en revanche davantage compter sur eux-mêmes... et leurs clients.

La répercussion de ces événements sur le prix des contrats d'assurance habitation varie cependant très fortement d'une compagnie à l'autre. La Maif augmentera par exemple le prix de ses contrats de 4% en moyenne, quand la Matmut ne pratiquera aucune augmentation. «Face aux difficultés actuelles des ménages, le Groupe Matmut gèle les tarifs de ses contrats d'assurance habitation et automobile pour 2015», annonce la mutuelle dans un communiqué. Il précise que tous les nouveaux adhérents bénéficieront de cette stabilité. Une façon de glaner de nouveaux clients... Quant à la Macif, elle devrait pratiquer une hausse de 2,4% en moyenne, dans les mêmes eaux qu'Axa (2,5%). Des augmentations auxquelles les particuliers risquent de devoir s'habituer: selon une étude réalisée par Axa l'année dernière, la part des dégâts causés par les catastrophes naturelles devrait doubler au cours des 20 prochaines années.

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