Arrêter l'austérité pour bloquer l'extrême droite, dit Podemos

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MADRID (Reuters) - L'Europe doit mettre fin à sa politique d'austérité si elle veut enrayer la progression des partis d'extrême droite qui pourrait à terme représenter un réel danger pour la démocratie, a déclaré à Reuters le numéro un du mouvement espagnol Podemos, Pablo Iglesias.

Podemos ("Nous pouvons") est donné par certains sondages en tête des intentions de vote pour les élections législatives de la fin de l'année, devant les conservateurs du Parti populaire (PP) actuellement au pouvoir et les socialistes du PSOE.

Pour son jeune dirigeant, âgé de 36 ans, une "grande coalition" entre le centre droit et le centre gauche en Espagne ne ferait que prolonger ce qu'il présente comme le "désastre économique" que connaît le pays.

"Il est très important d'accepter la main tendue par ceux qui, comme nous, sont pro-européens, ceux qui défendent le projet européen", souligne ce professeur d'université.

Sinon, met-il en garde, "nous verrons peut-être dans un an (la dirigeante du Front national) Marine Le Pen avoir un siège à l'Eurogroupe. Il faudrait demander à (la chancelière allemande Angela) Merkel si elle préfère s'asseoir avec Marine Le Pen ou avec moi."

Podemos, poursuit-il, vise la majorité absolue lors des prochaines élections.

"J'ai l'impression que si nous n'obtenons pas cette majorité, on ira vers une grande coalition comparable à celles qui ont dirigé tant de pays européens", dit-il. "Alors, on poursuivrait la politique qui nous a conduit au désastre."

Podemos réclame une restructuration de la dette de l'Espagne, quatrième économie de l'UE, et Bruxelles devrait, selon Pablo Iglesias, écouter "sérieusement" cette demande.

"La politique d'austérité nous conduit au chaos", martèle-t-il.

Podemos, fondé début 2014, a remporté cinq sièges aux élections européennes de mai dernier.

Selon un récent sondage, un quart des électeurs qui ont voté socialiste en 2011 soutiendrait Podemos si les élections avaient lieu maintenant. Chez les anciens communistes de la Gauche unie (Izquierda Unida), c'est un électeur sur deux qui se reporterait sur le mouvement anti-austérité.

Une enquête Metroscopia publiée dimanche par El Pais donne Podemos vainqueur du scrutin, devant les socialistes, le PP et le parti anti-système Ciudadanos.

(Julien Toyer, Inmaculada Sanz et Carlos Ruano, Guy Kerivel pour le service français)

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  • godardja le lundi 9 mar 2015 à 10:29

    Podemos, c'est comme Syriza en Grèce et on voit le résultat : l'Europe est en train de faire manger son chapeau à Tsipras et c'est déjà la fin des changements annoncés avant d'avoir commencé. L'Espagne, elle, est déjà en train de s'en sortir.

  • M9080875 le lundi 9 mar 2015 à 08:54

    Il a raison ! Tout du moins il aurait eu raison plus tot...mais là c'est trop tard, la crise et l'austérité étant déjà en action, on sait ou l'on va ! LA plus étonnant c'est que cycliquement, à chacune des crises déjà rencontrées, le processus est TOUJOURS LE MEME ! : crise, austérité, paupérisation (mais pas pour tous), et Extreme droite (ou gauche c'est les meme en pire, Valls est un hersât précoce).

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