Aquilino Morelle, blanchi, dénonce une "élimination politique"

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PARIS (Reuters) - L'ancien conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle, contraint à la démission le 18 avril dernier en raison de soupçons de conflit d'intérêts, annonce lundi avoir été blanchi par la justice et dénonce un dossier "monté" contre lui pour servir à son "élimination politique".

L'enquête préliminaire ouverte en avril 2014 sur ses liens avec l'industrie pharmaceutique a été classée sans suite le 9 février dernier par le parquet national financier, a confirmé à Reuters une source judiciaire.

L'investigation avait été lancée après la publication d'un article de Mediapart qui révélait qu'il avait travaillé en 2007 pour un laboratoire pharmaceutique danois tout en étant rattaché à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).

Des faits susceptibles de constituer une prise illégale d'intérêts, indiquait alors une source judiciaire.

"Cette accusation 'ronflante' n'a jamais eu le moindre fondement. Elle n'était qu'une calomnie destinée à me contraindre à quitter mes fonctions", déclare Aquilino Morelle lundi dans une interview au Parisien.

"La vérité, c'est qu'on a monté un dossier pour servir d'alibi à ce qui est une élimination politique", ajoute-t-il.

"Aux yeux du cercle historique des hollandais, élus et collaborateurs, j'étais un adversaire. Je représentais une ligne politique qui n'était pas la leur. (...) J'étais pour eux un empêcheur de 'hollandiser' en rond' ... Ils ont donc décidé de m'abattre", ajoute celui qui était proche d'Arnaud Montebourg.

En septembre dernier, un article du Point rapportait des propos dans lesquels il fustigeait une "épuration ethnique" au gouvernement. "La logique qui est en oeuvre est une logique de purification ethnique", aurait-il dit en faisant allusion au génocide des Tutsi au Rwanda.

Aquilino Morelle avait été contraint à la démission 24 heures à peine après la parution de l'article de Mediapart. Pour François Hollande, il s'agissait de "la seule décision qui s'imposait."

Dans cet article, le conseiller était également décrit comme un homme sensible aux ors de l'Elysée, qui aurait fait privatiser un salon de l'hôtel Marigny pour faire cirer ses chaussures.

Dans Le Parisien, Aquilino Morelle dit "regretter" lundi cette "erreur", mais assure n'avoir eu cette attitude qu'une seule fois, "pour des raisons qui tiennent au rythme de travail et à l'enfermement à l'Elysée".

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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  • dotcom1 le lundi 9 mar 2015 à 11:14

    Etre viré avant le naufrage annoncé fut sans doute la meilleur chose qui lui soit arrivé.