Après les déclarations de Kerry, Assad attend des actes

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BEYROUTH (Reuters) - Le président syrien Bachar al Assad a répliqué lundi au secrétaire d'Etat américain John Kerry en affirmant que son avenir dépendait du seul peuple syrien et que les déclarations venues de l'extérieur ne le regardaient pas.

"Nous sommes encore au stade des déclarations et nous devons attendre des actes avant de décider", a-t-il ajouté à une télévision iranienne, reprise par l'agence officielle de presse syrienne.

Dans une interview accordée dimanche à CBS alors que le conflit syrien entrait dans sa cinquième année, le chef de la diplomatie américaine a déclaré que les Etats-Unis devraient "au final" négocier avec "le régime Assad" pour une transition politique en Syrie.

"Ce sur quoi nous insistons, c'est de l'amener (Assad) à faire cela (négocier), et cela pourrait nécessiter qu'une pression accrue de diverses sortes soit exercée sur lui".

Kerry a ajouté que les Etats-Unis et d'autres pays, qu'il n'a pas nommés, s'efforçaient de relancer le processus diplomatique pour mettre fin à la guerre civile qui a fait plus de 200.000 morts et 3,8 millions de réfugiés.

Les discussions de Genève I et Genève II, au début de l'année dernière, entre une délégation du gouvernement syrien et des représentants de l'opposition ont échoué. Depuis, la diplomatie patine et aucune rencontre de type Genève III n'a été programmée.

A la télévision iranienne, Assad a déclaré que tout changement de l'attitude internationale à l'égard de la situation en Syrie serait positif. Mais il a également réaffirmé que les pays devaient mettre fin au soutien aux "groupes terroristes", l'expression qu'utilise Damas pour désigner les insurgés en lutte depuis mars 2011.

La Russie a invité de son côté le médiateur des Nations unies sur la Syrie, Staffan de Mistura, à participer à une deuxième série de pourparlers début avril à Moscou entre des personnalités de l'opposition syrienne et du gouvernement de Damas, rapporte lundi l'agence de presse Interfax.

La première série de discussions dans la capitale russe fin janvier a été boudée par les principaux groupes de l'opposition syrienne, qui réclament le départ du président Bachar al Assad.

La position de la France, comme de la Grande-Bretagne, est inchangée. Assad ne peut pas faire partie d'une solution négociée en Syrie, indique-t-on lundi de source diplomatique française.

(Oliver Holmes; Henri-Pierre André pour le service français)

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  • M5062559 le lundi 16 mar 2015 à 13:51

    La politique D'obama va d'erreurs en erreurs. Assad n'a rien à donner à son peuple ni aux européens. On a pas à négocier avec lui. peut être avec ses maîtres de Russie ou d’Iran ?