Amende de 200.000 euros requise contre Total pour Carling

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UNE AMENDE DE 200.000 EUROS REQUISE CONTRE TOTAL POUR L'EXPLOSION DE CARLING
UNE AMENDE DE 200.000 EUROS REQUISE CONTRE TOTAL POUR L'EXPLOSION DE CARLING

SARREGUEMINES, Moselle (Reuters) - Le procureur de Sarreguemines (Moselle) a requis vendredi une amende de 200.000 euros contre la société Total Petrochemicals, jugée pour la mort de deux ouvriers et les blessures subies par six autres lors de l’explosion d’un vapocraqueur sur son site de Carling en 2009.

Le magistrat a également demandé au tribunal correctionnel de condamner Claude Lebeau, directeur de l’usine à l’époque, à une peine de deux ans de prison avec sursis et 40.000 euros d’amende.

La désactivation d’un détecteur de flammes, qui aurait pu arrêter l’arrivée du gaz sur le surchauffeur où s’est produite l’explosion, "est la cause racine de l’accident", a estimé Olivier Glady, en reprenant les conclusions d’un expert.

Le procureur a également pointé l’inexpérience de l’équipe constituée pour rallumer l’installation et la pauvreté du mode opératoire prescrit en six paragraphes dont certains d’une seule ligne, pour "une quinzaine d’étapes" réelles.

Il a encore mis en cause la vétusté de l’installation, l’inadaptation du matériel fourni aux opérateurs, "l’ambiance électrique régnant au sein de l’unité de fabrication" qu’il fallait faire redémarrer "coûte que coûte", ainsi qu’une "culture de l’improvisation" sur le site.

Claude Lebeau, qui n’avait pas délégué ses responsabilités en matière de sécurité, comme cela semble être la règle pour les directeurs d’unité au sein du groupe Total, ne peut se défendre en affirmant qu’il ignorait cette situation, a ajouté le procureur.

Cette carence dans la remontée de l’information "est clairement destinée à préserver le titulaire de la délégation", a-t-il soutenu.

"La délégation de pouvoir ne produit pas de la responsabilité mais de la passivité", s’est-il étonné en soulignant le caractère intenable de cette position pour demander au tribunal d’entrer en voie de condamnation.

Les deux jeunes opérateurs décédés avaient été soufflés par l’explosion en tentant de rallumer un surchauffeur, un four qui augmente la température de la vapeur utilisée pour craquer le naphta, dérivé pétrolier à partir duquel sont produits l'éthylène et le propylène.

Le jugement sera mis en délibéré.

(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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