Affluence record dans les campings en 2015

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En 2015, les vacanciers ont à nouveau jeté leur dévolu sur les campings français qui enregistrent une fréquentation historique. Un constat pourtant en demi-teinte lorsqu'on se penche sur les inquiétudes nourries par les professionnels de l'hôtellerie de plein air.

C'est le mode de vacances préféré des Français. À en croire les chiffres excellents communiqués par la Fédération Nationale de l'Hôtellerie de Plein Air (FNHPA), le camping séduit toujours autant les touristes qui y ont passé 113 millions de nuitées en 2015. Un record! La recette est toujours la même: des rapports qualité/prix plus abordables conjugués à un mode d'hébergement convivial et proche de la nature suffisent à attirer une clientèle de plus en plus nombreuse.

La fréquentation note en effet une hausse de 3,5% par rapport à 2014 et ce, principalement grâce à la clientèle française toujours plus fidèle (+5%) à l'hôtellerie de plein air. «L'année 2015 confirme le succès du camping auprès du grand public», explique au Figaro Guylhem Féraud, président de la FNHPA. Pourtant, ces chiffres masquent de nombreuses incertitudes. C'est en tout cas le constat dressé par la fédération qui, au-delà des chiffres réjouissants, alerte sur des points majeurs susceptibles de stopper, ou du moins ralentir, la croissance dont profite le secteur depuis plusieurs années.

Une pression fiscale et réglementaire qui nuit aux investissements

Premier sujet d'inquiétude: la multiplication des normes et réglementations en tout genre qui renforcent les contraintes pour les grands établissements en bord de mer mais aussi, et surtout, pour les petits campings ruraux.

La FNHPA déplore également la «pression fiscale» caractérisée principalement par l'augmentation de la TVA applicable aux campings qui a doublé depuis 2012. «La FNHPA et les gestionnaires de camping ont fait le choix de ne pas répercuter cette hausse sur les prix pour maintenir notre compétitivité. De fait, on a assisté à une réduction des marges», note Guylhem Féraud.

L'ensemble de ces éléments ajoutés à la baisse de la durée de séjour des clients ont eu un effet négatif notable. Sur ces quinze dernières années, 792 campings ont fermé tandis que l'investissement dans l'hôtellerie de plein air a diminué de 20% entre 2012 et 2015 pour répondre à la baisse des marges.

La percée d'une nouvelle concurrence

Avec le développement du numérique, les établissements traditionnels d'hôtellerie de plein air font face à de nouvelles pratiques. Et si Guylhem Féraud admet que les campings «ne sont pas touchés autant que l'hôtellerie classique» qui pâtit de la plateforme «AirBnb», il s'inquiète tout de même de la nouvelle concurrence que représentent les particuliers affranchis de toute contrainte et qui proposent des offres de campings. Une «uberisation» du camping qui les touche.

Enfin, la FNHPA pointe du doigt certaines centrales de réservation en ligne qui «tirent parti d'une position dominante pour imposer aux campings des conditions commerciales désavantageuses.» Guylhem Féraud explique que «ces OTA (Online Travel Agency) ont une puissance commerciale très importante et certaines usent de pratiques limite frauduleuses en achetant un nom de domaine par exemple. C'est du détournement de clientèle.»

Les gestionnaires nourrissent certes des inquiétudes pour l'avenir mais demeurent confiants quant aux réservations pour l'année 2016. Ils sont même 33% à observer une hausse des réservations par rapport à l'an dernier, à la même époque. De quoi faire renaître un enthousiasme pour les campings français qui représentent presque un tiers du parc européen.

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