Accord de trêve après un mois de conflit dans la bande de Gaza

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ACCORD DE TRÊVE ENTRE ISRAËL ET LE HAMAS
ACCORD DE TRÊVE ENTRE ISRAËL ET LE HAMAS

par Nidal al-Mughrabi et Lin Noueihed et Allyn Fisher-Ilan

GAZA/LE CAIRE/JERUSALEM (Reuters) - Les armes doivent se taire mardi matin dans la bande de Gaza en vertu d'une proposition égyptienne de cessez-le-feu acceptée par Israël et le Hamas après quatre semaines de combats meurtriers dans le territoire palestinien.

Le projet de l'Egypte prévoit un arrêt des combats dans l'enclave côtière pour une période de 72 heures à compter de mardi 08h00 locales (05h00 GMT). Parallèlement se poursuivront au Caire des négociations pour une trêve durable.

Moins d'une heure avant le début du cessez-le-feu, l'armée israélienne a annoncé son retrait total de l'enclave, expliquant avoir achevé sa mission de destruction des tunnels utilisés par les groupes armés palestiniens, l'un des principaux objectifs de son opération baptisée "Bordure protectrice" lancée le 8 juillet.

"Les forces de défense d'Israël seront redéployées sur des positions défensives à l'extérieur de la bande de Gaza et nous maintiendrons ces positions défensives", a déclaré à la presse le lieutenant-colonel Peter Lerner, porte-parole de Tsahal.

Peu d'incidents ont été signalés au cours de la nuit. Deux roquettes tirées sur la ville israélienne d'Ashkelon ont été interceptées sans faire de blessés.

Plusieurs tentatives précédentes de cessez-le-feu ont échoué depuis le début de l'offensive, qui a coûté la vie à 1.834 Palestiniens, majoritairement des civils, selon les services de santé de Gaza. Israël a perdu 64 soldats ainsi que trois civils.

Mark Regev, porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déclaré qu'Israël respecterait le cessez-le-feu tel qu'il a été convenu et négocié via les Egyptiens. "Si le Hamas viole le cessez-le-feu, Israël est prêt à répondre", a-t-il dit.

Selon un responsable israélien souhaitant rester anonyme, l'Etat hébreu devrait envoyer plusieurs délégués aux négociations qui se déroulent au Caire, ce qui marquerait un changement notable, Israël ayant jusqu'ici refusé de participer à ces discussions auxquelles participent déjà des délégations palestiniennes.

DÉMILITARISATION

Les émissaires du Hamas et du Djihad islamique ont rencontré lundi le chef des services de renseignement égyptiens à qui ils ont présenté leurs conditions pour un arrêt des violences, qui ont fait des centaines de milliers de déplacés.

Le Hamas, maître de la bande de Gaza depuis sept ans, a également informé l'Egypte de sa décision d'observer la trêve, a déclaré son porte-parole, Sami Abou Zouhri.

A Washington, le département d'Etat a salué cette trêve, engageant les belligérants à "la respecter pleinement", ajoutant que les Etats-Unis poursuivraient leurs efforts en vue d'obtenir une "solution de long terme durable et viable".

Les pourparlers s'annoncent difficiles entre deux camps aux exigences totalement opposées, chacun refusant à l'autre toute légitimité. Le Hamas rejette l'existence d'Israël, qu'il se promet d'anéantir, tandis que l'Etat hébreu considère le mouvement islamiste comme une organisation terroriste.

Les Palestiniens réclament un retrait des forces israéliennes de Gaza, la fin du blocus israélo-égyptien sur l'enclave et la libération des prisonniers arrêtés en juin durant la traque en Cisjordanie par Israël des assassins de trois adolescents israéliens, qui a exacerbé les tensions.

"Si le cessez-le-feu est respecté, aucune présence des forces (israéliennes) ne sera nécessaire dans la bande de Gaza", a dit dans la soirée un responsable israélien resté anonyme.

Mais Benjamin Netanyahu a répondu aux demandes palestiniennes en réclamant le désarmement du Hamas et la démilitarisation de la bande côtière, demandes jusqu'ici rejetées par les islamistes.

"Pour Israël, la question la plus importante est celle de la démilitarisation. Nous devons empêcher le Hamas de se réarmer, nous devons démilitariser la bande de Gaza", a déclaré Mark Regev à Reuters TV.

RECONSTRUCTION

Depuis le début du conflit, le plus sanglant depuis l'opération "Plomb durci" menée durant l'hiver 2008-2009, la plupart des trêves ont été brisées au bout de quelques heures, chaque camp accusant l'autre de violation du cessez-le-feu.

Cette fois, l'initiative de l'Egypte pourrait produire des résultats si les parties en lice parviennent à se réunir pour négocier un accord de long terme.

Mark Regev a rappelé qu'Israël avait accepté les termes de l'Egypte bien des semaines avant le Hamas. "J'espère que cette fois, nous verrons un cessez-le-feu à l'oeuvre. Ce sera bon pour tout le monde", a-t-il dit.

L'Egypte s'est déjà posée plusieurs fois en médiatrice pour faire cesser les combats dans la bande de Gaza mais cette fois, l'hostilité affichée du pouvoir militaire égyptien envers le Hamas, proche des Frères musulmans, a compliqué la donne.

Outre les pertes humaines, le conflit coûte cher aux deux camps. Les besoins en reconstruction de la bande de Gaza sont évalués à 6 milliards de dollars tandis que la chute des revenus touristiques a fait perdre à Israël plusieurs centaines de millions de dollars.

(Avec Eric Beech à Washington, Ori Lewis à Jérusalem, Yasmine Saleh au Caire; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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