À Londres, d'anciens gazomètres transformés en logements

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EN IMAGES - Les structures métalliques héritées de la révolution industrielle sont réhabilitées en immeubles résidentiels pour urbains branchés, à deux pas du terminal Eurostar.

Après la célèbre centrale électrique de Battersea, d’anciens gazomètres vont être reconvertis en immeubles résidentiels à Londres. Ces réservoirs à gaz désaffectés, encerclés d’une structure métallique, font partie intégrante du paysage londonien, en particulier dans les quartiers du sud et de l’est. Or ces vestiges de la révolution industrielle sont en voie d’extinction. Le National Grid - responsable du réseau énergétique - prévoit la destruction de 76 de ces vestiges de l’architecture victorienne à travers le pays.

Les promoteurs du nouveau quartier de King’s Cross, l’un des plus importants projets d’urbanisme en Europe, sur 23 hectares, ont choisi au contraire d’en faire le nec plus ultra de leur offre résidentielle. Les travaux d’agrandissement de la gare de St Pancras pour accueillir les Eurostar ont entraîné le démantèlement de neuf gazomètres. Mais trois d’entre eux, surnommés les «triplés siamois», car unis par un noyau central, classés au patrimoine des monuments historiques, ont été rescapés, en pièces détachées.

Un nouveau quartier en plein expansion

Quand il a pris possession des lieux en 2001, le promoteur, Argent, a lancé une compétition architecturale pour leur imaginer un avenir. Un musée, un centre commercial ou un parc ont été envisagés avant d’opter pour un programme immobilier résidentiel de 145 appartements, du studio au penthouse. La réalisation en a été confiée au prestigieux cabinet d’architectes WilkinsonEyre, également en charge de la réhabilitation de Battersea Power Station.

Les 123 colonnes de 10 tonnes chacune qui forment les structures des anciens gazomètres ont été restaurées une à une dans une aciérie du Yorkshire. Elles sont en train d’être remontées à quelques dizaines de mètres de leur emplacement initial, au bord du Regent’s Canal, dans ce nouveau quartier en pleine expansion où se trouve l’école de mode St Martins Central School, le siège de Google et de nombreux restaurants branchés. Un quatrième gazomètre plus petit sera laissé vide, à côté, et transformé en jardin paysagé ombragé à son pourtour d’une pergola circulaire. Il doit être inauguré fin octobre.

Donner une nouvelle vie au patrimoine industriel

Pour l’architecte Chris Wilkinson, «c’est stimulant d’imaginer une nouvelle vie à cet important patrimoine industriel anglais plutôt que de le laisser disparaître». «Cela donne une identité très forte aux bâtiments», estime-t-il. A l’image de celle des occupants, différent de celui des acquéreurs de biens immobiliers haut-de-gamme classiques des quartiers chics de Londres. L’architecte espère attirer des «urbains créatifs, passionnés par le design, contents de pouvoir prendre rapidement un train pour Paris ou Bruxelles».

Les trois bâtiments circulaires construits au sein des armatures métalliques sans les toucher, de hauteurs différentes, seront recouverts de façades en verre habillées de volets coulissants en aluminium perforé, comme des moucharabiehs. Le designer intérieur Jonathan Tuckey s’est approprié cette «géométrie circulaire qui permet, une fois franchie la porte d’un appartement au centre du bâtiment, d’avancer vers une source de lumière qui s’élargit».

A l’intérieur, sols en résine, salles-de-bain en béton, plafonds en plâtre poli, parois couvertes de feutre, détails en laiton évoqueront l’environnement industriel. Des jardins privés et collectifs seront aménagés sur les toits. Un appartement témoin sera présenté au début de l’année prochaine. La livraison des Gasholders est prévue pour la mi-2017.

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