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Les mayas, de l'apogée à la marginalisation sociale

AFP Video18/12/2012 à 14:38

Si la civilisation maya a été l'une des cultures les plus riches et éclairées d'Amérique, ses descendants en Amérique centrale et au Mexique sont aujourd'hui discriminés, exploités et en proie à la misère. Au Guatemala, où presque la moitié de la population est indigène, ils ont même été victimes de génocide.Les mayas, qui connurent leur apogée entre 250 et 900 après Jésus-Christ en Amérique centrale et au Mexique, ont été plongés dans une période de décadence vers le XIIIe siècle, mais le cruel destin de leur descendance a été précipité par l'arrivée des colons espagnols, qui les ont soumis à l'esclavage et à des conditions de vie misérables, soulignent experts et historiens.Depuis la conquête espagnole, "la population indigène (maya) est considérée comme une main d'oeuvre bon marché (...) comme un outil de production (...) et elle se trouve exclue des politiques publiques", explique à l'AFP l'anthropologue guatémaltèque Alvaro Pop, membre de l'Instance permanente sur les questions autochtones des Nations unies.Aujourd'hui au Guatemala, petit pays qui concentre la majeure partie de la communauté maya, ces derniers se trouvent toujours exclus et souffrent d'un accès limité à l'éducation, la santé ou aux services de base. En outre, leurs langues ne sont pas reconnues officiellement.Au sein de la communauté indigène guatémaltèque, qui représente 42% des 14,3 millions d'habitants, la pauvreté atteint un taux de 80%. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), 58,6% des enfants indigènes souffrent de malnutrition chronique et la mortalité infantile atteint dans la communauté le taux alarmant de 40 pour 1.000 naissances. La misère sociale et l'exploitation dont ils sont victimes avait même été à l'origine de la création en 1994 dans le Chiapas (sud du Mexique) de l'Armée zapatiste de libération nationale, qui souhaitait attirer l'attention sur la condition des peuples indigènes.Victimes de génocideAu Guatemala, les mayas ont payé un très lourd tribut lors de la guerre civile (1960-1996), lorsque des commandos de l'armée se sont rendus coupables de massacres de villages entiers dans le cadre de leur politique de terre brûlée au début des années 1980, au plus fort du conflit contre la guérilla marxiste."Des motifs externes ont exacerbé les conditions de pauvreté dans lesquelles vivait la population maya et la stigmatisation des peuples indigènes", résume M. Pop.Pendant ce conflit, plus de 600 massacres d'indigènes ont été perpétrés. Ces tueries aveugles ont visé femmes, enfants et personnes âgées, contraignant des dizaines de milliers de personnes à chercher refuge dans le sud du Mexique. L'activisme de leur représentante la plus célèbre, Rigoberta Menchu, lui a valu le prix Nobel de la Paix en 1992."Le conflit armé a été exploité comme un prétexte pour exterminer les peuples indigènes physiquement et spirituellement", dit cette dernière à l'AFP.De même, en prétendant "homogénéiser la population", il semble que l'armée a eu pour intention d'annihiler la spiritualité maya en prenant pour cible religieux et prêtres indigènes, rompant ainsi des lignées sacrées "datant de plusieurs milliers d'années", explique Mme Menchu.Au Guatemala, les régions occupées par les indigènes accueillent aujourd'hui une forte concentration militaire, dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue vers des Etats-Unis, et les descendants des mayas sont encore menacés par les expulsions et expropriations menées impunément pour établir des projets hydroélectriques, miniers ou agricoles.Depuis 2009, l'extension de la culture de la palme africaine, utilisée par l'industrie cosmétique et agroalimentaire, alimente par exemple un violent conflit terrien au Honduras.Aujourd'hui, l'influence de la culture maya perdure malgré tout dans le sud du Mexique, au Guatemala, au Belize, au Salvador et au Honduras.Ces pays célèbreront le 21 décembre la fin d'une grande ère dans le calendrier maya (que des chercheurs situent plutôt au 23 décembre), un événement que certains associent à la fin du monde.


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