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Défilé de saris du créateur Sabyasachi Mukherjee à New Dehli, le 12 août 2012

AFP Video05/10/2012 à 11:38

Tandis que les mannequins défilent avec une nonchalance étudiée sur leurs talons compensés, musique de U2 et crépitement des flashs en fond sonore, Sabyasachi Mukherjee scrute dans le public les effets de sa collection replaçant le sari sur le devant de la scène."Trop de femmes pensent que le sari est ringard et pas très cool. Je veux leur dire: le sari est magnifique, il est flexible, il est unique et exotique dans le monde entier", argumente avec passion le jeune styliste de 38 ans, probablement l'un des plus brillants du pays.Ses efforts pour donner un coup de jeune à cette pièce encore très portée dans les milieux traditionnels, en utilisant des matières inhabituelles, comme le tulle ou le velours, et sans toucher à la silhouette générale, contribuent à un renouveau du drapé classique.Depuis des années, les jeunes femmes actives de l'Inde avaient remisé les saris au fond de leurs armoires, les jugeant trop difficiles à enrouler et peu adaptés à leur style de vie moderne.Après s'être d'abord fait un nom avec la conception de micro-robes, Mukherjee a ensuite voulu imaginer des saris faciles à attacher, aux plis déjà faits, sans renoncer pour autant aux somptueuses broderies ayant fait leur réputation."Quand j'étais jeune, j'étais attiré par les vêtements occidentaux", se rappelle le styliste, dont la marque affiche un chiffre d'affaires annuel de 11 millions de dollars (8,5 millions d'euros)."Cela m'a pris du temps de réaliser que ce que je voulais faire, c'était influencer les Indiens pour qu'ils recommencent à s'habiller aves des tenues indiennes", dit-il à l'AFP.En 2001, le styliste a lancé sa marque, basée à Calcutta (est), avec deux tailleurs et en empruntant... 300 euros à sa soeur. Le succès fut immédiat dans les milieux indiens de la mode.Il utilisait des matières locales pour dessiner ses micro-robes, que l'on pouvait ensuite acheter dans des grands magasins tels Selfridges à Londres.Après avoir changé de cap, sa popularité ne s'est pas évanouie. Son dernier défilé, en août à New Delhi, a fait salle comble. Saris en cuir Après le passage sur le podium d'une célèbre actrice de Bollywood, vêtue d'un sari en tulle évasé, surgit un essaim de mannequins portant avec glamour des saris pré-drapés rehaussés de dentelle et accessoirisés avec de hauts talons.Le but: attirer une clientèle jeune et soucieuse de son style, explique Sabyasachi Mukherjee, qui habille l'ex-Miss Monde Aishwarya Rai pour ses apparitions sur tapis rouge et est parfois sollicité pour des costumes de cinéma."Je suis un puriste, j'aime les saris traditionnels. Mais je flirte souvent avec lui pour le modifier et maintenir l'intérêt des gens".Aujourd'hui, ses saris, dont les prix varient de 100 euros à plus de 7.000 euros, représentent plus de la moitié de son chiffre d'affaires."Les corsages sont simples, on peut les enfiler. Parfois les plis du sari sont déjà faits, donc on n'a plus qu'à le mettre, et on est prête à sortir! Ca simplifie le processus. Ca donne une belle allure de porter les saris de ce styliste parce qu'ils sont magnifiques", s'enthousiasme une cliente à New Delhi.Mukherjee, qui possède quatre magasins en Inde et a l'intention d'en ouvrir à l'étranger, a déjà fait des émules parmi les stylistes indiens, dont certains ont expérimenté le sari en cuir ou en lycra.Selon les spécialistes de l'industrie de la mode, le succès du couturier reflète une confiance en soi de clients ayant envie de conserver quelque chose du passé au moment où le pays est en proie à de profonds changements.Dans l'un de ses magasins, à New Delhi, les saris en coton, soie ou organza sont exposés dans une ambiance suggérant une Inde disparue, avec les murs couverts de vieilles photographies et ornés d'horloges anciennes."Au fond de nous, nous voulons toujours garder un peu de l'armoire de notre mère, de notre grand-mère", juge Shefalee Vasudev, ancienne rédactrice en chef du magazine Marie Claire India."Nous ne sommes pas si à l'aise que ça avec des robes ultra-courtes, avec la petite robe noire. Et même si c'est le cas, il nous faut aussi le côté indien. C'est ce que le succès de Sabyasachi révèle", explique Mme Vasudev, auteur du livre "Powder Room: The Untold Story of Indian Fashion".


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