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CAC 40 : encore si loin des records...

Boursorama 19/06/2017 à 11:40

Dans une note récente, le gérant de Degroof Petercam, Benjamin Philippe voyait la possibilité d’un CAC 40 à 7000 points d’ici à fin 2018, sauf choc imprévu. Qu’on soit d’accord ou pas avec le calendrier, sa prévision pose une question pertinente : le CAC 40 a-t-il les moyens d’égaler puis de dépasser le chiffre des 6944,77 points atteint en 2000 ? Retour sur un record qui, encore aujourd'hui, sent le souffre...

Nous sommes le 4 septembre 2000, le CAC 40 vient d’établir un record historique à 6944,77 points. Dans la presse, les articles se multiplient avec grosso modo toujours le même titre : les 7000 points sont en vue.

A l’époque, certains sont encore plus optimistes et prévoient que ce seuil sera rapidement dépassé ouvrant la voie vers un autre seuil encore plus ambitieux à 8000 points.

La gloire des TMT

C’est une époque un peu folle, emmenées par la forte hausse du Nasdaq américain, les valeurs TMT (technologies médias et télécoms) tiennent alors le haut du pavé.

Un titre comme celui de France Télécom affiche une progression de 116% sur un an et se paie même le luxe de grimper de 20% en une séance avec l’annonce de l’introduction en Bourse de sa filiale Internet Wanadoo (qu’il finira par retirer du marché à la moitié de son prix d’introduction au grand damn des particuliers).

C’est aussi l’époque des opérations géantes de part et d’autre de l’Atlantique : fusion AOL time Warner, rachat d’Orange par France Télécom pour 50 milliards d’euros, fusion Vivendi, Seagram, Canal+. 

Des anticipations trop optimistes

On pense alors que les nouvelles technologies vont entrainer une explosion de la croissance et des bénéfices des entreprises. Sauf que. Les anticipations ont de loin dépassé les chiffres réels.

Le sommet à 7.000 points, les investisseurs ne le verront jamais, ils resteront coincés au camp de base et vont devoir, contre leur gré, entamer une descente aussi abrupte que la montée. Le CAC 40 perd 65% entre ce point haut de 2000 et le point bas du 12 mars 2003, à 2401,15 points. France Telecom, Vivendi et Alcatel vont perdre plus de 80% de leur valeur.

Porté par des bonnes perspectives de croissance portées notamment par l’essor des pays émergents, l’indice phare des valeurs françaises va alors reprendre de la hauteur jusqu’à culminer à 6168 points… avant d’être ramené au tapis par la crise financière.

Depuis les 7.000 points font figure d’Everest même si une étude de la Société Générale de 2014 pensait cet objectif atteignable… fin 2017.

Accélération de la croissance en cours

Et maintenant ? S’il y a bien un moment où le CAC 40 semble avoir les moyens d’aller chercher ce record c’est aujourd’hui. Il y a une quasi-unanimité des économistes pour s’accorder l’accélération en cours de la croissance un peu partout dans le monde et l’économie de la zone euro pourrait même s’établir non loin des 2% en 2017.

Dans sa note, le gérant de Degroof Petercam précisait également que «depuis le début de l’année et pour la première fois depuis 2010, les analystes ont commencé à réviser à la hausse leurs anticipations de bénéfices (+16,8% sur les valeurs de l’Eurostoxx 600 au premier trimestre).»

Ceux des sociétés du CAC 40 pourraient justement grimper de 14 à 15%, le gérant d’actifs Amundi déclarant même récemment qu’une hausse de 16% était à portée. L’indice se rapprocherait alors de son niveau record de 2007 avec 95 milliards d’euros de profits dégagés. 

Une impératif  : une stabilité des marchés américains

Le pari c’est aussi que les réformes que va engager le gouvernement d’Emmanuel Macron pourraient porter leurs fruits assez vite et notamment les mesures d’allègements des charges sociales qui profiteront aux entreprises disposant d’une masse salariale conséquente comme Carrefour Eiffage et Vinci. 

Mais que faire en cas d’un retournement du marché américain, notamment des technos ? Pour les gérants de Degroof Petercam, il n’y a pas forcément lieu de paniquer. Même s’ils sont à un plus haut, les marchés américains ne sont, selon eux, pas forcément obligés de décrocher, ils pourraient rentrer dans une phase de consolidation qui profiterait à la zone euro. C’est d’ailleurs l’hypothèse d’une étude récente de Goldman Sachs qui explique que « si les marchés américains reculent, il n’y a nulle part où se cacher » mais que « si le S&P500 est plat, l’Europe peut surperformer».

Dans cette hypothèse, le CAC 40 pourrait donc poursuivre son ascension en direction des 7000 points.

Une rythme de croissance plus solide mais plus modéré

Reste la question du calendrier et c'est là que les prévisions tiennent parfois de l'imprécation. Selon Lara Nguyen, gérante Bourse chez Barclays : «Nous sommes actuellement aux alentours des 5200 points. Atteindre les 7000 points d’ici fin 2018 pour le CAC 40 représente une progression de 35%, ce qui est quand même considérable. La situation actuelle est différente de celle des années 2000 où la volatilité était beaucoup plus forte. Souvenez-vous certaines actions pouvaient prendre jusqu’à 20% en une journée. Aujourd’hui, le rythme de progression de l’indice est à la fois plus solide et plus modéré. Je pense que nous verrons un jour le seuil des 7.000 points mais je dirais plus à un horizon de 36 mois que de 18 »…

Quoiqu'il en soit, le compte à rebours est lancé, rendez-vous dans dix-huit mois pour voir si la prévision s'est avérée...

Laurent Grassin (redaction@boursorama.fr)


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