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Une ONG dénonce le «vrai visage» de la viande de cheval
Le Figaro12/06/2019 à 16:41

L'association Welfarm tire la sonnette d'alarme sur les conditions de vie déplorables des chevaux abattus au Canada et en Amérique du Sud pour être consommés en Europe. L'ONG publie ce mercredi une enquête accablante.

La vidéo ne laisse place à aucun doute et dénonce la maltraitance animale dans les élevages chevalins d'Amérique. En plus de huit minutes, l'ONG Welfarm spécialisée dans le bien-être animal enchaîne des séquences à en avoir la nausée. Des poulains morts abandonnés dans la neige, des chevaux squelettiques et d'autres obèses...

La vidéo, intégrée dans un rapport d'enquête de l'association publié ce mercredi commence par un constat: 4300 tonnes de viande chevaline ont été importées en 2018 depuis le continent américain. En effet, malgré le scandale de la viande de cheval dans les lasagnes au bœuf qui a conduit à une forte baisse de consommation de viande rouge en France, la filière chevaline fait toujours des adeptes en France. Depuis les années soixante-dix, la consommation de viande de cheval a été divisée par cinq, les Français en mangeant en moyenne 300 grammes par an. Il reste actuellement boucheries chevalines en France.

Les Français consomment peu de leurs propres chevaux, les millions de chevaux de l'Hexagone étant pour la plupart eux-mêmes exportés en Italie, en Belgique ou en Suisse. Pour répondre à la demande, l'ONG affirme, étude à l'appui, que la France importe 77% de sa viande depuis le Canada, l'Uruguay et l'Argentine, chiffre auquel il convient de rajouter «2000 tonnes de viande venant de Belgique, plaque tournante de ce commerce en Europe», précise l'étude.

Six mois sous un froid glacial

Si les poulains meurent sous la neige canadienne, c'est parce que les chevaux de tout le continent américain destinés à l'export en Europe doivent rester six mois en quarantaine dans le plus grand abattoir du Canada, Bouvry-Export, près de Calagary, dans des enclos surpeuplés, avant d'être abattus. «Une quarantaine exigée par l'Union Européenne», relève le rapport d'enquête. Résultat, des milliers de chevaux sont entassés sous une température de -30 degrés, sans aucun abri.

Les images filmées entre janvier et février 2019 montrent des images déplorables de chevaux souffrants. Sans aucun soin prescrit aux animaux, les équidés sont seulement gavés au grain pour pouvoir faire davantage de graisse. Résultat, ils deviennent complètement obèses.

La vidéo poursuit sa diffusion avec des images cette fois-ci prises en Argentine et en Uruguay, entre avril 2018 et janvier 2019. «Les Argentins et les Uruguayens ne consomment pas de viande de cheval. Toute la viande des chevaux de course, de travail ou de loisirs est donc exportée vers l'Europe, la Russie ou l'Asie», explique le commentateur. Cette fois-ci, l'ONG déplore le fait que les chevaux de course soient dopés avec des anabolisants, des anti-inflammatoires et des antidouleurs, des substances qui sont censées rendre la consommation de viande interdite en France. À l'abattoir de Clay, le plus important d'Uruguay qui a abattu 18.000 chevaux en 2018, les images montrent cette fois-ci des chevaux d'une maigreur extrême, blessés, exhibant des plaies béantes non soignées. Les chevaux les plus malades meurent et les cadavres sont agglutinés à l'arrière des bâtiments.

Manque de contrôles et de traçabilité

L'ONG déplore la faiblesse des contrôles de la part de l'Union Européenne. En effet, alors que les ONG ne cessent d'alerter les autorités depuis une dizaine d'années sur la condition des équidés en Amérique, rien ne bouge. Pourtant, la Commission européenne a plusieurs fois elle-même émis des doutes concernant le traitement des chevaux. Ainsi, un rapport de la Commission estime que «l'autorité compétente n'est pas en mesure de certifier de manière fiable que la viande dérivée de ces espèces respecte les exigences de santé publique applicables sur le marché de l'Union européenne».

En mai 2018, la Commission européenne, peu dupe en la matière, a dénoncé ces tentatives de manipulation: «il ressort clairement des registres et de l'état de ces centres que le respect des exigences de bien-être animal serait compromis, compte tenu du nombre d'animaux présents», souligne le rapport. La Commission n'a cependant pas pu vérifier les abattoirs en l'état puisque «contrairement à ce qui avait été spécifiquement demandé, les trois centres de rassemblement étaient vides pendant les quatre jours d'audits».

Les importateurs européens de viande chevaline (dont les Français sont SNVC, Equus, Pégase, Profil Export et Viazur), ont, face aux critiques, décidé de créer en 2015 un nouveau label, Respectful life, destiné garantir aux consommateurs le bien-être des chevaux qui seront par la suite vendus en steak dans les supermarchés. Pour garantir cela, deux scientifiques belges se sont rendus dans les abattoirs dénoncés (Clay, Sarel, Lamar, Land L) et ont conclu que le bien-être animal y était respecté. Sauf que, comme pour la Commission, le contrôle est trompeur, puisque les visites sont annoncées à l'avance. Concernant le contrôle des abattoirs, l'ONG dénonce des «audits faussés». La vidéo montre des chevaux malades éloignés du cheptel, soudainement remplacés par des animaux en bonne santé. De même, des abris de fortune sont construits à la hâte avant d'être délaissés quelques semaines plus tard.

Problèmes récurrents

Ce que dénonce l'ONG est régulièrement pointé du doigt dans l'industrie de la viande, bien souvent embourbée dans des scandales. Récemment, des importations de viande polonaise frauduleuse en février, et l'affaire des «faux steak hachés» de la semaine dernière ont une fois de plus révélé les carences en matière de traçabilité du commerce de la viande au sein de l'Union européenne.

Pour contrecarrer ces carences, l'ONG Welfarm a plusieurs revendications, en ce qui concerne la viande de cheval. Elle demande d'une part tout simplement aux artisans bouchers et distributeurs français de bannir de leurs rayons la viande chevaline originaire d'Argentine, d'Uruguay et du Canada, et au gouvernement français d'instaurer l'étiquetage obligatoire sur l'origine de la viande chevaline. Pourtant, entre l'accord commercial Ceta entre l'Union européenne et le Canada d'une part, signé en 2017, et le Mercosur d'autre part, entre l'Amérique du Sud et l'UE d'autre part, dont les négociations sont encore en cours, il n'est pas sûr du tout que la politique de l'Union européenne réponde favorablement à la demande et bannisse la viande d'Amérique.

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