Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
Plus de 40 000 produits accessibles à 0€ de frais de courtage
Découvrir Boursomarkets

Trois questions à Jean-Marc Peter, directeur général de Sofidy : "Ce n'est pas le plus mauvais moment pour investir dans l'immobilier !"
information fournie par AOF17/01/2022 à 15:59

(AOF) - La crise sanitaire et l'essor du télétravail ont bouleversé un marché de l'immobilier désormais exposé au risque inflationniste. Jean-Marc Peter, directeur général de Sofidy, l'une des principales sociétés de gestion spécialisées dans les SCPI, affiche son optimisme. Les actifs dans les grandes métropoles régionales comme au cœur de Paris continuent en effet de susciter l'intérêt des entreprises.

Est-ce le bon moment pour investir dans les SCPI ?

Ce n'est en tout cas pas le plus mauvais moment ! La remontée progressive des taux au cours des prochains mois va réduire mécaniquement la valeur des actifs financiers, actions comme obligations. L'immobilier devrait mieux résister car les loyers, indexés sur l'inflation, ont tendance à progresser au même rythme les taux.

Comment se protéger contre un éventuel accès de faiblesse de l'immobilier ?

En période inflationniste, les actifs immobiliers qui tirent leur épingle du jeu sont ceux qui bénéficient d'un solide " pricing power ", c'est-à-dire qui offrent la capacité à imposer les hausses de prix (de loyer) si les actifs sont bien situés. A cet égard, la qualité de l'emplacement est fondamentale. Aussi faut-il privilégier les zones où la demande reste forte malgré la pandémie, à savoir les métropoles régionales comme Bordeaux, Lyon, Nantes ou encore Rennes. De même, contrairement au quartier de La Défense, qui souffre, le centre de Paris et la première couronne ouest (Levallois, Courbevoie, Boulogne) continuent d'être recherchés par les entreprises. D'un point de vue sectoriel, les grandes surfaces sont délaissées au profit des commerces de proximité et des " retails parks " tout proches des villes.

Pour limiter les risques, je recommande également aux investisseurs de privilégier les SCPI historiques, c'est-à-dire gérant un patrimoine immobilier depuis au moins 20 ans. Avec une telle SCPI, l'épargnant devient de facto co-propriétaire d'un parc immobilier constitué de très nombreux actifs acquis régulièrement tout au long d'un cycle immobilier avec un lissage des prix d'acquisition au sein de la SCPI.

Pour les SCPI les plus anciennes, le patrimoine aura même été constitué sur plusieurs cycles immobiliers avec potentiellement des plus-values latentes sur la valeur des actifs en portefeuille éventuellement distribuables aux futurs associés.

À l'inverse en sélectionnant une SCPI plus récente, l'investisseur peut encourir un risque de devenir co-propriétaire d'un parc immobilier potentiellement acquis à un court moment du cycle potentiellement élevé.

Le télétravail ne nuit-il pas à l'immobilier d'entreprise ?

Je pense que certaines multinationales pour différentes raisons sont en train de profiter de la pandémie pour se restructurer. Il est intéressant de noter que les sociétés qui ont opté sans résister pour le 100% télétravail sont celles qui évoluent dans des secteurs en pleine mutation. L'industrie automobile par exemple est frappée de plein fouet par l'essor de la voiture électrique. L'industrie bancaire, elle, est sérieusement malmenée dans le retail par les banques en ligne et les fintechs. Je crains qu'une partie des salariés des secteurs ne revoient jamais leurs bureaux.

Si les actifs de plusieurs milliers de mètres carrés n'ont clairement plus le vent en poupe, les biens de taille plus modeste, de l'ordre de quelques centaines de mètres carrés restent recherchés dans les métropoles régionales et à Paris.

D'un point de vue sectoriel, nous évitons le secteur de la santé qui coche peu de cases. Les biens sont souvent mal placés. Ils sont par ailleurs monovalents dans la mesure où ils ne peuvent accueillir que des actifs de santé. L'investisseur prend le risque d'abandonner son " pricing power " puisque la demande n'émane qu'une petite catégorie d'acteurs par ailleurs bien organisés et rompus aux renégociations de loyers.

En revanche, nous allons continuer d'investir dans la logistique, en particulier celle du dernier kilomètre et de la messagerie. Nous sommes par ailleurs à l'affut d'opportunités dans le secteur de l'hôtellerie dans la perspective d'une reprise du tourisme international. Là aussi, nous nous focaliserons sur les centres-villes des grandes métropoles. Si la rentabilité n'est pas au rendez-vous, les hôtels offrent l'avantage d'être facilement transformables en logements.

Propos recueillis par Pierre-Jean Lepagnot

0 commentaire

Annonces immobilières