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Sicav : ce que le krach coûte aux particuliers

Le Figaro30/08/2011 à 13:52
Très peu de fonds ont été épargnés par la tourmente boursière de l'été. Les meilleurs gestionnaires «actions» affichent des pertes d'environ 15 % en un mois, et même certaines sicav obligataires sont dans le rouge.

La douche est sévère. Dans les portefeuilles des épargnants français, bien peu de sicav ont été épargnées par la crise de l'été. Mais il y a quand même quelques miraculées, comme celles investies exclusivement en emprunts d'État. Grâce à la baisse des taux d'intérêt sur les titres allemands et français, elles ont enregistré des plus-values qui ont compensé leurs éventuelles pertes sur les obligations des États périphériques.

Certains fonds diversifiés, conçus pour protéger des tourmentes boursières le capital de leurs souscripteurs, sortent aussi grandis du krach estival, car ils ont tenu leurs promesses. Carmignac Patrimoine, le plus célèbre d'entre eux, finit par exemple le mois d'août en légère hausse. Il gagne plus de 1 % sur les trois derniers mois, et n'affiche depuis le début de l'année qu'une perte de 1,38 %.

Des fonds qui tiennent leurs promesses

Avant l'été, la société de gestion, inquiète pour la croissance économique, se voulait prudente, jouait les emprunts d'État allemands et américains, les mines d'or, se focalisait en Bourse sur les valeurs défensives et fuyait les financières européennes. Autant de paris payants cet été. « En début d'année, déjà, nous étions très prudents et cela avait pénalisé notre performance. Mais nos inquiétudes se sont révélées justifiées », souligne Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement.

Ce fonds n'est pas le seul à avoir bien tiré son épingle du jeu. D'autres sont aussi ce mois-ci dans le vert, comme l'Invesco Balanced Risk Allocation, qui gagne plus de 1 %.

Les bonnes surprises sont, en revanche, pour les épargnants, beaucoup moins nombreuses du côté des sicav dédiées aux seules «actions». Même les fonds les plus réputés ont simplement réussi à limiter la baisse à moins de 20 % au mois d'août, à l'image d'Agressor de Financière de l'Échiquier (-16 % sur un mois, -12,90 % depuis le début de l'année), d'Ulysse de Tocqueville Finance (-18 % sur un mois, -17 % depuis le début de l'année), ou encore de Mandarine Opportunités chez Mandarine Gestion (-14 % depuis un mois), selon Morningstar.

Le poids des banques

Des scores honorables, car les sicav actions les moins brillantes plongent, elles, de 25 %. Et très peu de fonds ont fait mieux, à l'exception par exemple de Neuflize France Opportunités, qui ne perd «que» 12 % en août. Les gestionnaires de Neuflize Private Assets avaient préféré avant l'été augmenter les liquidités, couvrir en partie le portefeuille d'actions et se sont tenus, eux aussi, à l'écart des valeurs financières.

« Depuis le début de l'année, les banques ont perdu un tiers de leur valeur en Bourse. Les écarts de performances entre les sicav "actions" européennes sont pour l'essentiel déterminés par la place donnée dans les portefeuilles à ces titres », souligne Bernard Aybran, directeur de la multigestion chez Invesco. Les fonds dédiés aux petites et moyennes valeurs ont d'ailleurs souvent mieux résisté, parce que précisément ils comptent peu de banques dans leur univers d'investissement.

Les souscripteurs qui ont accepté de diversifier leurs portefeuilles hors de l'Europe ont un peu moins souffert. « Les marchés émergents n'ont pas plus baissé cet été que les Bourses européennes », note Bernard Aybran. Les actions américaines ont aussi finalement bien résisté. Sur un mois, le CAC 40 a chuté de près de 12 % et l'indice américain S & P 500 moitié moins !

Si les souscripteurs sont bien conscients des risques qu'ils prennent en investissant en actions, ils le sont en revanche moins sensibles à ceux qu'ils courent en achetant des obligations. Pourtant, ils ont perdu en moyenne près de 6,5 % en un mois sur les sicav obligataires à haut rendement, qui investissent dans des obligations d'entreprises de moindre qualité. En vogue en début d'année, vantés pour leur rentabilité, ces titres ont aussi plongé en Bourse pendant la crise.

LIRE AUSSI :

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