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Retraites : Ayrault n'a rien dévoilé de ses intentions
Le Figaro04/07/2013 à 21:13

Le premier ministre a reçu pendant huit heures les partenaires sociaux à Matignon. Il a écouté leurs positions sur la réforme à venir. La CGT appelle déjà à la mobilisation en septembre.

Jean-Marc Ayrault a lancé officiellement jeudi le coup d'envoi des discussions sur la réforme des retraites qu'il dévoilera en septembre. Entouré de trois ministres (Marisol Touraine pour les Affaires sociales, Michel Sapin pour le Travail, Marylise Lebranchu pour la Fonction publique), le premier ministre a reçu à Matignon les délégations des huit partenaires sociaux représentatifs pour écouter ce que syndicats et patronat, qui ont des positions différentes sur le sujet, préconisent.

Près de huit heures d'entretien au cours desquelles le chef du gouvernement s'est contenté de laisser la parole à ses interlocuteurs. «Pour le moment, il écoute», a confirmé Jean-Claude Mailly, le patron de FO. «Il a pris soin de nous écouter en amont de la conférence sociale, il a pris soin de nous écouter lors de la conférence sociale, il prend soin de nous écouter à nouveau après la conférence sociale dans le cadre de concertations, a ironisé de son côté Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT. Il nous écoute beaucoup mais je n'ai pas le sentiment pour autant que nous soyons entendus.»

Les huit délégations qui ont défilé dans le bureau du premier ministre - chacune a eu droit à 45 minutes d'entretien - ont déroulé leurs positions et rappelé leurs lignes rouges. Refus de toute réforme pour la CGT et FO, et en particulier d'un allongement de la durée de cotisation qui a déjà été annoncé par l'exécutif. Une solution qui serait «identique à celle du gouvernement précédent», selon Thierry Lepaon qui a confirmé l'organisation «dès la deuxième semaine de septembre d'une journée de grèves et de manifestations» contre le projet de loi en préparation.

Opposition à toute taxation des entreprises du côté du patronat qui milite, au contraire, pour un nouveau report jusqu'à 63 ans en 2020 de l'âge de départ à la retraite. «C'est la seule solution raisonnable, comme cela a été fait partout dans le monde, pour supprimer le déficit», a martelé Pierre Gattaz, le successeur depuis mercredi de Laurence Parisot à la tête du Medef.

«La ligne rouge, c'est d'abord les cotisations parce que si on les augmente encore, ce seront des emplois qui seront perdus», a abondé Jean-François Roubaud, le président de la CGPME. Et ce d'autant qu'une hausse de 0,1 point, chaque année jusqu'en 2017, est déjà prévue pour financer le maintien des départs à la retraite à 60 ans des salariés qui ont commencé à travailler tôt.

Alignement public-privé

Jean-François Roubaud a par ailleurs demandé «un alignement entre les régimes du public et du privé» des modalités de calcul des pensions (sur les six derniers mois de traitement dans le premier cas et sur les vingt-cinq meilleures années de carrière dans le second) et aussi du taux de CSG des retraités aisés (actuellement de 6,6 %) sur celui des actifs (7,5 %). «On ne peut plus se contenter que ce soit simplement les actifs qui participent au financement des retraites», a-t-il justifié.

Les centrales dites réformistes (CFDT, CFE-CGC et CFTC) se sont quant à elles montrées ouvertes à un allongement de la durée de cotisation mais ont fixé des conditions. La centrale des cadres exige en contrepartie la prise en compte des années d'études postbac dans le calcul de la retraite pour «redonner confiance aux jeunes», a rappelé Carole Couvert, sa présidente. La CFTC souhaite pour sa part que le problème des «carrières hachées des femmes» ou des «apprentis» soit également pris en compte par le gouvernement.

Quant à la CFDT, syndicat très écouté à Matignon et à l'Élysée et qui avait cautionné la réforme Fillon de 2003, elle a surtout mis en avant la correction des inégalités existantes du système. «La CFDT n'a cessé de dénoncer le sort des salariés exposés à la pénibilité, les écarts de pension entre les hommes et les femmes, ou encore la pénalisation des salariés qui ont connu le chômage, la précarité», a rappelé son secrétaire général, Laurent Berger. Le successeur de François Chérèque a aussi insisté sur le casse-tête des polypensionnés - salariés qui ont cotisé durant leur carrière à plusieurs régimes de retraite - que la réforme de 2010 n'a pas réglé. Il s'est enfin dit opposé à toute désindexation des droits à la retraite des actifs et des pensions des retraités. Et aussi à toute hausse de cotisation «compte tenu des impacts qu'elle aurait sur le pouvoir d'achat, la compétitivité et l'emploi».

Après ce premier round très formel de concertation, les discussions vont continuer tout l'été. Chaque organisation va recevoir «un calendrier pour traiter avec les cabinets ministériels, sujet par sujet», a confirmé Laurent Berger à sa sortie. Une nouvelle réunion à Matignon, sur le même mode que celle qui s'est tenue jeudi, aura lieu fin août pour tirer les conclusions de ces deux mois de discussion.

8 commentaires

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  • kejocol
    05 juillet17:42

    ce mec est incapable de prendre une decision tout seul, il a besoin des syndicats. il ne sert a rien. on peut le virer ca fera une economie.

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