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Réforme des retraites : fonctionnaires en sursis

Le Figaro14/12/2012 à 19:44
Le régime de retraite des fonctionnaires demeure encore et toujours plus généreux que celui des salariés du privé.

Sur plusieurs points, l'avantage est réel pour la fonction publique. Pour une carrière complète, un fonctionnaire perçoit une pension égale à 75% du traitement de ses six derniers mois d'activité. Dans le privé, la pension du régime général équivaut à 50% de la rémunération moyenne des vingt-cinq meilleures années. Toutefois, les régimes complémentaires (Agirc, Arrco) permettent d'augmenter substantiellement les retraites des salariés du privé et notamment des cadres, dont la part complémentaire peut représenter la moitié de la pension. Le régime complémentaire pour les fonctionnaires, la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP), est, lui, plus récent - il date de 2003 - et moins puissant. En outre, la rémunération servant de base au calcul des retraites intègre toutes les primes dans le privé mais plafonne à 20% dans la fonction publique. Or, dans certains ministères, comme aux Finances ou à l'Équipement, les primes sont très élevées et peuvent représenter 50% du traitement à la fin du mois. Des éléments qui atténuent mais n'annulent pas l'avantage des fonctionnaires.

Si l'option de ne plus revaloriser au niveau de l'inflation la part complémentaire des pensions du privé était mise en œuvre, l'écart se creuserait encore avec le public. Car les pensions des fonctionnaires continueront - sauf décision contraire qui relève d'une négociation globale sur les retraites - à être indexées, chaque 1er avril, sur la hausse des prix. Le gouvernement réfléchit d'ailleurs à une autre piste: faire passer la pilule du gel du point d'indice (qui sert de base à la rémunération des fonctionnaires) en améliorant leur retraite complémentaire, par exemple en y intégrant davantage de primes.

Départ encore plus précoce

Autre avantage, les fonctionnaires continuent à partir plus tôt en retraite: à 58 ans et 4 mois en 2011, contre 61 ans et 11 mois dans le privé. La différence s'explique par deux phénomènes. L'an passé, les départs à la retraite se sont multipliés dans le public pour profiter, avant son extinction, d'une bonification accordée aux parents d'au moins trois enfants. L'âge moyen de cessation d'activité dans le public est aussi tiré vers le bas par les départs précoces accordés à ses agents en «service actif» (pompiers, militaires, policiers...) qui décrochent à 56,9 ans.

Si on élimine ces catégories, l'âge moyen de départ en retraite des agents de l'État est toutefois proche de celui du privé, à 61 ans et 5 mois. Un résultat logique puisque la réforme Fillon de 2003 a aligné la durée de cotisation du public sur celle du privé (de l'ordre de 41,5 annuités aujourd'hui) pour prétendre à une retraite complète. De même, la réforme Woerth de 2010 a prévu de relever progressivement le taux de cotisation retraite (7,85%) des fonctionnaires pour l'aligner sur celui des salariés du privé (10,8%) en 2020. La balance penche donc toujours en faveur des fonctionnaires, mais, jusqu'à présent, l'écart se réduisait grâce aux seules réformes des gouvernements de droite.


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