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Pourquoi le tourisme résiste aux attentats et aux catastrophes naturelles
Le Figaro14/08/2018 à 06:00

les attentats ou les catastrophes naturelles n'ont qu'un impact temporaire sur les flux touristiques. (Crédits:Pexels)

Le récent séisme en Indonésie fait craindre à l'économie locale une déperdition de touristes. Pourtant, qu'il s'agisse de catastrophes naturelles ou d'attentats, l'afflux de visiteurs revient dans la majorité des cas à son niveau antérieur en quelques mois ou années.

«La France a vécu une année record en 2017 et je pense que nous sommes en bonne voie pour rester champions du monde du tourisme cette année», déclarait fin juillet à l'AFP Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Trois ans à peine après l'attentat du Bataclan, certains lieux touristiques français sont saturés, preuve que les attaques terroristes n'ont eu qu'un effet limité sur l'attractivité de la France à l'international.

En 2004 la Thaïlande accueillait 11,5 millions de visiteurs. Malgré le Tsunami dévastateur cette même année, la fréquentation du pays s'est rétablie. Elle a même augmenté au point qu'en 2016 on comptait 32,6 millions de touristes dans le pays. Sur l'île indonésienne de Gili Meno, le 6 août dernier, un puissant séisme a fait une centaine de morts et a semé la panique chez des milliers de touristes qui se sont empressés de quitter les lieux. Autant de consommateurs perdus pour l'économie locale, très axée sur le tourisme.

Mais si la Thaïlande a su rebondir après 2004, il paraît vraisemblable que l'Indonésie réussisse à son tour à faire revenir les touristes apeurés par le phénomène sismique. Les faits semblent contredire le pessimisme économique qui prévaut à chaque fois qu'une catastrophe naturelle survient ou qu'un attentat est perpétré dans un lieu hautement touristique. Le Figaro a voulu comprendre ce phénomène de résilience propre à la fréquentation touristique.

Une baisse brutale du tourisme après la catastrophe

Dans une étude réalisée par l'Office du Tourisme et des Congrès de Paris sur la fréquentation de la capitale française après les attentats de janvier et de novembre 2015, on remarque une baisse brutale du tourisme dans les mois qui suivent ces évènements. La fréquentation de la capitale diminue de 15 points après le 13 janvier. La chute est deux fois plus importante que dans les semaines qui ont suivi les attaques du 13 novembre. Mais, chose étonnante, selon cette même enquête, 15 jours après le taux d'occupation hôtelier à Paris retrouve son niveau d'avant les attaques. Dans un sondage réalisé en 2011 pour le comparateur de vols et d'hôtels Skyscanner, 16% des 2600 personnes interrogées ont indiqué qu'un attentat terroriste pourrait les faire renoncer à une destination. Mais les trois quarts de ces personnes ont aussi précisé que ce renoncement ne durerait pas plus de 3 mois.

Pour Joël Raboteur, maître de conférences en économie et gestion à l'Université des Antilles et chercheur au Centre de Recherche en Économie et en Droit du Développement Insulaire (CREDDI), «la raison tient à la capacité d'oubli du consommateur». Il précise aussi que «dans le cadre d'attentats terroristes comme ceux que Paris a connus, les infrastructures supports de l'économie touristique sont peu touchées. Or même si l'instabilité ou l'insécurité sont des contraintes au développement des flux touristiques, la France n'est pas dans cette situation». Si bien que les flux touristiques reprennent, à condition néanmoins que des mesures sécuritaires soient prises. C'est la situation qu'a connue la Tunisie. Au lendemain de la révolution, l'instabilité politique et les attentats du musée du Bardot et de la plage de Sousse ont fait beaucoup de mal au secteur touristique. Si 7 millions de touristes étrangers visitaient le pays en 2010, ils n'étaient plus que 5 millions en 2015. Et pourtant. Interrogée par l'AFP, la ministre du tourisme Selma Elloumi Rekik a annoncé: «en 2018, nous allons dépasser les 8 millions d'arrivées avec une croissance du marché russe et chinois ainsi que du marché traditionnel».

La reconstruction comme phénomène de démultiplication des flux anciens

Dans le cas d'une catastrophe naturelle telle que le tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est, le phénomène présente certaines différences. On observe d'abord une baisse plus importante et plus longue de la fréquentation touristique. Cela s'explique par la destruction des infrastructures telles que les hôtels, les routes ou les aéroports. Joël Raboteur précise ainsi que «les espaces naturels mettent peu de temps à se remettre des catastrophes climatiques et très vite on retrouve des paysages de carte postale. Pour les bâtiments, c'est plus long. Or le confort et la salubrité sont des facteurs primordiaux pour les touristes dans le choix de leurs destinations». C'est pourquoi passé la phase de reconstruction, les flux de visiteurs sont rapidement de retour.

La visibilité de la destination accroît le flux de touristes

Les catastrophes naturelles - et les attentats dans certains cas - peuvent même avoir des conséquences totalement contre-intuitives, explique Joël Raboteur: «la médiatisation mondiale des catastrophes suscite de l'intérêt auprès des consommateurs. Ils entendent parler d'une destination à laquelle ils n'avaient pas pensé, ou alors ils sont tentés d'aller constater par eux-mêmes les dégâts. Combien de touristes se sont ainsi rendus à New York pour voir par eux-mêmes l'absence des tours jumelles? Il faut aussi prendre en compte le fait que plus la catastrophe a été violente, plus la communication autour de la relance de l'économie est importante». Ainsi, après le tsunami de 2004, la Thaïlande a profité de la période de reconstruction pour repenser son industrie touristique. À force de rééquilibrage géographique et de montée en gamme, le pays a triplé le nombre de visiteurs étrangers avec 33,5 millions de touristes en 2O16.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le tourisme s'est développé de façon exponentielle dans le monde. Selon l'Organisation mondiale du tourisme (l'OMT), 1,3 milliard de personnes ont visité un pays étranger en 2017. Les catastrophes climatiques et les attentats touchant des touristes se sont eux aussi multipliés. Mais la mondialisation des transports, la progression de la croissance mondiale ainsi qu'une certaine capacité d'insouciance semblent montrer qu'aucune catastrophe ne peut durablement inverser la tendance des flux touristiques.

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