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Manuel Valls fait son mea culpa fiscal

Le Figaro23/10/2015 à 12:21

Le premier ministre a reconnu vendredi que les hausses successives de la fiscalité ont fait «des dégâts considérables» et créé «une forme de rupture entre les Français et l'impôt».

Un mea culpa un peu tardif. Manuel Valls a fait amende honorable vendredi sur la hausse des impôts opérée au début du quinquennat de François Hollande, assurant qu'il ne referait pas la même chose s'il le pouvait. «Il y a eu une augmentation de la fiscalité au cours de ces dernières années -je ne parle pas uniquement depuis 2012- pour les entreprises comme pour les ménages, 20 milliards entre 2010 et 2012 et un peu plus de 20 milliards entre 2012 et 2014 qui a, je crois, créé une forme de rupture entre les Français et l'impôt», a déclaré le premier ministre lors d'un débat organisé par le Club de l'Economie du quotidien Le Monde.

» LIRE AUSSI: 58 milliards prélevés en plus sur les ménages en six ans

» LIRE AUSSI: «J'ai mis 2 ans à économiser une petite somme qui va partir aux impôts»

«Ça a été un choc fiscal pour les gens, ce qui explique beaucoup de la rupture entre cet exécutif et d'une manière générale les responsables politiques et les Français», a-t-il ajouté. «Il y a eu (...) une hausse de la fiscalité sur les ménages, des seuils qui ont été extrêmement pénalisants pour les personnes âgées qui ne payaient pas l'impôt sur le revenu et qui ne payaient pas la taxe d'habitation, ou la taxe sur le foncier bâti ou la redevance, et qui sont rentrées dans l'impôt et ça a fait des dégâts considérables», a-t-il notamment reconnu, évoquant aussi l'augmentation de la fiscalité pour les classes moyennes.

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Interrogé pour savoir s'il le referait de la même manière, le premier ministre a répondu: «Ah non, bien évidemment».

Manuel Valls a reconnu l'inconstance de François Hollande, notamment en matière de fiscalité. Et reporte ainsi les critiques vers le chef de l'État et son ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault, plutôt que de reconnaître la responsabilité de son propre gouvernement.

Le premier ministre a également reconnu s'inspirer de son homologue italien, plutôt que d'autres modèles européens. Rien d'étonnant à cela: ce dernier a récemment décidé de baisser les impôts... pour soutenir la croissance.

Une fiscalité qui pèse essentiellement sur la classe moyenne

L'Assemblée nationale a voté mardi la première partie du budget de l'Etat, dont la mesure phare est la nouvelle baisse d'impôt sur le revenu -de deux milliards d'euros- en faveur de 8 millions de foyers fiscaux. Le gouvernement avait déjà abaissé les impôts d'un milliard d'euros en 2014 et 3,2 milliards en 2015. Au total, 12 millions de foyers auront bénéficié en trois ans d'un geste fiscal. Avec un effet pervers: ces mesures ont fait peser le poids de l'impôt sur un nombre toujours plus réduit de contributeurs, essentiellement issus de la classe moyenne.

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Un poids qui a notamment incité les Français à piocher dans leurs économies pour faire face aux dépenses: en septembre, le livret A a encore enregistré 2,38 milliards d'euros de décollecte...

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Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

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