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Les marchés européens frileux pour la fin du semestre
AFP30/06/2020 à 19:11

Les marchés européens, à l'exception de Francfort, ont terminé le semestre en légère baisse mardi, marqués comme durant l'essentiel de ces six mois par l'évolution de l'épidémie.

Après les hausses la veille, seul le Dax a enchaîné avec une progression de 0,90%. Ailleurs, le rouge est de mise, avec -0,19% à Paris, -0,37% à Milan, -0,64% à Madrid. Le repli était plus marqué à Londres (-0,90%).

Wall Street a ouvert dans le rouge mais l'indice vedette, le Dow Jones, était proche de l'équilibre à 16H45 GMT.

Les Bourses européennes ont enchaîné les plus haut pics et les pires creux dans ce semestre rythmé par la pandémie de Covid-19. Encore aujourd'hui, les investisseurs ont pris connaissance du PIB britannique, qui a connu sa plus forte baisse depuis 1979.

"C'est une séance d'observation", résume pour l'AFP Lara Nguyen, experte en investissements financiers au sein de Milleis Banque. "Les investisseurs attendent que le trimestre et le semestre se ferment pour entamer quelque chose de nouveau", souligne-t-elle.

Plusieurs indicateurs positifs ont pourtant été publiés comme l'activité manufacturière chinoise et la consommation des ménages français dans la matinée. Dans l'après-midi, il y a également eu l'annonce de la hausse plus forte qu'anticipé de la confiance des consommateurs aux Etats-Unis, dont le niveau reste toutefois bien inférieur à celui d'avant la pandémie.

-Powell retourne devant le Congrès-

L'attentisme a été renforcé par le suivi du nouveau passage du président de la réserve fédérale américaine Jerome Powell devant le Congrès. Dans son discours, publié dès lundi soir sur le site de la Fed, il estimait que le rebond de l'économie américaine avait commencé plus vite que prévu, tout en soulignant les risques persistants.

Les inquiétudes sanitaires continuent de planer sur les marchés. La pandémie "est loin d'être finie" et "s'accélère" même, selon le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les Etats-Unis sont toujours confrontés au regain de contamination et des mesures de restriction sont réinstaurées dans le sud du pays.

L'Union européenne a décidé d'ouvrir ses frontières aux voyageurs d'une quinzaine de pays, dont le Canada et la Chine, sous condition de réciprocité, mais pas les Etats-Unis en raison de la situation sanitaire.

Les tensions géopolitiques restent vives avec l'adoption par la Chine d'une loi controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong, condamnée par l'Union européenne et Washington.

Sur le marché de la dette, les taux à 10 ans grecs et italiens ont reculé à l'occasion d'une prise de parole d'Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE.

Quant aux valeurs, les compagnies aériennes restent sous pression. A Paris, Air France-KLM, qui compte supprimer plus de 7.500 postes d'ici à la fin 2022 selon des sources syndicales, a perdu 2,47% à 4,03 euros.

Easyjet envisage quant à elle de supprimer 700 postes de pilotes et de fermer trois bases au Royaume-Uni dans le cadre de son plan de restructuration déjà annoncé, d'après le syndicat Balpa, et son cours a baissé de 0,93% à 680 pence.

Le français Wordline a enchaîné une nouvelle séance de forte hausse, gagnant 2,50% à 77,08 euros et se rapprochant de son plus haut historique atteint en février. Dans le même temps, son concurrent allemand Wirecard, discrédité par un scandale financier, a connu une journée spectaculaire en ayant d'abord progressé de 180%, avant de nettement limiter ses gains du jour (+75,77% à 5,53 euros).

Londres a été également pénalisé par le secteur pétrolier. Le groupe Royal Dutch Shell s'est contracté de 3,68% à 1.224 pence après avoir annoncé des dépréciations d'actifs de 15 à 22 milliards de dollars après impôts au deuxième trimestre pour refléter l'impact de la pandémie de coronavirus sur la demande et les prix de l'or noir. Deux semaines plus tôt, BP (-2,45% à 307,20 pence) avait fait des annonces similaires.

fs/cd/bh

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