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Les loyers sont stables en France

Le Figaro10/09/2013 à 19:09
Les loyers ont progressé de 0,1% en moyenne entre le 1er janvier et le 31 août selon l'observatoire Clameur. Depuis 2006, ils augmentent moins vite que l'inflation.

La tendance observée en début d'année s'est confirmée ces derniers mois. Sous l'effet de la crise, les loyers facturés par les bailleurs aux nouveaux locataires restent globalement stables. Ils ont ainsi augmenté de 0,1% (sur un an) entre le 1er janvier et le 31 août, alors que l'inflation atteignait 1% sur la période, selon l'observatoire Clameur.

Ils ont même baissé dans 38,5% des villes de plus de 100.000 habitants, en particulier dans celles où la hausse avait été la plus marquée en 2012. C'est le cas de Paris (-0,4%), Nice (-0,4%), Montpellier (-0,8%), Lille (-0,8%), Bordeaux (-1%) et Rennes (-1,5%). Et pour la deuxième année consécutive, les loyers baissent au Mans (-1,8%) et au Havre (-2,6%).

Dans 30,8% des autres grandes villes, les quittances augmentent moins vite que l'inflation: Toulouse (+0,8%), Toulon (+0,7%), Saint-Étienne (+0,5%), Grenoble (+0,5%), Marseille (+0,3%), Nantes (+0,2%), Angers (+0,1%) et Strasbourg (stable). Bien sûr quelques villes font exception, c'est le cas de Lyon (loyers en hausse de 1,1%), Dijon (+1,2%), Villeurbanne (+1,5%) ou encore Reims (+3,8%).

Le marché tourne toujours au ralenti

«Les marchés locatifs privés subissent fortement la crise, comme en 2009, et les évolutions des loyers s'en ressentent», justifie l'observatoire. De plus, ils sont «déstabilisés par des annonces et des décisions publiques qui bouleversent les projets des investisseurs et des propriétaires bailleurs et finissent par renforcer le déséquilibre», poursuit Clameur.

Depuis le début de l'année, l'assagissement du marché s'explique par la baisse des loyers des petites surfaces (-0,5% pour les deux-pièces et studios) et à une moindre progression de ceux des appartements familiaux (trois pièces et plus). Mais surtout le marché tourne toujours au ralenti. Depuis de longs mois, les ménages, moins confiants dans l'avenir, diffèrent leurs projets de déménagement pour louer un bien plus grand ou devenir propriétaires.

Cette frilosité s'amplifie même. Depuis janvier, seuls 26,3% des locataires ont ainsi changé de logement, contre 27,1% en 2012 ou encore 30% en 2004. Cette tendance est encore plus marquée à Marseille, où seuls 15, % des locataires ont déménagé. «Ce qui confirme que le marché est bloqué depuis 2007», souligne Michel Mouillart, professeur d'économie à Paris Ouest et auteur de l'étude.

«La durée de vacance s'allonge et les stocks augmentent»

Le phénomène est le même à Paris (17,1% des locataires ont déménagé depuis le début de l'année). Dans la capitale, la moitié des locataires occupent leur logement depuis plus de six ans (c'est le cas de 30% des locataires ailleurs en France) et plus d'un tiers d'entre eux sont dans les murs depuis plus de neuf ans. Au total, en France depuis 2011, l'offre de logements nouveaux à louer a diminué (90.000 logements en moins), selon Clameur. Pour autant, les biens dont le loyer demandé est trop élevé ou en mauvais état peinent à trouver preneur, y compris à Paris. «La durée de vacance s'allonge et les stocks augmentent y compris à Paris, pour les offres inadaptées à la demande», constate François Davy, président du groupe Foncia.

Le projet de loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové (Alur), en débat à partir de ce mardi à l'Assemblée nationale et qui envisage d'encadrer les loyers dans les zones dites tendues, arrive trop tard. «Depuis 2006, les loyers de marché augmentent moins vite que l'inflation», constate l'observatoire Clameur. Le projet de loi prévoit que les préfets fixeront chaque année par décret un loyer médian de référence majoré de 20%, au delà duquel le propriétaire ne pourra pas aller, mais aussi un loyer plancher (inférieur de 30% au loyer médian) en deçà duquel il pourra demander une hausse.

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