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Les loyers ont reculé l'an dernier, même à Paris et en Ile-de-France

Le Figaro06/02/2015 à 19:32

INFOGRAPHIE - Quand les propriétaires sont trop gourmands, ils ne trouvent plus de locataires. Ces derniers sont souvent en bonne position et négocient parfois à la baisse, selon Century 21.

La crise se fait clairement sentir sur le marché locatif. C’est ce que révèle l’étude sur les loyers que vient de réaliser Century 21 et que Le Figaro publie en exclusivité. Les loyers moyens facturés aux nouveaux locataires ont baissé de 1,1 % l’an dernier, selon une étude du réseau Century 21, qui s’appuie sur 40.000 baux signés dans ses 850 agences implantées dans toute la France.

«C’est la première fois depuis dix ans que la baisse est supérieure à l’inflation (0,5 % en 2014, NDLR)», souligne Laurent Vimont, président de Century 21. Le phénomène touche de nombreuses régions. En Ile-de-France le loyer moyen a chuté de 5,1 % en 2014. Dans la capitale, où les loyers seront bientôt encadrés, la baisse est plus limitée (- 0,6 % en moyenne, dont - 2,1 % pour les quatre-pièces peu recherchés). La tendance est comparable dans d’autres grandes villes comme Toulouse et Montpellier par exemple. À Marseille, la baisse est plus marquée. En revanche, Bordeaux sort du lot, les loyers ayant continué à grimper, toutes surfaces confondues. Dans les villes moyennes et les campagnes, la situation est plus tendue. «Le nombre de biens à louer a augmenté. Et les loyers proposés à un prix trop élevé ne trouvent pas preneur ou, fait nouveau, sont négociés à la baisse par les candidats à la location qui grâce à Internet connaissent le marché», explique Laurent Vimont.

La principale raison du décrochage du marché de la location est d’ordre économique. Moins confiants dans l’avenir, et pour éviter de payer des frais élevés de déménagement, de nombreux locataires diffèrent leurs projets de changement pour un domicile plus grand ou plus confortable. En France, l’immobilier représente entre 25 % et 33 % du budget des ménages. Ce qui est souvent plus élevé que chez nos voisins européens.

Résultat, en 2014, 27 % des locataires ont changé de logement, alors qu’ils étaient 32 % en 2004. Les personnes ayant entre 30 et 50 ans ont été les moins mobiles (baisse de 8,9 %). «C’est particulièrement vrai pour les cadres et les professions libérales (- 12 %) ainsi que les commerçants et les artisans (- 8,4 %). Ils sont directement impactés par les conditions économiques actuelles et préfèrent attendre des jours meilleurs», constate l’étude de Century 21.

A contrario, les moins de 30 ans ont sans surprise été les plus mobiles (49,2 %), même si les jeunes ayant moins de 25 ans restent plus longtemps chez leurs parents. Le nombre de retraités déménageant dans un logement plus petit a aussi progressé (+ 8,2 %). La part des locataires de plus de 60 ans ne cesse d’ailleurs d’augmenter depuis 2011 dans les agences Century 21.

En France, les deux-pièces (pourtant les biens les plus loués) ont enregistré les plus fortes baisses de loyer l’an dernier (- 1,4 %), suivies des maisons (- 1,2 %) et des studios (- 1,1 %). Seuls les grands appartements de cinq pièces, très peu nombreux sur le marché, ont augmenté (+ 1,9 %).

Pas d’augmentation à attendre

Les locataires en place ont souvent vu leur loyer stagner l’an dernier. L’indice de référence des loyers (IRL), indexé sur l’inflation et qui sert de base à la révision annuelle des loyers en cours de bail, a légèrement progressé de 0,37 % au quatrième trimestre. Mais le manque à gagner étant très faible, les bailleurs ont généralement évité de majorer leurs loyers de 0,37 % afin de conserver des locataires solvables. Et cette tendance devrait perdurer. Les loyers ne devraient pas augmenter cette année. La mise en place d’un encadrement des loyers à Paris semble bien arriver un peu tard.

Contrairement à certaines idées reçues les loyers qui avaient beaucoup progressé pendant quelques années avant la crise ont au final augmenté moins vite que l’inflation au cours des dix dernières années, selon l’étude de Century 21, grimpant de 7,5 % entre 2004 et 2014, alors que sur la période l’inflation a progressé de 14,6 %. «Les loyers sont corrélés à l’évolution des prix à la consommation et sont fonction de ce que peuvent payer les locataires. Ils n’ont donc pas progressé autant que le prix de la pierre», rappelle Laurent Vimont.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

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