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Les Français partiront un peu plus cet été, privilégiant la France et l'Europe

Le Figaro18/06/2014 à 18:10

Selon un sondage, les intentions de départ estival progressent sensiblement. Crise oblige, beaucoup de vacanciers resteront en France, voire en famille. L'Espagne a du succès, l'Égypte et la Tunisie sont délaissées.

Avec l'été qui s'approche, les Français semblent décidés à s'extraire de la morosité ambiante pour s'offrir des vacances coûte que coûte. Selon un sondage de l'institut CSA pour RTL, ils sont 60% à compter partir cet été, soit sensiblement plus que les 56% enregistré l'an passé. Côté budget moyen, les chiffres s'affichent également en légère hausse passant de 763 euros à 775 euros, soit 1,5% de progression, un peu plus que l'inflation.

Ces chiffres ne doivent pas cacher pour autant le fossé qui se creuse régulièrement entre vacanciers. De plus en plus discriminantes, les vacances estivales seront au programme de 86% des cadres et professions libérales contre seulement 52% des ouvriers. Elles restent aussi un phénomène surreprésenté à Paris qui compte 74% de vacanciers contre seulement 57% en province. Et du côté des tour-opérateurs, on observe également cette fracture des vacances. Sur le premier semestre, les membres du syndicat des tour opérateurs (Seto) ont perdu 8,1% de leurs clients pour des vols secs et 5,3% pour les voyages à forfait mais à chaque fois le ticket moyen est en hausse (+1,4% et +1,6%). Une hausse qui correspond à un maintien des marges ainsi qu'à une baisse des capacités disponibles évitant au voyagiste de brader les invendus.

Équilibre fragile

Pour des raisons de budget notamment, la France reste de très loin la destination privilégiée puisqu'elle est retenue par 74% des sondés notamment pour ses plages (50%). Cette bonne santé de la destination France est confirmée par le bilan semestriel su Seto publié ce mercredi. Si pour la troisième année consécutive la quasi-totalité des indicateurs de la profession restent dans le rouge, la France tire son épingle du jeu avec une progression du trafic (vol sec et forfaits) de 3,8% là où les destinations moyen-courrier enregistrent un sévère recul de 13,2%.

Après trois saisons d'hiver en recul, les tour-opérateurs osent tout juste espérer un été à l'équilibre. «Nous nous attendions à pire, admet René-Marc Chikli, président du Seto. Il y a de grandes disparités d'une destination à une autre et tout cela est très fragile et dépendant du moral des Français.» Il faut dire que les voyagistes souffrent toujours de ces grandes destinations «malades». Du côté de l'Égypte, ils ne placent aucun espoir de retour rapide de la clientèle française. Quant à la Tunisie, incontournable pour ses hôtels clubs à petits budgets, elle ne refait toujours pas surface. Sur l'hiver, elle était encore en recul de 29,5% et les réservations actuelles ne sont pas encourageantes. «À mon arrivée à Monastir, j'ai été accueilli en anglais», se désole René-Marc Chikli.

Bel avenir pour les Canaries

Seul bémol: il s'agit d'une vraie destination de dernière minute et certains veulent continuer à miser dessus. D'ailleurs, le fondateur du site EasyVoyage, Jean-Pierre Nadir, s'attend à un sursaut de dernière minute. «Avec la Coupe du monde, les réservations seront encore plus tardives que d'habitude, explique-t-il. Mais Djerba a déjà enregistré une belle reprise et il devrait y avoir de belles promotions sur la destination.» Mais tous savent bien que sur cette destination à bas coût, le véritable concurrent, c'est la débrouille. Ceux qui renonceront à ce genre de séjour n'ont pour alternative que des vacances en famille ou chez des amis.

Certaines destinations étrangères réalisent pourtant de belles performances. «Le Maroc se tient très bien, estime Pascal de Izaguirrre, PDG de TUI France (Nouvelles Frontières, Marmara...) et l'Espagne connaît un fort développement. Désormais, les Canaries apparaissent sans doute comme l'une des grandes destinations de demain.» Selon les professionnels, la Grèce devrait également enregistrer une très bonne année avec les touristes français tandis que le pari opéré par certains sur la Turquie n'est pas assuré d'être gagné.

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