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Les aides à la rénovation énergétique, «un mécanisme pourri»

Le Figaro28/10/2015 à 15:03

Pour l’UFC-Que-Choisir, le crédit d’impôt pour la rénovation énergétique est également «inadapté, inefficace et trop complexe», alors que 23 millions de logements ne sont pas optimisés.

«Inadapté, coûteux, complexe»…C’est en ces termes, que l’association de consommateurs, l’UFC-Que-Choisir, qualifie le crédit d’impôt rénovation énergétique, accordé aux ménages réalisant des travaux d’économie d’énergie dans leur logement. Pourtant, les besoins sont réels: 23 millions de logements ont des performances énergétiques «médiocres voire déplorables». Et la facture énergétique annuelle des Français s’élève à 1697 euros par an.

Lancé en 2005, le crédit d’impôt «a déjà coûté à la collectivité pas moins de 15,6 milliards d’euros, pour un résultat calamiteux», critique Alain Bazot, président de l’UFC-Que-Choisir, pointant du doigt «des mécanismes pourris». «On est affligés de voir que le gouvernement choisit la fuite en avant, avec un dispositif pas du tout adapté», regrette-t-il.

Le crédit d’impôt a selon lui manqué sa cible. «Il n’a pas d’effet d’entraînement», regrette l’association de consommateurs. Certes, entre 2006 et 2008, le dispositif est monté en puissance, grâce notamment à des campagnes de sensibilisation et du Grenelle de l’Environnement. Mais depuis 2009 et le début de la crise, les dépenses des ménages en rénovation énergétique ont sensiblement fondu retrouvant leur niveau de 2006 (12,73 milliards d’euros en 2013, contre 15,1 milliards d’euros en 2008 et 14,69 milliards d’euros en 2009). Dans la foulée, le montant de crédit d’impôt accordé chaque année aux particuliers été divisé par quatre environ (673 millions d’euros en 2013 contre 2,49 milliards d’euros en 2009).

L’isolation, c’est 70% des pertes d’énergie

Méconnu (un particulier sur deux a eu connaissance du crédit d’impôt après le début des travaux et 15 % des ménages n’en ont jamais pris connaissance), «le dispositif est trop complexe pour la moitié des ménages réalisant des travaux», explique Alain Bazot. Le crédit d’impôt a il est vrai été modifié sept fois en dix ans: évolution des taux, des équipements éligibles, des critères de performance, et changement de nom en 2014 pour crédit d’impôt transition énergétique (CITE). De quoi y perdre facilement son latin.

L’association de consommateurs juge le dispositif inadapté pour les logements en location (les propriétaires bailleurs ont peu d’intérêt à réaliser de tels travaux). Et estime surtout qu’il n’incite pas à réaliser «les travaux les plus efficaces». «Le crédit ne donne pas le cap à la rénovation vertueuse. C’est directement lié à la mécanique du dispositif: l’aide est sur l’équipement, et ne dépend pas de la performance énergétique», avance Alain Bazot.

Effet pervers du système: les consommateurs ont eu tendance à changer leurs fenêtres (41 % des travaux), très bien prises en charge par le système, alors que les huisseries ne représentent que 10 % des déperditions d’énergie. A l’inverse, l’isolation ne représente que 10 % des travaux, alors qu’elle provoque 70 % des pertes d’énergie, explique l’UFC.

L’association pointe également une corrélation entre le montant des aides versées et la hausse des prix pratiqués par les professionnels, avec une augmentation importante des litiges rapportés par ses adhérents. L’UFC veut profiter de l’examen au Parlement du projet de budget 2016, pour tenter d’infléchir le fonctionnement du dispositif. Elle engage le gouvernement à s’inspirer des mesures existant en Allemagne, où les aides dépendent directement de la performance énergétique, permettant en outre de créer près de 10.000 postes d’experts chargés de certifier les travaux réalisés.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

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