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François Hollande songe à baisser les impôts en 2017

Le Figaro02/05/2016 à 12:33

INFOGRAPHIES - Le chef de l'État serait «déterminé» à faire profiter les Français des fruits d'une croissance qui revient progressivement. Mais il va devoir faire face à la ferme opposition de Bercy.

Huit mois après avoir annoncé une baisse de deux milliards d'euros de l'impôt sur le revenu en 2016, François Hollande songerait à poursuivre la diminution des impôts en 2017, selon le quotidien Les Échos . A un an de l'élection présidentielle, la stratégie est classique. «L'ampleur du geste dépendra des marges de manœuvre. Il y a aussi de nouvelles dépenses auxquelles il faut faire face», affirme l'entourage cité par le quotidien qui ne donne toutefois pas plus de détails sur les modalités. Contacté par Le Figaro, l'Élysée répond: «On ne commente pas les infos vraies ou fausses des journalistes». Même son de cloche du côté de Bercy.

»» Simuler le calcul de votre impôt sur le revenu

En 2017, les contribuables devront payer, selon une estimation de Bercy, un peu plus de 1000 milliards d'euros de prélèvements obligatoires contre 991 milliards en 2016, soit une hausse de près de 2%. Cependant, aucune décision ne sera prise avant cet été, le chef de l'État préférant attendre la confirmation de la bonne tenue de la croissance dont le chiffre du deuxième trimestre sera publié en juillet.

Mais le chef de l'État serait «déterminé» à accorder un nouveau geste fiscal aux ménages et ainsi les faire bénéficier des fruits d'une croissance qui revient lentement mais sûrement. Vendredi, l'Insee a annoncé que le PIB de la France a grimpé de 0,5% au premier trimestre alors que l'institut, tout comme la Banque de France, s'attendait à 0,4%.

Mais le président de la République devra sans doute faire face aux réticences de Michel Sapin qui ne manquera pas de lui rappeler l'importance de continuer de réduire un déficit public passé à 3,5% en 2015. «Si cela va mieux, c'est aussi parce que l'on respecte nos engagements en termes de déficits», répond-on à Bercy. A tel point que Bruxelles juge «possible» l'objectif que s'est fixé le gouvernement de faire passer son déficit sous les 3% en 2017, «à condition que le budget 2017 soit un budget sérieux», prévient Pierre Moscovici, ex-ministre de l'Économie et des Finances (2012-2014). Autre mise en garde: celle de la Banque centrale européenne. «Ce n'est pas le moment d'interrompre le désendettemen, prévient Benoît Cœuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne. Et d'ajouter: «La croissance est soutenue entre autres par la baisse de l'euro et par (celle) du pétrole. Aucun de ces deux moteurs n'est durable. Cette croissance ne durera pas s'il n'y a pas de réformes».

Pour le Medef, si une nouvelle baisse d'impôts serait «une bonne mesure d'un point de vue électoral, elle nécessiterait «des économies significatives». «Est-ce que l'état de la France, surtout l'état de son déficit, le permet? Je ne suis pas sûr», s'interroge Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président de l'organisation patronale.

Avant que ne soit validée une telle mesure, les nouvelles dépenses décidées par le gouvernement depuis le début de l'année dépassent déjà allègrement les 4 milliards d'euros: la formation de 500.000 chômeurs supplémentaires (600 millions d'euros), la prime à l'embauche (1 milliard d'euros), plan de soutien à l'élevage (400 millions d'euros), la baisse des cotisations sociales pour les agriculteurs (500 millions d'euros), le fonds de financement de la transition énergétique (300 millions d'euros), la hausse de 1,2% du point d'indice des fonctionnaires (600 millions d'euros), le prolongement d'un an de la mesure de suramortissement (400 millions d'euros), les mesures en faveur des jeunes (200 millions d'euros) et l'augmentation de l'indemnité des professeurs (265 millions).

Vidéo: délai de paiment des impôts par droits-finances.net

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

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