1. Aide
    1. Espace Client
    2. Connexion
Espace Membre Boursorama

Erreur d'authentification

Vous êtes authentifié. Nous chargeons votre espace membre.

Mot de passe oublié ?

Nouveau sur Boursorama ? Devenez membre

Identifiant/Mot de passe oublié
Si vous êtes Membre de la Communauté Boursorama, veuillez indiquer l'adresse email que vous avez fournie lors de votre enregistrement pour recevoir votre identifiant et/ou ré-initialiser votre mot de passe :

Nouveau sur Boursorama ? Devenez membre

Fermer

Conserver cet article pour le lire plus tard

Fermer

Ce service est réservé aux clients et membres de Boursorama.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement

De la CSG au prix des carburants, un an de polémiques sur le pouvoir d'achat

AFP07/12/2018 à 14:07

Des "gilets jaunes" mobilisés à Saint Beauzire (centre de la France), le 6 décembre 2018 ( AFP / Thierry Zoccolan )

Au Parlement comme dans la rue, le gouvernement a essuyé tout au long de l'année 2018 des critiques sur sa politique fiscale et budgétaire, accusée d'avoir pénalisé le pouvoir d'achat. Une grogne devenue explosive avec le mouvement des "gilets jaunes".

"Manu, c'est à partir de quand que ça ruisselle?" Ce slogan, affiché sur un rond-point tenu par une poignée de manifestants, résume l'impatience qui s'est emparée d'une partie de la population, estimant n'avoir pas suffisamment bénéficié de la politique du gouvernement.

Une colère qui puise ses racines dans des problèmes au long cours, comme la désertification ou la désindustrialisation, mais que des décisions prises ces derniers mois par l'exécutif ont attisée, en donnant le sentiment de rogner le pouvoir d'achat des Français.

Première d'entre elles: la hausse de 1,7 point de la CSG (contribution sociale généralisée), entrée en vigueur au 1er janvier 2018 afin de compenser la suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du secteur privé.

Cette réforme a grevé les revenus d'une partie des retraités -- près de 60% d'entre eux, selon Bercy -- soumis à la CSG à taux plein mais pas aux cotisations salariales. Un choix assumé par l'exécutif, mais source de dépit chez les personnes concernées.

L'évolution des inégalités en France ( AFP / Thomas SAINT-CRICQ )

D'autres annonces ont alimenté la grogne au cours de l'année 2018, de la désindexation des retraites jusqu'à la baisse des aides au logement. Mais c'est surtout la hausse des prix des carburants à l'automne qui a cristallisé le mécontentement.

Cette hausse, liée à la flambée des prix du pétrole et dans une moindre mesure au durcissement de la taxe carbone, "a servi de déclencheur", observe Alexandre Mirlicourtois, économiste chez Xerfi. "Ca a fait déborder une colère qui couvait depuis longtemps."

- "impatience" -

Sur le papier, ce mouvement d'humeur peut sembler surprenant.

Le sentiment de déclassement ou d'ascension sociale en France ( AFP / Thomas SAINT-CRICQ )

Selon l'Insee, le pouvoir d'achat a en effet augmenté de 1,3% en 2017, et devrait progresser sur le même rythme cette année. En 2019, il devrait même accélérer (+1,7%), à la faveur des baisses d'impôts prévues par le gouvernement.

Et d'après une étude publiée fin octobre par l'institut GfK, la France fait partie des pays les mieux lotis en terme de pouvoir d'achat: en 2018, ce dernier s'élevait à 20.038 euros par habitant dans l'Hexagone, contre 14.292 euros en moyenne dans l'Union européenne.

"On ne peut cependant pas comprendre le mouvement" des gilets jaunes "si l'on ne regarde pas les chiffres dans le détail et sur le long terme", prévient Mathieu Plane, chercheur à l'OFCE.

D'après cet observatoire économique, les ménages ont en effet perdu 440 euros de revenu disponible entre 2008 et 2016, dans le sillage de la crise. Une situation qui explique sans doute "la forme d'impatience" constatée "depuis que la croissance a redémarré", avance M. Plane.

Les statistiques globales, en outre, ne rendent pas compte des réalités individuelles ou territoriales, foncièrement inégales. Selon GfK, le pouvoir d'achat moyen est ainsi deux fois supérieur à Boulogne-Billancourt (30.310 euros) qu'à Saint-Denis (14.696 euros).

"La crise des +gilets jaunes+ est une crise du pouvoir d'achat. Un pouvoir d'achat qui a diminué pour les Français les plus modestes", assure ainsi Julia Cagé, professeure à Sciences Po et auteure d'une tribune virulente sur le sujet cette semaine dans Le Monde.

Le calendrier fiscal du gouvernement, pour beaucoup, a contribué à ce déséquilibre. "Les mesures améliorant le pouvoir d'achat des plus aisés, comme la suppression de l'ISF, ont été mises en oeuvre en début d'année", rappelle Mathieu Plane.

Les mesures favorables aux classes moyennes, comme la baisse de la taxe d'habitation, sont intervenues pour leur part à l'automne. "Ce sont de fortes baisses d'impôts, mais arrivées tardivement. Le rééquilibrage n'interviendra vraiment qu'en 2019", relève l'économiste.

De quoi alimenter un sentiment d'injustice chez les classes populaires, par ailleurs les plus exposées aux "dépenses contraintes" -- c'est-à-dire les dépenses fixes ou pré-engagées, comme les loyers ou les factures d'électricité.

D'après l'Insee, ces dernières ont été multipliées par 2,5 depuis les années 1960 et pèsent désormais pour près de 30% du budget. "Mais pour les classes modestes, c'est parfois 80% des revenus", souligne Alexandre Mirlicourtois. Qui estime que le pouvoir d'achat "n'est pas seulement une question de ressenti".

9 commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement

  • janaliz
    07 décembre16:07

    Je n'ose croire que l'insee pense que nous avons gagné du pouvoir d'achat... C'est un peu comme l'inflation... Il n'y en a presque pas, sauf que lorsque je compare mes notes de supermarché c'est l'incendie... je ne parle même pas de l'eau, de l'edf et des prix à la pompe...

    Signaler un abus

  • g.joly1
    07 décembre15:39

    "Il faut évidemment qu'on trouve maintenant des nouvelles solutions pour répondre aux besoins du quotidien des gens qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois " (Elisabeth Borne). c'est simple : augmenter le SMIC; les salaires, les retraites et les minimas sociaux et au passage rétablir l'ISF. Si le gouvernement fait cela le mouvement des gilets s'arrête dans l'heure.

    Signaler un abus

  • remimar3
    07 décembre10:32

    Les prix de l'immobilier ont flambé après 2000 (plus de 10% par an pendant plusieurs années). A l'époque J. Chirac avait une opportunité de courber cette ascension qui allait grever le pouvoir d'achat des français. Il n'a rien fait et les suivants non plus. Après des années d'errements nous sommes arrivés au bout de cette politique de courte vue et de clientélisme.

    Signaler un abus

  • michevey
    07 décembre10:01

    Quelles que soient les mesures accordées aux salariés, les retraités seront toujours les grands perdants du pouvoir d'achat... !Notre président n'aime pas les retraités.... et la seule retraitée qu'il supporte c'est sa femme...!

    Signaler un abus

  • vazi
    07 décembre09:30

    le problème principal peut tout régler encore faut il s'y atteler, ce ne sont pas toute les taxe qui nous ruine, mais bien un prix de l'immobilier trop élevé que ce soit en acquisition ou en locatif. Faites baisser les prix au niveau de l'Allemagne et tout se passera mieux, pour nous comme pour les compte de l'état qui verse plus de 40 milliards d'aides au logement

    Signaler un abus

Voir plus de commentaires

Signaler le commentaire

Fermer

Les Risques en Bourse

Fermer