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Crowdfunding: la finance participative est-elle faite pour vous ?

Le Figaro13/11/2014 à 06:01

La finance participative est en plein essor. Les épargnants peuvent financer des PME en investissant dans leur capital ou en leur prêtant des fonds. Tout ce qu'il faut savoir sur cette nouvelle forme de capital-risque.

La finance participative est en plein essor en France et il est tentant de diversifier ainsi une partie de son patrimoine. Le crowdfunding utilise en effet internet pour mettre en relation des porteurs de projet et des particuliers. Mais est-il adapté à une gestion «de bon père de famille»? À qui s'adresse-t-il vraiment? «Le crowdfunding permet de réaliser un investissement de conviction», souligne Natalie Lemaire, directrice des relations avec les épargnants à l'Autorité des marchés financiers (AMF). Les formules d'investissement s'apparentent à du capital-risque. Mais elles offrent plus de liberté et de transparence à l'investisseur, qui choisit lui-même les projets qu'il finance.Le secteur vient d'être régulé.

Depuis le 1er octobre, les particuliers peuvent épargner en prêtant de l'argent à de petites entreprises ou à des particuliers cherchant à financer un projet professionnel (professions libérales, artisans, commerçants…).En échange, ceux-ci leur versent une rémunération. Cette activité était jusqu'ici réservée aux banques. Cinq plates-formes de prêts aux entreprises viennent d'obtenir l'agrément de l'Orias, le registre des intermédiaires en assurance et banque: Pretgo.fr, Credit.fr, Lendopolis, Givemedolz et Pretpme.fr. «Une dizaine de nouvelles plates-formes devraient obtenir d'ici peu leur agrément», précise Grégoire Dupont, secrétaire général de l'Orias. La plupart de ces plates-formes n'ont pas encore lancé leurs activités. Seul Unilend organise des prêts aux PME depuis près d'un an. «Nous permettons aux entreprises d'émettre des bons de caisse, ce qui nous permet d'opérer indépendamment de l'entrée en vigueur de la loi», explique Nicolas Lesur, fondateur d'Unilend. En un peu plus de dix mois d'existence, la plate-forme a prêté 5 millions d'euros à une soixantaine de PME. «Nous sélectionnons rigoureusement les sociétés, qui doivent avoir au moins trois exercices. Nous les soumettons ensuite aux prêteurs. Ces derniers décident des taux d'intérêt (entre 4 et 10 %) accordés à l'entreprise», poursuit Nicolas Lesur. Les épargnants bénéficient en moyenne d'un rendement de 9 % par an. De son côté, Lendopolis promet un rendement de 4 à 10 % par an (pour des investissements de 2 à 5 ans). Des rémunérations qui paraissent élevées, mais qui sont à la hauteur des risques pris. «Si l'emprunteur fait défaut et ne rembourse pas son prêt, l'épargnant perdra l'intégralité de son capital», rappelle Grégoire Dupont. Des garde-fous ont été prévus pour protéger les épargnants. Ces derniers peuvent au plus prêter 1000 €/projet. Les opérateurs de plate-forme conseillent de diversifier les risques en prêtant à plusieurs sociétés. Comment sélectionner les plates-formes? «Le prêteur doit s'assurer qu'elles respectent la nouvelle réglementation, en vérifiant notamment qu'elles sont bien enregistrées aux registres de l'Orias. Celles qui le sont doivent notamment mettre en évidence cette information», explique Charles Banaste à l'ACPR, l'autorité chargée du contrôle des banques et de l'assurance.

Des investisseurs avisés

D'autres plates-formes, avec des statuts différents, proposent également des prêts. C'est le cas par exemple de Prêt d'Union, qui a un agrément bancaire et qui est leader du prêt entre particuliers (avec un rendement compris entre 4,4 et 7,4 % par an). La plate-forme Spear finance, elle, des projets à «fort impact social, environnemental ou culturel». Cette coopérative collecte les fonds des particuliers et les confie à une banque partenaire, qui fait le prêt et supporte donc le risque. «En cas de défaillance de l'entreprise, l'épargnant pourra quand même récupérer son argent», explique Nicolas Dabbaghian, cofondateur de Spear. La plate-forme a noué un partenariat avec la Société générale. L'an dernier, le placement a rapporté 1,25 % aux épargnants ayant acquis des parts sociales de la coopérative.

De plus en plus d'investisseurs avisés entrent au capital de petites entreprises et se laissent aussi séduire par le «crowdequity». Depuis le 1er octobre, les plates-formes dédiées disposent d'un statut de conseiller en investissement participatif (CIP) et elles peuvent lever jusqu'à 1 million d'euros sans avoir à obtenir l'accord de l'AMF. Pour cela, ces sites doivent eux aussi être enregistrés auprès de l'Orias. Quatre ont l'agrément: Anaxago,Lumo, Sowefund et Wiseed. Mais les nouveaux entrants affluent. «Quinze à vingt plates-formes seront agréées dans les deux à trois prochains mois», précise Grégoire Dupont. Comment alors choisir une plate-forme? Les particuliers prêts à participer au développement de jeunes pousses qu'ils auront sélectionnées doivent tout d'abord s'assurer que ces sites respectent bien les nouvelles règles. Mieux vaut aussi se pencher avec attention sur le mode de sélection des PME à financer. La plupart des plates-formes disposent de comités de sélection. Bon nombre d'entre elles aident ensuite les entrepreneurs à mettre en place leur plan de développement, rédigent les pactes d'actionnaires ou encore, parfois, calculent la valorisation de l'entreprise.

Le montage est assez complexe

«Nous recevons entre 80 et 120 demandes de financement par mois, mais nous n'en retenons que moins de 3 %», explique Joachim Dupont, chez Anaxago, l'une des principales plates-formes. Celle-ci a financé 25 sociétés et levé près de 9 millions d'euros en moins de deux ans. Le site compte environ 1300 actionnaires actifs investissant en moyenne 8000 €/projet. La société finance aussi des opérations de promotion immobilière. Le montage est assez complexe. «Dans ce cas, le particulier investit dans une holding qui investit elle-même dans une société civile de construction vente pour un à trois ans», explique Joachim Dupont.

L'objectif? Une plus-value de 6 à 12 %.

Faute de recul, impossible d'évaluer la rentabilité d'un investissement dans le «crowdequity». Quelques start-up deviendront certainement des pépites. Mais d'autres disparaîtront. «Avant d'investir, le particulier doit être conscient qu'il prend le risque de perdre son capital et qu'il aura aussi des difficultés à revendre ses parts, car il n'existe pas de marché secondaire organisé», explique Natalie Lemaire. Les épargnants qui conserveront leurs actions plus de cinq ans pourront déduire de leur impôt sur le revenu 18 % des montants investis dans des PME. Ceux qui sont assujettis à l'ISF pourront déduire de leur impôt la moitié des sommes investies, dans la limite de 45.000 €.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

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