Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
  1. Aide
    1. Espace Client
  1. Aide
    1. Espace Client

Crédit immobilier: plus de 200.000 ménages exclus du marché d’ici 2021
information fournie par Le Figaro24/04/2020 à 06:00

Ce serait désormais 220.000 emprunteurs qui ne pourraient plus avoir accès à la propriété d’ici 2021, faute de financement (Crédits photo : Adobe Stock -  )

Ce serait désormais 220.000 emprunteurs qui ne pourraient plus avoir accès à la propriété d’ici 2021, faute de financement (Crédits photo : Adobe Stock - )

La crise va amplifier le nombre de ménages déjà privés d'accession à la propriété par le resserrement du crédit opéré depuis le début de l'année.

Souvenez-vous: en fin d'année dernière, les autorités financières resserraient l'accès au crédit immobilier. Ce sont plus de 100.000 ménages qui devraient en pâtir d'ici 2021, avait alors annoncé l'économiste Michel Mouillart. Avec le confinement, ce spécialiste de l'immobilier a été forcé de refaire ses calculs.

Ce serait désormais 220.000 emprunteurs qui ne pourraient plus avoir accès à la propriété d'ici 2021, faute de financement, selon le président de l'Observatoire des crédits aux ménages. «Ce sont l'ensemble des ménages qui seront impactés même si les plus touchés seront ceux qui vivent dans les zones rurales et les villes moyennes», détaille le président de l'Observatoire des crédits aux ménages.

De quoi accroître encore un peu plus le fossé entre les grandes métropoles et le reste de la France mais aussi entre les différentes classes de populations. Interrogé sur ce risque par Le Figaro , le ministre chargé du logement promet si besoin de «soutenir les futurs acquéreurs». «Je travaille actuellement avec tous les acteurs de l'immobilier et du bâtiment pour trouver les meilleures solutions», a confié Julien Denormandie.

À en croire Michel Mouillart, le nombre des accédants devrait ainsi passer de 900.000 en 2019 (hors investissements locatifs) à 680.000 en 2021. Soit un recul de plus de 24%. Pour obtenir cette baisse de 220.000, l'économiste a pris l'hypothèse d'un recul de 6% du PIB cette année - le gouvernement anticipe une diminution de 8%. Une chute qui équivaudrait à une dégringolade de la production de crédits de 70 milliards d'euros d'ici 2021. Ce qui correspond, selon lui, à une baisse du nombre d'accédants de 220.000.

Pas de baisse des prix à attendre

Les trois-quarts de ces ménages sont des primo-accédants qui ont bénéficié ces dernières années des taux de crédit exceptionnellement bas pour s'endetter. Ce qui a permis au marché immobilier d'enchaîner des records de ventes année après année. «Si la primo-accession se bloque, c'est toute la chaîne de mobilité résidentielle qui se bloque. Cette crise va renforcer l'engorgement du parc social et la baisse de mobilité du parc privé», souligne Michel Mouillart. Ce qui lui fait craindre que cette crise sera «d'une ampleur au moins égale à celle de 2008. J'appelle la Banque de France à abandonner dès maintenant ses recommandations de 2019 restreignant l'accès au crédit immobilier

Un scénario catastrophe que, pour l'heure, aucun expert n'ose envisager et qui ne présage rien de bon quant à une reprise rapide du marché immobilier. Ainsi, les notaires s'attendent-ils, pour l'heure, à un redémarrage au mieux fin 2020 ou au début de l'année prochaine. De ce «tableau noir», au moins pourrait-on sans doute en retirer un élément positif: qui dit chute de la demande, dit baisse des prix? «Absolument pas. La demande baissera certes mais la structure du marché sera modifiée au profit des acquéreurs plus aisés. Ce qui devrait au pire maintenir les prix à des niveaux élevés (voir ci-dessous)», rétorque Michel Mouillart.

0 commentaire

Annonces immobilières