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Comment gérer son patrimoine pour la génération d'après

Le Figaro15/11/2014 à 06:00

Certaines familles gèrent une partie de leur patrimoine à très long terme - 30, 40 ans... - pour le transmettre aux enfants. Quelle stratégie d'investissement doivent-elles retenir ?

C'est une anecdote que les financiers aiment raconter… Celle de l'académie Goncourt, qui avait investi en obligations et fut rapidement quasiment ruinée tandis que la fondation Nobel, qui avait plus largement fait le pari des actions, peut encore aujourd'hui se montrer très généreuse avec ses lauréats. Comme ces institutions, certaines familles gèrent une partie de leur patrimoine à très long terme. Elles n'ont pas besoin d'en tirer des revenus ni d'y puiser pour vivre. Leur principal objectif est de le transmettre le mieux possible aux générations à venir, sans laisser l'inflation ou la fiscalité l'entamer. Comment investir pour y parvenir?«Certains clients nous demandent de tout placer en actions», explique Wilfrid Galand, responsable du conseil en investissements de la banque Neuflize OBC. Ils ne croient plus au potentiel des marchés obligataires, où les taux d'intérêt sont à des niveaux historiquement faibles. Et la forte volatilité des marchés boursiers ne les effraie pas.

Gagneront-ils plus au final que ceux qui ont opté pour une stratégie plus prudente? «Cela dépend pour beaucoup du moment où ils sont entrés sur les marchés», estime Wilfrid Galand. «En 2011, selon que vous décidiez d'acheter des actions en juin ou en septembre, le prix de revient de votre portefeuille variait déjà de 25 %», rappelle-t-il. Le souci? Aujourd'hui, la Bourse est correctement valorisée, voire même déjà un peu chère. Surtout, les à-coups se sont multipliés sur les marchés depuis quinze ans et ils sont de plus en plus violents. Investir sans gérer ces turbulences est devenu plus risqué qu'autrefois.

Sur les marchés, les prédictions à long terme sont difficiles à faire

«Les actions devraient être la classe d'actifs gagnante au cours des prochaines décennies. Mais il faut néanmoins garder des liquidités ou des placements alternatifs, ne serait-ce que pour pouvoir réinvestir dans les creux de marché. Et surtout, le portefeuille ne doit pas se limiter à l'Europe. Il doit être largement tourné vers l'international, sur les Etats-Unis et les marchés émergents, où la croissance économique est plus forte», précise Marie Saltiel, gérant associé chez Amplégest, qui prône aussi une gestion active tantôt sur les petites valeurs, tantôt sur des fonds spécialisés sur les entreprises à forte croissance ou au contraire sur les titres décotés par les marchés.

«Il faut diversifier le plus possible», renchérit Nicolas Duban, directeur général de Convictions AM. Car sur les marchés, les prédictions sont difficiles à faire. «Il y a quinze ans, personne n'imaginait que les obligations seraient la meilleure classe d'actifs et battraient les actions», souligne-t-il. Chez Neuflize OBC, pour ne pas mettre en risque le capital, même sur un horizon de placement très long, les actions ne représentent jamais plus de 60 % du portefeuille. Aujourd'hui, compte tenu du scénario économique de la banque, leur poids est plus modeste encore, entre 30 et 40 %, le reste étant placé en obligations ou en liquidités.

Les particuliers peuvent bénéficier de ces diversifications clé en mains en souscrivant des fonds patrimoniaux (baptisés aussi fonds d'allocation d'actifs). «C'est ce que nous faisons pour certains clients. Ces fonds ont souvent des moteurs de performances différents. Il est donc intéressant de les combiner entre eux», suggère Hugues Riant, responsable gestion privée chez Convictions AM. Ces fonds ont un autre atout: ils sont faciles à souscrire dans l'assurance-vie ou les contrats de capitalisation, deux enveloppes fiscales incontournables pour les familles qui gèrent leur capital à très long terme, pour le laisser aux générations suivantes. Avec l'assurance-vie, la fiscalité en cas de retrait et de transmission est allégée. Les contrats de capitalisation, eux, ont un avantage au regard de l'ISF, puisque seul le montant des sommes versées est pris en compte dans le calcul de l'impôt (sans les intérêts et les plus-values).

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Les Risques en Bourse

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