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Comment expliquer la faible appétence des épargnants pour les investissements boursiers?
Partenaire17/04/2019 à 09:40

Les Français souffrent d'un manque de culture financière et son réticents à prendre du risque

Toutes les enquêtes menées auprès des épargnants sont édifiantes. Ceux-ci ont un très faible niveau de culture financière. Il faut admettre qu'il est fréquent de traverser une scolarité complète sans avoir suivi un cours de finance. Dans l'enseignement secondaire, le décryptage de l'environnement économique et financier ne fait pas partie du socle des savoirs fondamentaux. Dans l'enseignement supérieur, les professionnels de santé, du droit, des ressources humaines, du marketing, du commerce, de la logistique, les scientifiques, les littéraires, en bref quasiment tous ceux qui ne s'orientent pas vers les métiers de la finance n'ont, à de rares exceptions près, pas reçu de formation économique et financière.

Dans ce contexte, il n'est donc pas surprenant, en matière d'investissement, d'accorder une confiance parfois aveugle aux chantres de la défiscalisation et à considérer les actifs tangibles comme étant les plus prometteurs.

Une culture financière insuffisante

A la question « Imaginez que vous déposez 1 000 euros sur un compte rémunéré à 2% d'intérêts par an. Au bout d'un an, quelle somme sera présente sur votre compte, après le versement des intérêts ? », près d'un quart des sondés ne fournit pas la bonne réponse, 1 020 euros. La projection dans le futur de flux financiers, le principe de capitalisation, est assez souvent mal maîtrisée, ce qui génère une préférence exacerbée dans le présent. « Un tien vaut mieux que deux tu l'auras », une citation de Jean de la Fontaine se transforme alors en principe d'investissement.

Pire, les caractéristiques des produits financiers et les déterminants de leurs prix sont ignorés par la quasi-totalité des épargnants. Dans ce contexte, la parole des proches ayant eu une expérience d'investissement, heureuse ou malheureuse, et celle des conseillers financiers, pas toujours complètement objective, s'avèrent être importantes dans la prise de décision. Il reste cependant à franchir l'étape décisive du saut de l'inconnu, à se préparer à suivre quotidiennement les fluctuations mystérieuses des cotations, à subir une source de stress non souhaitée. L'épargnant réclame alors une performance excessivement élevée car il n'est pas en mesure d'évaluer le risque réel de son placement. Une étude internationale réalisée par la société Schroders en 2016 indique que les investissements particuliers espèrent une performance de leurs placements supérieur à 9% pour un horizon d'épargne de 3 ans ! Pourtant, les livrets et fonds euros, supports préférés des Français, affichent des rendements bien inférieurs, respectivement à 1% et 2% dans un contexte d'inflation et de taux d'intérêt excessivement bas.

Moins d'un français sur trois considère qu'il a les connaissances suffisantes pour lire la presse financière. Selon les journalistes interrogés par le Comité Consultatif du Secteur Financier, la désaffection du public à l'égard des sujets financiers repose trop souvent sur des initiatives individuelles qui s'avèrent être très hétérogènes en termes de contenu. La diffusion de la culture financière se heurte également à des a priori spécifiques pour la France. Aussi n'est-il pas rare que des interventions pédagogiques de professionnels de la finance en milieu scolaire soient accompagnées de réactions hostiles.

Des produits boursiers quasiment absents du patrimoine des ménages

Selon une enquête réalisée par l'IFOP et à la demande du Centre d'Etudes et de Connaissances sur l'Opinion Publiques - Les Français, l'épargne et la retraite (2017) -, le bien immobilier locatif est de loin le placement jugé par les français le plus rentable. Les actions apparaissent aussi performantes aux yeux des sondés que les fonds en euros des contrats d'assurance-vie (dont le capital est garanti) tandis que les obligations émises par les entreprises seraient moins rémunératrices que le livret A. A la lumière de ces résultats, il n'est donc pas surprenant de constater que l'épargnant français ne se sent pas maître de son avenir financier (69% des Français le déclarent contre 58% des voisins européens) et que la proportion de ses économies investies en actions est l'une des plus faibles au monde (BlackRock, Global Investor Pulse, 2015).

Les ménages français disposent d'un patrimoine brut composé schématiquement pour 60% de biens fonciers (terrains et construction) sur lesquels ils sont endettés à hauteur de 15% d'après le rapport Le Patrimoine Economique National publié par l'Insee en 2016. Les 40% restants sont investis, selon la Banque de France dans Epargne et Patrimoine des Ménages (2017), aux deux-tiers dans des actifs non risqués (compte-courant, livrets, plans d'épargne, fonds en euros d'assurance-vie, etc.). Le tiers restant intègre principalement des fonds en unité de compte d'assurance-vie dans lesquels la part des actifs non risqués est variable, des actions non cotées avec essentiellement de l'actionnariat salarié mais aussi des actions ou obligations cotées détenues en direct ou via un support de gestion collective (SICAV, FCP, etc.).

Selon la Lettre de l'Observatoire de l'Epargne de l'AMF publiée en juin 2016, seul un français sur dix détiendrait un produit boursier (en direct ou via un support collectif) contre près d'un sur cinq en 2008. Si la faible tolérance des Français au risque est l'argument le plus généralement avancé pour expliquer cette tendance, nous verrons dans un prochain article que la vision du risque excessivement limitée des investisseurs particuliers (journées noires ou krachs que connaissent périodiquement les marchés boursiers) peut-être tout autant mise en cause.

Par Sandy Campart, enseignant-chercheur, membre d'un laboratoire de recherche CNRS (CREM), directeur de l'IUP Banque Finance Assurance de Caen (IAE Caen) et auteur du live "Et si on osait investir en Bourse" (publié en 2018 aux éditions EMS).

26 commentaires

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  • M8614773
    24 avril15:39

    le dividende est généralement absorbé par la hausse qui suit le détachement,de plus sur PEA je n'ai pas de fiscalité. frk987 ,la bourse se charge seule des arrogants qui savent tout et les remets très vite a leur place,face a leurs résultats !

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