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Ces 211.000 «ultrariches» qui détiennent 13% de la richesse mondiale

Le Figaro21/11/2014 à 16:50

INFOGRAPHIE - Le club des extrêmement fortunés a accueilli quelque 12.000 nouveaux membres cette année, soit une hausse de 6%, selon un rapport d'UBS et de Wealth-X. En France, 4750 personnes se partagent une fortune de près de 455 milliards d'euros.

Tout comme celle des plus pauvres, la population des «ultrariches» ne cesse d'augmenter. Le club très fermé des individus extrêmement fortunés - en l'occurence de ceux ayant un patrimoine égal ou supérieur à 30 millions de dollars (24,10 millions d'euros) - a accueilli 12.040 nouveaux membres cette année, selon le rapport World Ultra Wealth Report 2014 publié par la banque suisse UBS et l'agence de conseil Wealth-X. Résultat, cette population a atteint un effectif record de 211.275 personnes, en hausse de 6% par rapport à 2013. Leur fortune totale, elle, a grimpé de 7% pour atteindre 29.725 milliards de dollars (23.906 milliards d'euros), soit 13% de la richesse mondiale... et près de deux fois le PIB des États-Unis. Les ultrariches ne représentent pourtant que 0,004% de la population mondiale.

L'Amérique du Nord abrite le plus gros contingent d'ultrariches, avec 74.865 personnes (+6,2%) - dont 69.560 pour les seuls États-Unis -, suivie par l'Europe (61.820 personnes, +6,5%) et l'Asie (46.635 personnes, +4,8%). «L'an dernier, de nombreux conflits et tensions socio-politiques ont éclaté - notamment les mouvements de protestation répétés en Égypte, Syrie, au Venezuela et en Thailande - tout comme l'épidémie Ebola en Afrique de l'Ouest. Plusieurs grosses fortunes de ces régions troublées ont décidé de se relocaliser dans des régions considérées plus sûres, ou d'augmenter leurs avoirs à l'étranger», précise le rapport. Pour la deuxième année consécutive, c'est au Moyen-Orient que le nombre d'ultrariches a le plus augmenté (+12,7%), suivi de l'Afrique (+8,3%). D'après les auteurs, ce club comptera 250.000 personnes dans le monde d'ici à cinq ans.

La France, au quatrième rang européen, compte 4750 de ces grosses fortunes (+5,8%) qui se partagent 565 milliards de dollars (454,19 Mds€), un pactole en hausse de 7,6%. Selon le classement Bloomberg, Liliane Bettancourt était la Française la plus riche l'an dernier, avec une fortune de 34,1 milliards d'euros, devant Bernard Arnault, PDG de LVMH (32,1 Mds€) et François Pinault (17,2 Mds€). La majorité des riches Français résident à Paris (3345 personnes). En Europe, la capitale française est devancée de loin par Londres, qui compte 6815 ultrariches. Zurich vient en troisième position, avec 2055 fortunés.

Des hommes de 59 ans sortis de Harvard

Qui sont ces ultrariches? Au niveau mondial, ce sont des hommes à une écrasante majorité (87%), dont l'âge moyen est de 59 ans et dont la fortune vient en majeure partie d'une activité professionnelle (68%) plutôt que d'un héritage (13%). Ils travaillent principalement dans la finance (23,6%), devant l'immobilier (7,4%) et les conglomérats industriels (6,7%). À l'inverse, le peu de femmes ayant rejoint ce palmarès (13%) ont plutôt hérité de leur fortune (48%) ou l'ont amassée en travaillant (34%). Elles évoluent dans le social et le caritatif (19,1%), devant la finance (13,3%) et le textile/luxe (6,7%). Ces riches entrepreneurs ou héritiers ont en général étudié dans l'une des prestigieuses universités américaines - Harvard en tête - qui trustent le top 10 des établissements fréquentés par les ultrariches.

L'horizon de ces «happy fews» n'est pas sans nuage. Plus d'un tiers de leur fortune totale est investie dans des entreprises privées, surtout dans le secteur de la banque, finance et investissement. Selon Simon Smiles, responsable de l'investissement à la division grands comptes d'UBS, «la concentration de la richesse est l'un des plus grands risques qui pèsent sur ces ultrariches». Il prévient: «La macroéconomie, des questions spécifiques telles que des changements technologiques ou la concurrence, des évolutions de la régulation ou la géopolitique peuvent avoir un impact négatif sur les perspectives de secteurs autrefois prospères.»

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