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Assurance-vie : comment les assureurs gèrent l'épargne

Le Figaro27/01/2012 à 11:42
Les compagnies d'assurances veillent à offrir au placement préféré des Français une rentabilité et une liquidité suffisantes pour lui faire traverser sans trop d'encombre une période délicate.

L'assurance-vie, une épargne investie à long terme, surtout en emprunts d'État français? Ce qui fut vrai autrefois ne l'est plus aujourd'hui. Les assureurs ont depuis longtemps compris qu'ils ne pourraient pas offrir des rendements attrayants à leurs clients s'ils continuaient à investir dans des obligations d'État trop peu rémunératrices. Aujourd'hui, beaucoup n'y consacrent que 30 % environ des investissements. Sans privilégier forcément la France. Le fonds en euros de l'Afer, par exemple, compte 7 % d'obligations d'État italiennes. Les emprunts d'État grecs représentent en revanche moins de 1 % des actifs des assureurs, selon la FFSA.

Au final, les compagnies d'assurances détiennent quand même 16 % de la dette française. Un chiffre qui s'est sans doute un peu arrondi fin 2011 quand un intérêt ­financier bien calculé les a incitées à se délester de leurs emprunts d'État allemands, qui s'étaient beaucoup appréciés, pour renforcer dans leurs portefeuilles les titres français, plus rentables.

Un portefeuille à cinq ans

Les assureurs sont aussi des investisseurs prudents. Ils savent que de nombreux souscripteurs ont ouvert leurs contrats depuis plus de huit ans. Ils sont donc libres d'en retirer leur épargne avec une fiscalité optimale, quand bon leur semble. Or, il est risqué d'investir à long terme lorsqu'on s'est engagé à rembourser des capitaux à brève échéance si nécessaire. Ces dernières années, les compagnies d'assurances ont donc sagement raccourci la durée de placement de leurs portefeuilles. Beaucoup, comme la GMF ou la MACSF, évoquent une durée moyenne d'investissement de cinq ans désormais. Pour améliorer la liquidité de leurs portefeuilles, elles ont aussi augmenté la part des placements monétaires (7 % des actifs en moyenne dans la profession). Objectif: être prêt à répondre aux retraits éventuels des clients et à saisir des opportunités d'investissement sur les marchés.

Pour convaincre les pouvoirs publics de préserver le statut fiscal de l'assurance-vie, la FFSA continue volontiers d'évoquer cette épargne «longue» si utile à l'économie française. En réalité, elle est investie à beaucoup plus court terme qu'on ne l'imagine.

D'autant que les assureurs se sont faits discrets en Bourse. Les professionnels de la finance se plaignent de l'absence sur les marchés de ces «mains longues», ces investisseurs de long terme aguerris qui ont le courage d'acheter en période troublée. La cause du mal? La future réglementation européenne, Solvabilité II, fait payer très cher en fonds propres les compagnies d'assurances qui auraient l'envie de miser sur les actions. Celles-ci ne représentent que 16% des actifs des assureurs.

Certes, 54% des investissements financent les entreprises, essentiellement via des obligations, insiste la FFSA. Mais pas seulement les sociétés françaises: les portefeuilles sont diversifiés à l'international. La Cour des comptes a donc eu beau jeu, voici quelques jours, de souligner que les investissements des assureurs ne sont pas forcément en phase avec «la volonté des pouvoirs publics de contribuer à financer les entreprises françaises». Car, aujourd'hui, les compagnies d'assurances veillent surtout à offrir au placement préféré des Français une rentabilité et une liquidité suffisantes pour lui faire traverser sans trop d'encombre une période délicate.

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