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Airbnb jouerait sa survie à New York

Le Figaro20/10/2016 à 17:11

Le gouverneur de l’État de New York prépare une loi infligeant une amende de 7500 dollars à ceux qui continuent de louer illégalement leur logement via Airbnb. Un nouveau coup dur pour le site.

Il n’y a pas qu’en France que la «nouvelle économie» fait face à des interdictions. Aux États-Unis, également, là où le libéralisme économique est pourtant roi. On connaissait les difficultés d’Uber à Las Vegas, c’est au tour d’Airbnb de «se battre pour sa survie» à New York, selon les termes employés par le Financial Times . À en croire le journal britannique, la plateforme de location et de réservation de logements de particuliers serait sous le coup d’une menace de disparition pure et simple dans la «Grosse Pomme».

Le gouverneur de New York Andrew Cuomo travaillerait sur un projet de loi qui infligerait une amende de 7500 dollars (6830 euros) aux hôtes qui proposeraient une location de court terme via Airbnb. Une mesure qui devrait être bien plus dissuasive que celle en vigueur jusque-là. Depuis 2010, il était illégal, à New York, de louer un appartement pour moins de 30 jours depuis 2010, sauf si le propriétaire y réside en même temps que ses hôtes ou si l’immeuble comporte moins de 3 appartements. Si la Ville a décidé de frapper fort, c’est qu’il semble que bon nombre de New Yorkais continuaient de le faire, au grand dam des professionnels de l’hôtellerie, mais également des particuliers qui ont constaté une envolée des loyers.

Une seule location par hôte

Pour calmer le jeu, Airbnb aurait prévu d’imposer une nouvelle règle à partir du 1er novembre, limitant à un le nombre de location pouvant être proposée par un hôte. La plateforme s’engage également à exclure les propriétaires ne respectant pas les règles et propose de créer un registre pour aider les autorités à traquer les fraudeurs. Selon Le New York Times, Airbnb compterait aussi mettre en place une hotline pour pouvoir dénoncer ses voisins. De plus, le groupe a affirmé mercredi qu’il souhait payer une taxe de séjour à New York. La ville pourrait y gagner 90 millions de dollars. En comparaison, la collecte de la taxe de séjour sur les locations Airbnb à Paris a rapporté 5,5 millions d’euros à la ville en un an.

Ces mesures ne semblent pas satisfaire la partie adverse. Linda Rosenthal, une élue new-yorkaise qui a co-écrit le projet de loi anti-AirBnb aurait affirmé que le compte n’y était pas. «Ceux qui transgressent la loi ne font pas la loi, le législateur, si, a-t-elle déclaré au Financial Times. Le plus hypocrite dans tout ça, c’est qu’Airbnb assure s’intéresser vraiement au New-Yorkais moyen qui cherche à joindre les deux bouts».

Par ailleurs, des élus de neuf villes américaines veulent contraindre à la transparence Airbnb et ses concurrents afin de lutter contre la flambée des loyers alimentée par les locations à court terme, selon une lettre commune publiée jeudi. Dans ce courrier, ces élus de la côte ouest (San Francisco, Portland, Seattle) et de New York accusent Airbnb et consorts de «fournir des données trompeuses» sur le nombre de locations commerciales ainsi que sur les revenus qu’elles génèrent. «Nous savons que les locations à court terme peuvent aggraver les pénuries de logements mais nous manquons souvent des données nécessaires pour s’attaquer à ce problème tout en encourageant l’innovation», indique David Campos, un des responsables de la mairie de San Francisco, cité dans un communiqué.

Les signataires de la lettre, qui comptent également plusieurs organisations de résidents, demandent à la Commission fédérale du commerce (FTC) d’intervenir afin que des données «fiables» soient disponibles et permettent de s’attaquer «à la crise qui touche les logements abordables».

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

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