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Abu Dhabi achète des immeubles parisiens

Le Figaro31/10/2013 à 07:00
INFO LE FIGARO - L'émirat versera environ 750 millions d'euros à UBS pour acquérir de beaux bâtiments à Paris et à Lyon.

Après le Qatar, c'est au tour d'Abu Dhabi d'acheter quelques beaux immeubles parisiens. Selon nos informations, le fonds souverain de cet émirat du Moyen-Orient, Adia (Abu Dhabi Investment Authority), va débourser près de 750 millions pour acquérir les actifs des Docks lyonnais, une société foncière appartenant à la banque suisse UBS. La signature est prévue mi-décembre.

Abu Dhabi deviendra notamment propriétaire d'un très bel immeuble de bureau à Paris, au 6-8 boulevard Haussmann dans le quartier de l'Opéra, et qui héberge la Banque publique d'investissement (BPI). Dans ce portefeuille, on trouve aussi le Capitole, un énorme bâtiment (65 000 m²) à Nanterre dont Alcatel, l'Agence régionale de santé ou le papetier Kimberly Clark sont locataires. Il y a également un parc d'activité à Antony. Et, enfin, des pieds d'immeubles à Lyon, dans le quartier chic Grolée, où sont installés des commerces.

Abu Dhabi n'en est pas à son coup d'essai sur le marché français de l'immobilier d'entreprise: fin 2012, l'émirat a acheté pour plus de 310 millions une vingtaine d'immeubles haussmanniens à Lyon, rue de la République, l'artère la plus commerçante de la ville. Dans la même période, il a aussi mis la main pour plus de 252 millions sur un immeuble de bureau boulevard Pasteur dans le XVe arrondissement parisien.

Mais le rachat des actifs des Docks lyonnais constitue une opération d'une tout autre ampleur: c'est tout simplement la plus grosse transaction en immobilier d'entreprise depuis le début de l'année. «Jusqu'ici, le record était détenu par le français Primonial qui a acquis pour 450 millions la tour Adria à la Défense auprès de l'espagnol Tesfran», illustre Magali Marton, directrice des études chez le cabinet de conseil en immobilier, DTZ.

Le grand coup qu'Adia s'apprête à frapper sur le marché français ne constitue pas une énorme surprise. Ce fonds qui gère environ 630 milliards de dollars d'actifs a besoin de diversifier ses placements, de ne pas tout investir en actions. Et les immeubles de bureaux parisiens et lyonnais bien situés assurent des rendements assez attractifs (entre 4 et 6 %) et sans grand risque.

De son côté, UBS cherchait à tout prix à vendre ces immeubles. «La banque suisse avait acheté Les Docks lyonnais, propriétaire de ses bâtiments, avec des fonds qui sont arrivés à échéance, explique un expert du secteur. Pour payer ses clients, UBS avait donc un besoin urgent de céder ses actifs.» Après avoir vainement essayé de vendre Les Docks lyonnais en 2010, UBS s'était laissé jusqu'à fin 2013 pour se séparer de cette structure ou de ses actifs. La banque suisse va donc arriver à ses fins même si financièrement elle ne fait pas une bonne affaire. «Elle cède ces immeubles beaucoup moins cher qu'elle ne les a achetés car les prix de l'immobilier sont moins élevés aujourd'hui qu'au milieu des années 2000, au moment où elle s'est constituée ce patrimoine, affirme une source proche du dossier. UBS va donc enregistrer une perte.»

Bataille devant la justice

Elle n'en aura pas terminé avec cette affaire car elle a toujours un différend avec Shaftesbury qui gérait pour elle les immeubles des Docks lyonnais. Pour mieux vendre ces actifs, UBS avait besoin de réduire le contrat de gestion confié à Shaftesbury qui courait sur quinze ans. Les deux parties sont tombées d'accord pour raccourcir à sept ans la durée de l'engagement afin qu'il se termine à la fin de l'année. En contrepartie, UBS s'engageait à verser à Shaftesbury 20 millions d'euros. Mais les relations se sont tendues car UBS a cassé le contrat unilatéralement.

Du coup, Shaftesbury est persuadé qu'il ne touchera rien. Et ce gestionnaire d'actifs immobiliers multiplie les procédures judiciaires contre la banque. Cette année, il a déjà déposé deux plaintes devant la justice pénale dont une pour abus de pouvoir. Il réclame aussi devant la justice civile 38 millions d'indemnités. UBS se souviendra longtemps de ses mésaventures dans l'immobilier français.

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