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55% des Français pensent que les complémentaires retraite feront faillite d'ici 5 ans

Boursorama17/02/2015 à 19:15

Les caisses de l'Agirc pourraient être vide d�s 2018 et les Français en sont conscients.

L'issue semble inévitable : on souligne régulièrement que l'Agirc et l'Arrco, qui sont les caisses de retraite complémentaire des cadres et des salariés, se dirigent vers de graves difficultés financières. Selon un sondage Odoxa, une majorité de salariés penseraient qu'une faillite du système surviendrait d'ici seulement 5 ans.

L'enquête montre que les Français sont bien conscients des alertes régulièrement émises sur la situation des caisses complémentaires, et notamment sur l'Agirc qui pourrait faire faillite dès 2018 (voir fin d'article pour quelques rappels).

Une majorité de Français entrevoit la faillite à court terme

Selon une enquête Odoxa pour FTI Consulting, Les Echos et Radio Classique publiée mardi 17 février, l'opinion française sur l'Agirc et l'Arrco serait sans appel. À la question « Pensez-vous que les régimes de retraite complémentaire Agirc-Arrco pourraient faire faillite dans les quatre ou cinq ans à venir ? », les réponses sont les suivantes :

- 45% : « Oui, probablement » ;

- 40% : « Non, probablement pas » ;

- 10% : « Oui, certainement » ;

- 4% : « Non, certainement pas » (1% ne se prononce pas).

Au total, ce sont donc 55% des Français qui pensent que les caisses complémentaires de retraite feront faillite à court terme.

Pas de solution acceptable

La situation est d'autant plus problématique qu'aucune solution n'est considérée comme envisageable par les contribuables. L'enquête proposait 4 solutions aux personnes sondées, ces dernières devant qualifier chaque proposition d'« acceptable » ou d'« inacceptable ». Résultat : toutes les solutions ont été jugées majoritairement inacceptables :

- Report de l'âge pour toucher sa complémentaire retraire : inacceptable pour 56% des sondés ;

- Augmentation des cotisations salariales : inacceptable à 64% ;

- Baisser les pensions des futurs retraités : inacceptable à 82% ;

- Baisser les pensions des actuels retraités : inacceptable à 85%.

La situation est ainsi inextricable : les Français s'accordent à dire que les complémentaires vont droit dans le mur, mais refusent de tourner le volant d'un côté ou de l'autre pour éviter la catastrophe.

L'enquête a été réalisée auprès d'un échantillon de 1013 personnes représentatives de la population française, interrogées par Internet les 12 et 13 février 2015.

Les caisses de l'Agirc pourraient être vides en 2018, voire avant

Pour rappel, cela fait plusieurs mois que tous les voyants sont au rouge pour les caisses de retraite complémentaire, en particulier pour l'Agirc (complémentaire des cadres).

En novembre dernier était publiée l'estimation selon laquelle les caisses de l'Agirc seraient vides d'ici 2018. En décembre, la Cour des comptes avait publié une estimation encore plus négative, estimant que « dès 2016, l'Agirc ne disposerait plus que de trois mois de cotisations dans ses caisses pour faire face aux versements de retraites ».

Pour éviter sa faillite pure et simple, le plan désormais souvent évoqué serait de fusionner l'Agirc avec l'Arrco, cette dernière étant la caisse de retraite complémentaire des salariés, dont la marge de manœuvre financière reste plus importante. Toutefois, l'opération n'améliorerait pas structurellement le problème : la fusion aurait pour seul but de retarder la faillite du système. Or, toujours selon la Cour des comptes, même en s'accordant sur une fusion (très contestée par ailleurs), la faillite de l'ensemble Agirc/Arrco surviendrait en 2023 (dans 8 ans) selon les prévisions des modèles financiers. À l'évidence, le problème est grave.

Problème démographique

L'origine du problème est bien évidemment démographique. Le vieillissement de la population entraîne un déplacement du curseur entre population active et population à la retraite, au point que les caisses sont devenues régulièrement déficitaires. Actuellement, 4 millions de cadres cotisent à l'Agirc pour 2,7 millions de retraités qui en bénéficient. Problème : les sommes moyennes touchées par les retraitées sont beaucoup plus élevées que la moyenne des cotisations versées, ce qui devrait amener l'Agirc à un déficit de 2 à 3 milliards d'euros en 2014 (les données ne sont pas encore publiées).

Or, l'accumulation de déficits peut être fatale pour les caisses de retraite. En effet, ces dernières ne peuvent pas emprunter d'argent pour subvenir à leurs besoins de trésorerie. Ainsi, si les caisses de l'Agirc se vident entièrement et qu'une fusion avec l'Arrco est interdite, l'organisme n'aura pas d'autre choix que d'opérer un retour à l'équilibre immédiat entre ses dépenses et ses recettes. Ce qui se traduirait en l'occurrence par un abaissement très significatif du complément de retraite accordé aux bénéficiaires.

Xavier Bargue

L'Agirc et l'Arrco sont lourdement déficitaires depuis 2010.

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