Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
Plus de 40 000 produits accessibles à 0€ de frais de courtage
Découvrir Boursomarkets
Retour au sujet ARTNET.COM AG O.N.

ARTNET.COM AG O.N. : que fait la concurrence ?

11 avr. 200822:19

L’explosion du modèle économique du leader mondial de l’information sur l’art pourrait intervenir dès cette année… Thierry Ehrmann, fondateur d’Artprice : "Nous avons la capacité d’emmener les 500 maisons de ventes françaises très loin dans le monde."

Le gouvernement pourrait agir très rapidement pour sauver le marché de l’art en France. Christine Albanel, ministre de la Culture, a déjà annoncé des premières mesures et elle pourrait valider la libéralisation du marché au cours des prochains mois. Une décision qui constituerait une opportunité formidable pour les maisons de ventes et pour Artprice… Dans l’entretien exclusif qu’il vient de nous accorder, le fondateur d’Artprice explique qu’il est prêt à opérer le basculement du jour au lendemain : Artprice présente actuellement les œuvres et les artistes, or Artprice est déjà prêt à les vendre ! En attendant, Artprice continue de progresser avec un chiffre d'affaires en hausse de 35% pour son quatrième trimestre 2007. Le spécialiste de l'information sur le marché de l'art indique avoir enregistré sur le dernier trimestre de l'exercice 2007 un chiffre d’affaires de 1,62 million d'euros, contre 1,2 million d'euros un an plus tôt. Pour l'ensemble de l'exercice 2007, le groupe de Thierry Ehrmann affiche un chiffre d'affaires de 5,35 millions d'euros, en progression de 24% par rapport aux 4,32 millions publiés au titre de l'exercice précédent. Artprice a présenté son expertise du marché de l'art dans le cadre de la mission lancée par Christine Albanel, ministre de la Culture. Le groupe explique avoir dû confirmer le déclin constant de la France, rétrogradée à la quatrième position du classement d'Artprice 2007 sur le marché de l'art : "De même, il ne reste plus qu'un artiste français dans le top 100 du classement international des artistes contemporains" déplore Thierry Ehrmann.

L’Hebdo-Bourseplus : D'abord, un mot pour rappeler ce qu'est Artprice. Vous êtes à l'origine de la plus grande base de données mondiale sur l'art !
Thierry Ehrmann :Exactement. C'est la plus grande banque de données mondiale, très loin devant toutes les autres banques de données. Nous gérons 1 800 000 biographies d'artistes et 115 millions d'œuvres d'art. Avec les catalogues, nous sommes le plus grand fonds documentaire que tout le monde peut consulter en ligne. Cela n'a jamais été fait et nous retraçons donc toute l'histoire de l'art.

La quasi-totalité des professionnels sont donc branchés sur Artprice ?
Nous gérons 6 300 journaux et 95% des professionnels de l'art dans le monde. C'est un long travail qui nous a permis de normaliser l'histoire de l'art.

Vous venez de publier votre nouveau rapport sur le marché de l'art, qui a été publié dans le monde entier…
Notre rapport est publié dans 13 langues différentes et le site Artprice est accessible en 7 langues. Le marché de l'art explose par le nombre d'acteurs. On assiste à un véritable changement sociologique, puisque l'on passe de 500 000 grands collectionneurs de l'après-guerre à près de 50 millions de ceux que l’on appelle les "art consumers", c'est-à-dire des gens qui estiment que l'art est entré dans la sphère marchande. C'est une nouvelle sociologie d’acheteurs, qui ont en moyenne 35 ans.

Vous estimez que l'art demeure un investissement solide, tandis que l'on s'interroge sur le sort des valeurs traditionnelles...
Effectivement, nous vivons une crise interbancaire très grave, qui est bien plus grave qu'une crise boursière. Or, on s'aperçoit que le marché de l'art se porte relativement bien, parce que c'est un marché mondial, qui existe depuis la nuit des temps. Aujourd'hui, la masse critique d'acheteurs nous permet d'avoir une très bonne tenue du marché, même dans des périodes de tempête.

Votre rapport indique aussi que la France perd des parts de marché inquiétantes…
La France est littéralement broyée ! D'abord, nous sommes broyés par la Chine. Nous sommes sortis du podium des trois premiers. Pire encore, si l'on prend l'art contemporain et moderne, qui est aujourd'hui l'histoire du marché de l'art, nous sommes la lanterne rouge de l'Europe et de l'Amérique du Nord : autrement dit, la France n'a plus du tout sa part dans le marché de l’art actuel... En dehors de la photographie primitive, de la peinture du XIXème et des arts déco, nous sommes totalement éjectés du train des vainqueurs...

Comment analysez-vous cette évolution ?
Cela relève d’un masochisme extraordinaire, notamment de notre incapacité à voir que le marché de l'art est mondial, non pas depuis 10 ou 20 ans, mais depuis la nuit des temps… Les maisons de ventes sont épuisées, avec des syndicats qui n'ont pas forcément compris la réforme des ventes du 10 juillet 2000. Ce n'est pas pour rien que la directive européenne nous demande immédiatement de libéraliser le marché. Nous n'avons absolument pas cette vision mondiale : le marché de l'art s'achète à New York, à Londres, à Stockholm ou à Berlin… C'est un marché qui est purement mondial et qui n'est pas que l'apanage de certains.

Que pensez-vous des mesures récemment annoncées par Christine Albanel ?
Christine Albanel a admis que la directive européenne pour la transparence du marché de l'art, notamment la directive Bolkestein (la fameuse directive sur les services), devait s'appliquer de plein droit et très vite en France. Il faut sauver les maisons de ventes, qui vont très mal et qui sont littéralement broyées par Internet. Une maison de ventes sur deux, ce que l'on appelait auparavant les commissaires-priseurs, vit mal en France et nous avons donc un marché atrophié qu'il est nécessaire de libéraliser. Il faut apporter toute l'oxygène nécessaire que nos voisins européens possèdent.

Cela signifie-t-il qu’Artprice pourrait aussi devenir une maison de ventes ?
Nous avons été auditionnés par Christine Albanel et j'ai clairement expliqué que nous avons la capacité d’emmener les 500 maisons de ventes françaises très loin dans le monde. Nous avons un fichier comportant 1 300 000 clients qualifiés : or, aucune maison de ventes dans le monde n'arrive à 50% ! Si quelqu'un veut vendre un César, nous pouvons lui sortir les 63 000 personnes dans le monde qui collectionnent César et la typologie 73-77, par exemple.

Prenons un exemple plus banal : est-ce un peu comme si le catalogue de La Redoute ne pouvait être consulté qu’en ligne, sans possibilité d'acheter les produits, mais que cette évolution permette alors de le faire ?
Tout-à-fait. Nous avons même créé une sorte de code Sicovam derrière chaque artiste et un numéro de Siret derrière chaque œuvre !

Il est intéressant de noter que vos infrastructures informatiques sont prêtes à accompagner immédiatement ce basculement…
C'est exact. Nous pouvons basculer instantanément et nous sommes prêts à proposer cela à l'ensemble des maisons de ventes mondiales, dès l'adoption de la directive services et transparence. Être une plate-forme technique, c'est une chose, mais il faut surtout posséder ce qui constitue l'histoire de l'art depuis la nuit des temps : qui sont les clients et quelles sont les œuvres qu'ils achètent...

C'est finalement tout un symbole que le leader mondial, Artprice, soit basé en France…
C'est ce que nous avons dit à la ministre, Christine Albanel : "Vous avez la possibilité avec nous de reprendre très très vite la deuxième place mondiale !" La France pourrait passer de la quatrième à la deuxième place mondiale en l'espace de quelques mois, voire à la première place !

Que vous a-t-on répondu ?
On nous a répondu que la France veut se mettre en conformité avec Bruxelles et qu'elle doit le faire avant le 31 décembre 2009. Il est également écrit, notamment dans l’excellent rapport du sénateur Gaillard, qu'il est nécessaire de changer notre loi du 10 juillet 2000 et d'accepter que nos commissaires-priseurs s’adaptent au marché mondial une bonne fois pour toutes !

Le gouvernement hésite pourtant à communiquer sur de telles réformes et préfère médiatiser une mesure comme le prêt à taux zéro…
Certes, il communique sur le prêt à taux zéro mais, de source sûre, je peux vous assurer que la France se conformera à la directive européenne dès cette année.

Artprice évoluera donc instantanément ?
Oui, nous sommes prêts !

Les incertitudes sur la situation économique en France ont-elles une incidence sur notre marché de l'art ?
Il faut savoir que l'art est une valeur refuge. C'est quelque chose qui existe depuis la nuit des temps, c'est un marché mondial et, lorsqu'il y a des faiblesses sur un continent, l'autre continent reprend ces faiblesses… Aujourd'hui, nous sommes arrivés à une telle somme critique d'acheteurs dans le monde, qu’il y a une très bonne tenue du marché. Je répète depuis des années que l'immobilier est terriblement dangereux. Je pense que nous avons largement dépassé tous les caps. L'œuvre d'art, si elle est bien choisie, avec beaucoup d'informations, constitue un capital certain. Cela devient vraiment une valeur universelle. La masse globale des œuvres d'art échangées croit d'une manière exponentielle depuis ces 10 dernières années et le marché a quasiment été multiplié par 900%. Pour cela, il faut être bien informé. Les gens n'entrent pas aveuglément dans une galerie. Auparavant, je disais que ce marché était constitué de grands initiés et de victimes. Aujourd'hui, chaque personne peut entrer dans une galerie ou une maison de ventes avec une somme d'informations qui fait d'elle quelqu'un d'averti.

La cote d’Artprice peut-elle avoir une influence sur les artistes ? Assiste-t-on à un phénomène mécanique de surcote et d'intérêt lorsque l'artiste est bien coté ?
Oui, forcément, il y a un agrégat qui se fait. Nous sommes exactement comme dans la bourse : lorsque la cote progresse, la performance se multiplie. Sur Artprice, on peut évidemment suivre les ventes et les courbes en temps réel de chaque artiste. Il a fallu travailler sur des millions d'heures de travaux d'historiens. Par exemple, nous avons récemment mis en ligne le plus grand fonds documentaire : 290 000 catalogues du XVIIème siècle à nos jours. Nous avons eu l'accord de 42 pays signataires et nous sommes la première société au monde à avoir tous les droits à l'image avec la capacité de reproduction. Donc, cela nous permet d'offrir le plus grand fonds au monde et de nous ouvrir sur les grands campus américains, les écoles chinoises et, évidemment, toute l'Europe.

Quelles sont les tendances du moment en matière d'art ?
Nous avons une très grosse poussée de la Chine, par les artistes chinois qui, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ne sont pas simplement des artistes du marché chinois intérieur. Ils ont une véritable vision et ils ont pris le meilleur du pop art européen et américain. Les artistes chinois laminent littéralement le Top 100 et le Top 500 d’Artprice ! Ils ont éjecté tous les Français et ils arrivent même maintenant à la hauteur des grands artistes américains.

Enfin, un mot sur La Demeure du Chaos, qui continue de fasciner la France entière…
Eh oui ! Nous avons plus de 1 200 coupures de presse mondiale et c'est une aventure qui continue avec 3 600 œuvres. Selon la préfecture, nous en sommes depuis l'ouverture à plus de 220 000 visiteurs, dont 25% d'étrangers. C'est un musée gratuit à ciel ouvert qui révolutionne l'histoire du musée et change complètement le parcours artistique. Nous vivons une révolution sociologique extraordinaire : l'art est entré dans les mœurs et ce marché est présent tout autour de nous. Je pense que Christine Albanel viendra nous voir. Nous avons été les premiers à expliquer que la gratuité du musée ne venait pâlir son image en aucun cas - bien au contraire, cela amène une nouvelle clientèle - et qu'il fallait réfléchir à une nouvelle économie muséale.

Propos recueillis par Yannick Urrien.

1 réponse

  • 10 juillet 200817:47


    Bonjour Vous

    peut-tu préciser le lien de cet article stp ?

    merci et bonne route boursière à toi


Retour au sujet ARTNET.COM AG O.N.

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.