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Zone euro-L'inflation ralentit et complique la tâche de la BCE
Reuters01/10/2019 à 13:45

 (Actualisé avec précisions, commentaire et contexte)
    BRUXELLES, 1er octobre (Reuters) - L'inflation dans la zone
euro est revenue en septembre à son plus bas niveau depuis près
de trois ans en raison de la baisse des cours de l'énergie mais
l'inflation de base, qui exclut les catégories de produits les
plus volatiles, s'est accélérée, une divergence qui souligne les
difficultés auxquelles est confrontée la Banque centrale
européenne (BCE).
    Les prix à la consommation dans les 19 pays ayant adopté la
monnaie unique ont augmenté de 0,2% sur un mois et de 0,9% sur
un an - leur plus faible progression depuis novembre 2016 -
après +1,0% en août, montre la première estimation publiée mardi
par Eurostat. 
    Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en
moyenne un chiffre inchangé à 1,0%.
    Le ralentissement de septembre s'explique principalement par
la baisse de 1,8% sur un an des prix de l'énergie.
    L'inflation hors énergie et produits alimentaires non
transformés, que la Banque centrale européenne (BCE) appelle
inflation de base et qu'elle prend en compte dans ses décisions
de politique monétaire, a accéléré à 1,2% sur un an en septembre
après 1,1% en août. 
    Une mesure encore plus étroite, qui exclut l'alcool et le
tabac, ressort en hausse de 1,0% sur un an après 0,9% en août.
    "Elle devrait continuer d'augmenter légèrement au cours des
mois à venir. Mais la forte augmentation de l'inflation
sous-jacente qu'espère la BCE n'est pas encore en vue", note
Christoph Weil, économiste de Commerzbank.
    La BCE a décidé le 12 septembre de réduire son taux de dépôt
de 10 points de base, à -0,5%, et de reprendre ses achats
d'actifs sur les marchés afin d'injecter davantage de liquidités
dans l'économie, ce qui est censé favoriser la hausse des prix. 
    Mais cette reprise de l'assouplissement quantitatif (QE) a
été contestée par un tiers des membres du Conseil des
gouverneurs, parmi lesquels Sabine Lautenschläger, qui a annoncé
sa démission du directoire de l'institution la semaine dernière.
    L'économiste en chef de la BCE, Philip Lane, a déclaré de
son côté que les divergences de vue étaient la conséquence de
l'"ambiguïté" actuelle sur l'évolution de l'économie dans la
zone euro. 
    Les économistes de Morgan Stanley ne prévoient qu'un impact
limité des mesures prises en septembre, même après la reprise
des achats d'actifs en novembre ce qui devrait se traduire par
une faiblesse continue de l'inflation.
    "Nous nous attendons à ce que la banque centrale prenne le
temps d'évaluer l'impact du paquet de mesures d'assouplissement
du mois dernier avant d'adopter de nouvelles décisions",
ajoutent-ils dans une note.
    "Notre scénario de base inclut une nouvelle baisse de taux
de 10 points de base en mars mais le calendrier reste assez
incertain à ce stade", précisent-ils.
    Tableau  
    

 (Jan Strupczewski; Marc Angrand pour le service français)
 

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