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Zimbabwe-L'armée prend le pouvoir, Mugabe "sain et sauf"

Reuters15/11/2017 à 06:55
    * L'armée a dit avoir pris le pouvoir pour traquer des 
"criminels" 
    * Elle assure que le président Robert Mugabe et sa famille 
sont 
"sains et saufs" 
    * Le ministre des Finances détenu, selon une source 
gouvernementale 
    * L'accès aux principaux bâtiments gouvernementaux bloqué 
par des 
soldats et des véhicules blindés 
 
 (Actualisé avec prise de pouvoir par l'armée) 
    par MacDonald Dzirutwe 
    HARARE, 15 novembre (Reuters) - L'armée zimbabwéenne a dit 
mercredi avoir pris le pouvoir dans le pays dans le cadre d'une 
action ciblée visant des "criminels" entourant le président 
Robert Mugabe, assurant que le dirigeant de 93 ans ainsi que sa 
famille étaient "sains et saufs". 
    Des soldats zimbabwéens ainsi que des véhicules blindés ont 
bloqué les routes menant aux principaux bâtiments 
gouvernementaux, au parlement et aux tribunaux dans le centre de 
Harare, la capitale du pays, a dit mercredi un témoin Reuters. 
    De leur côté, des habitants de la capitale faisaient la 
queue devant les banques pour mettre la main sur de l'argent 
liquide. 
    "Nous visons uniquement des criminels de son entourage 
(celui de Robert Mugabe), qui commettent des crimes à l'origine 
de souffrances économiques et sociales dans le pays, dans le but 
de les traduire devant la justice", a déclare le major-général 
de l'armée zimbabwéenne SB Moyo, chef d'état-major logistique, 
lors d'une allocation prononcée sur la chaîne de télévision 
nationale. 
    "Dès que nous aurons accompli notre mission, nous nous 
attendons à ce que la situation revienne à la normalité." 
    Une source gouvernementale a dit que l'armée avait arrêté le 
ministre des Finances Ignatius Chombo, un membre de premier plan 
de la "Génération 40 (G40)", une frange plus jeune de membres du 
parti au pouvoir Zanu-PF, qui soutient la femme du président 
Grace Mugabe, qui entend succéder à son mari. 
    Avant le discours prononcé par l'armée à la télévision, des 
soldats s'étaient déployés dans les rues d'Harare puis s'étaient 
emparés du siège de la ZBC, le groupe de radio télévision public 
du pays, des éléments qui avaient alimenté les rumeurs d'un coup 
d'Etat dans le pays, dirigé par Robert Mugabe depuis son 
indépendance en 1980. 
    Le Zimbabwe est sous haute tension depuis lundi, jour où le 
chef d'état-major de l'armée, le général Constantino Chiwenga, a 
adressé lundi un avertissement sans précédent à la Zanu-PF, le 
parti de Robert Mugabe, pour dénoncer l'éviction la semaine 
dernière du vice-président Emmerson Mnangagwa. 
    Cet avertissement a conduit mardi la Zanu-PF à accuser 
Constantino Chiwenga de trahison. 
     
    AVERTISSEMENT DE LA GB ET DES USA À LEURS RESSORTISSANTS 
    Le gouvernement britannique a recommandé à ses 
ressortissants présents à Harare de rester chez eux jusqu'à ce 
que la situation politique se clarifie au Zimbabwe, l'ancienne 
Rhodésie situé dans le sud de l'Afrique. 
    L'ambassadeur des Etats-Unis au Zimbabwe avait auparavant 
ordonné à tous les employés de l'ambassade de rester chez eux ce 
mercredi en raison des "incertitudes politiques en cours". 
    Dans la nuit de mardi à mercredi, un journaliste de Reuters 
a vu des véhicules blindés de transport de troupes circuler dans 
les principales rues entourant la capitale. Des soldats 
agressifs ont ordonné à des voitures de continuer à circuler. 
    "Ne tentez rien d'insensé, poursuivez votre chemin", a crié 
l'un des ces soldats à Reuters sur le Harare Drive, l'un des 
axes de la ville. 
    Des soldats ont ensuite pris le contrôle du siège de la ZBC, 
principal porte-voix de Robert Mugabe, donnant l'ordre aux 
employés, dont plusieurs ont été rudoyés, de quitter les lieux, 
ont dit des membres du personnel du diffuseur et des militants 
des droits de l'homme. 
    Peu après, un témoin Reuters a fait état de plusieurs 
explosions entendues dans le centre d'Harare, sans être en 
mesure d'en dire les causes. 
    Robert Mugabe, qui se qualifie lui-même "Grand monsieur" de 
la politique africaine, est la cible de vives critiques alors 
que la situation économique du Zimbabwe se dégrade et que la 
corruption demeure répandue. 
     
    MESSAGE SANS PRÉCÉDENT DU CHEF DE L'ARMEE 
    Lors de sa déclaration faite lundi, Constantino Chiwenga a 
prévenu que l'armée n'hésiterait pas à intervenir pour "protéger 
notre révolution". 
    La Zanu-PF a estimé mardi soir que la déclaration du général 
Chiwenga visait à perturber la paix et la stabilité, l'accusant 
d'adopter un "comportement de traîtrise". 
    Le parti a assuré en outre qu'elle ne céderait jamais aux 
pressions de l'armée. Robert Mugabe a présidé mardi un conseil 
des ministres. 
    Longtemps considéré comme le dauphin du président Mugabe et 
favori pour lui succéder, Emmerson Mnangagwa a été démis de ses 
fonctions pour "déloyauté" le lundi 6 novembre.  
    La veille, l'épouse du président, Grace Mugabe, l'avait 
traité de comploteur, des propos qui ont ravivé les tensions au 
sein de la Zanu-PF.  
    "La purge actuelle (...) qui vise les membres du parti ayant 
 été engagés dans la guerre d'indépendance doit cesser sur le 
champ", a dit lundi le général Chiwenga. 
    Emmerson Mnangagwa, 75 ans, est considéré comme ayant des 
liens étroits avec les militaires. Ancien ministre de la 
Défense, il a aussi dirigé les services secrets du Zimbabwe. 
    Son éviction laisse la voie libre à Grace Mugabe, 52 ans, 
pour occuper un des deux sièges de vice-président et succéder à 
son mari, qui est âgé de 93 ans, que ce soit lors de l'élection 
présidentielle de 2018 ou à son décès. 
 
 (Avec la contribution d'Ed Cropley, James Macharia and Joe 
Brock à Johannesbourg, Jean Terzian et Benoît Van Overstraeten 
pour le service français) 
 

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