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Venezuela-Deux étudiants tués en marge de marches anti-Maduro
Reuters20/04/2017 à 01:32

    * Des centaines de milliers de personnes dans les rues 
    * Deux étudiants tués mercredi 
    * Un total de sept morts dans les manifestations d'avril 
    * L'opposition veut un calendrier électoral et le respect du 
Congrès 
 
    CARACAS, 20 avril (Reuters) - Deux étudiants ont été tués 
par balle mercredi lors des manifestations organisées au 
Venezuela par l'opposition contre le président Nicolas Maduro.  
    L'opposition avait promis mercredi "la mère de toutes les 
manifestations" contre le successeur de Hugo Chavez, accusé de 
tendances dictatoriales et d'incompétence, dans le cadre d'une 
campagne lancée il y a maintenant plus de deux semaines. 
    Des violences en marge de ces manifestations, qui mercredi 
ont rassemblé au total des centaines de milliers de personnes, 
ont désormais fait sept morts ce mois-ci.  
    Plus de 270 personnes ont été arrêtées mercredi, selon l'ONG 
Penal Forum. L'opposition a appelé dans la soirée à de nouvelles 
manifestations jeudi. 
    Un étudiant de 18 ans, Carlos Moreno, qui s'en allait jouer 
au football a été pris dans une fusillade mercredi à Caracas, la 
capitale, et tué d'une balle dans la tête, ont rapporté des 
témoins. 
    A San Cristobal, près de la frontière colombienne, une 
étudiante a été tuée par des hommes à moto à la fin de la 
manifestation. 
    "Nous étions à moto et ils nous suivaient, en tirant", a dit 
à Reuters l'ami de Paola Ramirez. "Je l'ai laissée dans une rue 
où elle allait retrouver sa soeur et je suis allé cacher la 
moto. J'ai entendu des tirs et quand je suis arrivé elle était à 
terre. J'ai essayé de la protéger", a-t-il ajouté, à ses côtés. 
    Le ministère public a annoncé que des enquêtes avaient été 
ouvertes sur les deux décès. 
    L'opposition a attribué les fusillades aux "colectivos", des 
partisans en armes du gouvernement fréquemment soupçonnés de 
confrontations lors des manifestations. 
    Les "colectivos", qui se définissent comme des collectifs 
communautaires, sont perçus par l'opposition comme des milices 
paramilitaires affiliées au Parti socialiste au pouvoir. 
    A Caracas, des manifestants brandissant des drapeaux 
vénézuéliens ont bloqué une grande artère, aux cris de "A bas la 
dictature" et "Maduro dehors". Dans d'autres quartiers, la 
police est intervenue avec des gaz lacrymogènes.  
    Des heurts similaires entre manifestants et forces de 
l'ordre ont été signalés dans trois grandes villes de province, 
San Cristobal, Puerto Ordaz (est) et Punto Fijo (nord). 
    Dans tout le pays, des marches ont eu lieu pour réclamer un 
calendrier électoral, l'arrêt des mesures répressives à 
l'encontre des manifestants et le respect du travail du Congrès, 
où l'opposition est majoritaire.  
     
     CRISE ÉCONOMIQUE 
    Le chef de l'Etat, qui accuse ses opposants de semer des 
troubles pour renverser le gouvernement et d'être à la solde du 
capitalisme, avait appelé ses partisans, vêtus de chemise rouge, 
à se réunir lors d'un rassemblement concurrent à Caracas. 
    Dénonçant les visées "interventionnistes d'une droite 
corrompue", il a affirmé qu'"aujourd'hui le peuple est avec 
Maduro", qualifiant ses opposants d'"antéchrists".    
    "Ce gouvernement est en phase terminale", a assuré pour sa 
part mardi soir à Reuters Henrique Capriles, l'un des chefs de 
file de l'opposition. "Cette campagne va s'intensifier et (...) 
contraindre Maduro, et son régime, à organiser des élections 
libres et démocratiques." 
    La commission électorale, qui est réputée proche du 
gouvernement, a reporté la tenue des élections des gouverneurs 
d'Etat qui devaient avoir lieu cette année. L'opposition estime 
que le Parti socialiste au pouvoir redoute une défaite.  
    Le mouvement de contestation antigouvernemental a été 
déclenché par la décision de la Cour suprême, fin mars, 
d'assumer les pouvoirs du Congrès, même si le tribunal est 
ensuite partiellement revenu sur cette mesure.  
    La décision d'interdire toute activité politique à Henrique 
Capriles pendant quinze ans en raison d'"irrégularités" dans la 
gestion de fonds publics a également nourri la colère d'une 
partie de la population, soumise depuis des années à une 
profonde crise économique qui se traduit souvent par l'absence 
de produits de première nécessité. 
    L'opposition avait appelé ses partisans à se retrouver 
mercredi sur une douzaine de points de rassemblement avant de 
converger vers les locaux du défenseur des droits, garant des 
droits de l'homme dans le pays.  
    Mais comme lors de précédentes tentatives similaires, les 
manifestants ont trouvé face à eux la garde nationale, qui a 
bloqué le défilé.  
 
 (Eyanir Chinea et Corina Pons, avec la rédaction de Caracas et 
les correspondants de Reuters dans le pays, Jean-Stéphane 
Brosse,  Gilles Trequesser et Julie Carriat pour le service 
français) 
 

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