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USA-Un taux de chômage trop bas n'effraie plus la Fed
Reuters22/05/2019 à 14:27

    par Howard Schneider
    MINNEAPOLIS, 22 mai (Reuters) - La Réserve fédérale
américaine, traditionnellement hésitante à laisser trop baisser
le chômage de crainte d'un dérapage de l'inflation, pourrait
abandonner ce biais dans le cadre de la réflexion en cours sur
sa politique monétaire.
    La Fed a déjà fait un pas dans cette direction en observant
depuis décembre une pause dans son cycle de relèvement des taux
d'intérêt en dépit d'un chômage à son plus bas niveau depuis
près de 50 ans. Celui-ci a poursuivi sa baisse en avril, tombant
à un plus bas depuis décembre 1969 de 3,6%.
    La revue stratégique engagée par le président Jerome Powell
devrait lui permettre d'aller plus loin.
    Des rencontres publiques à travers le pays et une prochaine
conférence de chercheurs à Chicago pourraient jeter les bases
d'une analyse nouvelle de l'interaction entre inflation et
chômage, modifiant le niveau approprié de politique monétaire.
    Les défenseurs des droits sociaux s'en féliciteront, qui
dénoncent depuis des années le niveau de chômage toujours élevé
dans certaines communautés ou régions malgré une phase
d'expansion record de l'économie américaine. Les hausses de taux
de la Fed pour prévenir une résurgence de l'inflation n'ont fait
qu'accentuer ces difficultés, disaient-ils.
    Au sein de la banque centrale elle-même se dégage un
consensus voulant qu'un taux de chômage bas ne dit pas tout de
la situation économique du pays.
    Les stratégies débattues "supposeront par définition une
politique monétaire plus accommodante même quand l'inflation est
au niveau ou au dessus de l'objectif. Cela nous laissera plus de
marge pour viser un emploi maximal et ramener le plus possible
de personnes vers le marché du travail", a déclaré Neel
Kashkari, le président de la Fed de Minneapolis, lors d'un
récent débat organisé par son institution sur le sujet.
    Le dilemme de la Fed vient du fait que la phase de
croissance ininterrompue depuis la crise financière n'a peu ou
pas profité à une large partie de la population.
    Les revenus des classes moyennes ont largement stagné malgré
la création de plus de 21 millions d'emplois au cours des dix
dernières années, remettant en cause les idées reçues sur la
répartition de la richesse entre travail et capital et sur la
relation de cause à effet entre emploi et inflation.
    Un taux de chômage inférieur à 4% devrait avoir eu un effet
sur les salaires et les prix bien plus important que ce qui a
été observé, et permettre aussi de revenir vers une proportion
de 60-62% pour la part des salaires dans le revenu national,
comme cela était le cas dans les décennies précédentes.
    Cette proportion, qui était encore plus élevée dans les
années 1950 et 1960, n'a cessé de diminuer depuis le début du
XXIe siècle sous l'effet conjugué des progrès technologiques, de
la mondialisation et des récessions.
    Elle est tombée à un plus bas de 56% dans les années qui ont
suivi la crise de 2007-2009 et n'est que faiblement remontée
depuis.
    Dans une économie tirée par la consommation des ménages,
cette évolution nourrit les inquiétudes de la Fed pour les
perspectives de croissance sur le long terme.
    
    COMBATTRE LES INÉGALITÉS
    Le nouveau cadre de politique monétaire ne sera probablement
pas connu avant l'an prochain mais les déclarations de
responsables actuels ou anciens de la banque centrale donnent à
penser que le changement sera de grande ampleur.
    La stratégie actuelle de la Fed place un chômage
inhabituellement bas au même niveau de risque qu'une inflation
excessive, la banque centrale devant alors chercher à "atténuer"
l'un comme l'autre. Cette formulation devrait évoluer pour
refléter l'idée qu'un chômage bas, toutes choses égales par
ailleurs, est préférable, a dit un ancien membre de la Fed. 
    Un autre concept qui pourrait être remis en cause est celui
du taux de chômage n'ayant pas d'effet accélérateur d'inflation,
autrement dit le NAIRU (non-accelerating inflation rate of
unemployment), une mesure flou du marché du travail qui a
longtemps agité les débats de la Fed sur le niveau des taux.
    Le vice-président de la Réserve fédérale Richard Clarida,
chargé par Powell de mener la revue stratégique, compte parmi
ceux qui jugent que la banque centrale s'y réfère trop.
    "Que signifie un mandat de plein emploi ? Parfois ces débats
deviennent très NAIRU-centrés", a-t-il dit lors d'une récente
conférence de la Fed de Minneapolis. "Le marché du travail est
un organisme très complexe et il est utile de l'analyser à
l'aune de multiples indicateurs."
    Avant d'intégrer la Fed l'an dernier, Clarida avait observé
dans des études que des marchés du travail tendus permettaient
aux travailleurs de regagner une partie de la portion perdue du
revenu national sans pression manifeste sur l'inflation. 
    Jon Faust, un économiste et universitaire qui conseille
Jerome Powell, a écrit qu'une hausse des salaires ne devait plus
être considérée comme obligatoirement inflationniste - et donc
inciter la Fed à relever les taux - mais comme s'inscrivant dans
le cadre d'un "rééquilibrage séculaire, et pour beaucoup
souhaitable" de l'économie qui, si on le laisse suivre son
cours, se ferait au bénéfice des salariés.
    Le public invité aux tables rondes organisées par les
antennes régionales de la Fed souscrit à ce point de vue.
    "J'aimerais revenir un peu sur cette idée que le marché du
travail est tendu. Je ne suis pas certaine que ce soit le cas
pour tout le monde", a dit Rachel Flum, directrice de l'Institut
de progrès économique du Rhode Island lors d'un débat à Boston,
en notant que les femmes noires de son Etat n'avaient vu leurs
revenus augmenter que très récemment. 
    "Plus le marché du travail sera tendu sur une période
longue, mieux cela permettra de combattre ces disparités",
a-t-elle dit.

 (Véronique Tison pour le service français, édité par Juliette
Rouillon)
 

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