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Un démantèlement de RBS rencontrerait d'importants obstacles

Reuters21/06/2013 à 11:58

UN ÉVENTUEL DÉMANTÈLEMENT DE RBS S?ANNONCE COMPLEXE ET COÛTEUX

par Matt Scuffham

LONDRES (Reuters) - La Grande-Bretagne irait au-devant d'importants obstacles si elle décidait de démanteler la banque nationalisée Royal Bank of Scotland (RBS) et une telle procédure ne donnerait peut-être pas le résultat escompté, à savoir une augmentation des prêts aux particuliers et aux entreprises.

Londres est pressé de toutes parts de séparer en plusieurs morceaux RBS, détenu à 82% par l'Etat depuis que ce dernier a volé au secours de la banque au plus fort de la crise financière.

L'idée d'un démantèlement, portée par l'ancien ministre des Finances Nigel Lawson et le gouverneur sortant de la Banque d'Angleterre Mervyn King, a fait son chemin au vu du temps que RBS met à retrouver une santé financière dans un contexte d'atonie du crédit dans le pays.

En outre, une telle solution permettrait d'accélérer le retour au privé d'un établissement dans lequel l'Etat a injecté 45,5 milliards de livres (53 milliards d'euros au cours actuel).

Cela étant dit, d'après des analystes et des investisseurs, une telle voie serait coûteuse, complexe, longue et pas forcément bénéfique, ni pour l'économie ni pour les contribuables.

"La décision d'envisager une scission entre activités saines et 'bad bank' va accroître les incertitudes pesant sur les futurs contours de la banque et ce surtout parce que George Osborne (le ministre des Finances actuel) attend de la banque qu'elle soutienne l'activité économique du pays", a déclaré Shailesh Raikundlia, analyste chez Espirito Santo.

Or, pour l'un des 10 plus gros actionnaires privés de RBS, un démantèlement risquerait d'avoir des conséquences néfastes.

"Il est possible que les contraintes en termes de capital liées à un éclatement produisent l'effet inverse à celui attendu, c'est à dire qu'elles se traduisent par une baisse des prêts à l'économie britannique", explique-t-il.

BAD BANK

Après y avoir été longtemps opposé, George Osborne ne semble plus hostile à la création d'une "bad bank", une structure de défaisance, où seraient cantonnés les prêts à risque de RBS.

"Nous mettrons sur pied une 'bad bank' si cela correspond à nos trois objectifs: le soutien à l'économie britannique, l'intérêt des contribuables et l'accélération du retour au privé", a-t-il dit mercredi.

Aussi bien l'Irlande que l'Espagne ont choisi de mettre sur pied des "bad banks" en vue d'assainir leur système bancaire.

La coalition au pouvoir en Grande-Bretagne est tentée de délester RBS d'actifs représentant entre 100 et 120 milliards de livres, a-t-on appris d'une source proche du dossier.

Ulster Bank, détenue par RBS, pourrait voir ses actifs non stratégiques et ceux qu'elle possède dans l'immobilier commercial transférés dans cette structure, dans laquelle seraient également versés certains actifs immobiliers britanniques de RBS, a poursuivi la source.

George Osborne lui-même s'était dans un premier temps prononcé contre une telle méthode en arguant de son coût et de sa complexité.

Les critiques soulignent que l'Etat devrait débourser des milliards de livres pour racheter les participations des actionnaires minoritaires avant d'engager le démantèlement.

Le Trésor doit remettre au gouvernement d'ici septembre un rapport sur les avantages et les inconvénients d'un tel éclatement.

Les hésitations de Londres sur RBS contrastent avec le cas de Lloyds Banking Group, une autre banque de premier plan sauvée de la faillite en 2008.

George Osborne a en effet déclaré que la Grande-Bretagne était prête à céder rapidement sa participation de 39% dans Lloyds.

Une sortie de l'Etat du capital de RBS et de Lloyds avant les élections prévues en mai 2015 pourrait profiter aux conservateurs en leur donnant un argument concret montrant qu'ils ont remis l'économie sur la bonne voie après la crise.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison et Marc Angrand

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