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Trump préfère couper les ponts avec les PDG qui le conseillaient
Reuters16/08/2017 à 23:13

 (Actualisé avec déclarations et clôture à Wall Street § 
4-8-16-17) 
    par David Shepardson 
    WASHINGTON, 16 août (Reuters) - Donald Trump a démantelé 
mercredi deux commissions consultatives formées de chefs 
d'entreprise prestigieuses qui étaient de plus en plus nombreux 
à avoir annoncé leur démission pour protester contre sa réaction 
aux violences du week-end dernier lors d'un rassemblement de 
l'extrême droite à Charlottesville, en Virginie. 
    "Plutôt que de faire pression sur les hommes d'affaires du 
Conseil des industriels et sur le Forum de stratégie et de 
politique, je les arrête tous les deux. Merci à tous", a tweeté 
le président. 
    Ces deux commissions censées le conseiller sur sa politique 
industrielle et économique enregistraient un nombre croissant de 
démissions qui rendaient leur avenir hypothétique, du moins dans 
leur composition actuelle. 
    Dans la journée, Stephen Schwarzman, PDG du fonds 
d'investissement Blackstone qui présidait le Forum de stratégie 
et de politique, a pris l'initiative d'une conférence 
téléphonique pour sonder ses pairs et constaté qu'une majorité 
écrasante de ses membres étaient partisans d'une 
autodissolution, ont rapporté deux sources à Reuters. Ce proche 
allié de Trump dans le monde des affaires l'a alors appelé pour 
l'informer, et le président a annoncé que c'était lui qui avait 
débranché ces deux commissions. 
    Dans une déclaration, le Forum explique que "l'intolérance, 
le racisme et la violence n'ont absolument aucune place dans 
notre pays". 
    Quelques minutes avant le tweet de Trump, une source avait 
confirmé à Reuters que des membres du Forum de stratégie et de 
politique avaient décidé d'autodissoudre cette instance. 
    CNBC, premier média à donner l'information, précisait que 
ces hommes d'affaires avaient décidé d'agir "en tant que groupe" 
pour "condamner" les propos de Trump sur les violents incidents 
de Charlottesville, et notamment son revirement de mardi soir. 
    La double dissolution a mis sous pression la Bourse de New 
York, qui a fini en légère hausse mais en retrait par rapport à 
ses pics du jour. "Cela fait encore un peu plus douter des 
capacités du président à mettre en oeuvre sa politique", a 
expliqué David Schiegoleit, directeur des investissements chez 
Bank Private Wealth Management.   
     
    "ATTISER LES DIVISIONS N'EST PAS LA RÉPONSE" 
    Le président américain, qui avait condamné dans une courte 
allocution lundi à la Maison blanche le racisme, le Ku Klux 
Klan, les néonazis et les suprémacistes blancs, a en effet de 
nouveau renvoyé dos à dos les extrémistes de droite et de gauche 
au cours d'une conférence de presse houleuse mardi soir à la 
Trump Tower de New York, reprenant ses déclarations déjà 
contestées du week-end où il avait condamné les violences 
provenant "de nombreuses parties".   
    "Ça a été une véritable tempête. On ne sait pas ce qui nous 
attend, on ne sait pas ce qu'il va dire ou faire", a expliqué un 
de ces membres à CNBC. 
    Le revirement de Trump a réactivé les démissions de chefs 
d'entreprise. 
    Le mouvement avait été initié dès lundi par le PDG du groupe 
pharmaceutique Merck, Kenneth Frazier. Dans sa déclaration, 
Frazier, qui appartient à la communauté africaine-américaine, 
soulignait que "la force de notre pays découle de sa diversité 
et des contributions d'hommes et de femmes de fois, de races, 
d'orientations sexuelles et de convictions politiques 
différents". 
    D'autres avaient pris la suite, parmi lesquels Brian 
Krzanich, du géant des semi-conducteurs Intel, ou encore Kevin 
Plank, de l'équipementier sportif Under Armour. 
    Donald Trump avait alors réagi avec ironie à ces démissions. 
"Pour chaque PDG qui se retire du Conseil des industriels, j'en 
ai plein d'autres disposés à prendre leur place", avait-il 
notamment écrit sur son compte Twitter.   
    Mais le mouvement s'est intensifié après sa conférence de 
presse de mardi soir, avec les démissions annoncées mercredi de 
Larry Fink, du fonds d'investissement Blackrock, d'Alex Gorsky, 
PDG du groupe pharmaceutique diversifié Johnson & Johnson, ou 
bien encore d'Inge Thulin, du groupe 3M, le fabricant du Scotch 
et des Post-it. 
    "Le racisme et le meurtre sont condamnables sans équivoque 
possible et ne sont moralement équivalents à aucun autre fait 
qui s'est produit à Charlottesville", a déclaré Denise Morrison, 
la PDG des soupes Campbell, qui était elle aussi démissionnaire. 
    Jamie Dimon, le président de la banque JP Morgan Chase, a 
également marqué sa forte opposition aux propos de Trump. "Le 
racisme, l'intolérance et la violence sont toujours une faute", 
a-t-il dit dans un communiqué. "Attiser les divisions n'est pas 
la réponse." 
    Richard Trumka, président de l'AFL-CIO, et Thea Lee, 
secrétaire générale adjointe de la confédération syndicale, 
avaient également quitté le Conseil des industriels dès mardi 
soir. "Je ne peux pas siéger dans un conseil pour un président 
qui tolère le sectarisme et le terrorisme intérieur", a dénoncé 
Trumka.     
 
 (avec Susan Heavey à Washington, Michael Erman à New York et 
Aparajita Saxena à Bangalore; Bertrand Boucey et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 

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