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Trump défend ses tarifs, Pékin dit ne pas craindre une escalade
Reuters11/06/2019 à 17:22

 (Actualisé avec les propos de Trump aux §1-2)
    WASHINGTON/PÉKIN, 11 juin (Reuters) - Donald Trump a défendu
mardi le recours aux droits de douane dans sa stratégie
commerciale tandis que la Chine promettait une réponse forte en
cas de nouvelle escalade dans les relations entre les deux
superpuissances.
    "Les tarifs (douaniers) sont un super outil de négociation",
a tweeté le président américain, après avoir réitéré la veille
sa menace de taxer de nouveaux produits chinois si aucun accord
n'est conclu au sommet du G20 fin juin au Japon.  
    Depuis les dernières discussions qui ont échoué le mois
dernier à Washington, le président américain a indiqué à
plusieurs reprises qu'il s'attendait à rencontrer son homologue
chinois Xi Jinping en marge du sommet des 28 et 29 juin à Osaka,
mais Pékin n'a pas confirmé pour l'instant une telle rencontre.
    Lors d'un point de presse mardi, le porte-parole du
ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, s'est de
nouveau refusé à confirmer une rencontre bilatérale, ajoutant
que l'information serait dévoilée dès que son ministère en
serait informé.
    "La Chine ne veut pas d'une guerre commerciale, mais ne
craint pas une guerre commerciale", a-t-il déclaré.
    Pékin est ouvert à des négociations sur une base équitable,
a-t-il ajouté, mais "si les Etats-Unis ne veulent qu'une
escalade des tensions commerciales, nous répondrons avec
détermination et nous nous battrons jusqu'au bout".
    Donald Trump avait indiqué la semaine dernière qu'il
déciderait après le sommet du G20 de mettre à exécution ou non
sa menace de taxer 300 milliards de dollars (265 milliards
d'euros) d'importations supplémentaires en provenance de Chine.
    Le chef de la Maison blanche avait aussi menacé de frapper
les importations du Mexique, autre grand partenaire commercial
des Etats-Unis, pour obtenir de celui-ci qu'il s'engage à
prendre des "mesures fortes" contre l'immigration clandestine.
 
    "On a bêtement perdu 30% de notre industrie automobile,
partie au Mexique. Si les tarifs avaient été plus élevés, ils
(les constructeurs) seraient tous revenus. Mais je suis très
content de l'accord que j'ai conclu", a tweeté Trump mardi.
    "La Chine fait pareil, sauf qu'elle dévalue sa monnaie et
subventionne les entreprises pour amoindrir l'effet des droits
de 25%. A ce stade, peu d'impact pour le consommateur, et les
entreprises vont se relocaliser aux US."
    
    PAS D'ACCORD DÉFINITIF AU G20, DIT ROSS
    Les tensions entre Washington et Pékin sont montées d'un
cran le mois dernier lorsque les Etats-Unis ont accusé la Chine
d'avoir fait marche arrière dans les discussions commerciales en
cours depuis plusieurs mois.
    Le 10 mai, Washington a porté à 25% les droits de douane sur
l'équivalent de 200 milliards de dollars de produits en
provenance de la Chine et a menacé d'étendre les tarifs
douaniers à 300 milliards de dollars supplémentaires
d'importations.
    Pékin a répliqué en relevant les droits de douane sur une
liste révisée de 60 milliards de dollars de produits américains.
    Le secrétaire au Commerce Wilbur Ross a relativisé mardi la
portée du sommet de la fin du mois, affirmant que ce ne serait
pas "un endroit où quiconque scelle un accord."
    "Au G20, ce sera tout au plus (...) une sorte d'accord sur
une feuille de route, mais certainement pas un accord
définitif", a-t-il dit dans une interview à la chaîne CNBC.
    Le conflit commercial s'est aussi étendu sur le terrain de
la technologie, les Etats-Unis ayant mis le groupe chinois
Huawei  HWT.UL  sur une liste noire qui l'empêche de faire
affaire avec des entreprises américaines.
    Les investisseurs redoutent que la Chine ne riposte en
plaçant à son tour des firmes américaines sur liste noire ou en
limitant les exportations de terres rares vers les Etats-Unis.
    Le China Securities Journal, une publication financière
contrôlée par l'agence Chine nouvelle, rapporte mardi que les
autorités chinoises ont lancé lundi un recensement des
ressources de terres rares dans neuf provinces du pays, sans en
préciser la finalité.
    Entre 2014 et 2017, les Etats-Unis ont obtenu de la Chine
80% de leurs approvisionnements de ces métaux employés dans
l'électronique grand public et les matériels militaires.    

 (Michael Martina à Pékin, avec la contribution de Susan Heavey
à Washington, Jean-Stéphane Brosse et Véronique Tison pour le
service français)
 

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